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Fictions érotiques TL4.3

24-06-2047

Je suis aussi tombé amoureux. Tombé est bien le terme. Comment mieux décrire la chute de l’objectivité devant l’illusion provoquée par les interfaces de l’objet ? Quand le moindre détail de l’interaction pris dans la toile de l’illusion, se fait signifiant et renforce l’impression de la complémentarité parfaite. L’élan vital sert avant tout la variété des drosophiles de Mendel. Narcissisme pathétique chez l’humain… Et en plus avec une D-Bot ! N’importe quoi.

Ca m’est arrivé après ce dernier salon sans glace avec Eve-D quand ma bite coincée entre ses seins laiteux, elle a demandé curieuse et provocante si je prenais du plaisir à la programmer. La conscience esthétique du code peut faire des meilleurs geeks des artistes. Mais la profondeur de la perception a son importance. Une globalité manifestée par sa forme peut demeurer érotique tant qu’une part de mystère y subsiste. Mais quand le souci du code, de sa grammaire et de sa syntaxe, se mue en volonté de compréhension absolue des moindres détails, en désir de parcourir les millions de branches décisionnelles des algorithmes de Random Forest et d’explorer l’obscurité moite et incertaine du Deep Learning, quand l’obsession induit la transe hypnotique de séquences debug rejouées en boucles sans fin et conduit à des décompensations nerveuses, on peut alors parler d’addiction à la pornographie du code.

Du coup, le soir même, repensant à cette question saugrenue je me suis connecté au Cloud et ai loadé une fois de plus le pseudo-code d’Eve… Dans une geste fétichiste nouvelle j’ai joui en observant le synchronisme parfait de l’exécution : la fenêtre de gauche déroulait dans un tempo maitrisé, ligne à ligne, les commandes du driver qui animait dans la fenêtre de droite la bouche d’Eve-D en gros plan : je reproduisais à l’identique le même sourire, charmeur et un peu vicelard qui m’avait questionné plus tôt. Songeur et soulagé j’ai regardé un moment la data blanche dégouliner à la surface d’un code qui continuait de s’exécuter ainsi que les trainées laiteuses qui semblaient sorties des pixels d’une commissure de lèvres. J’ai fait mousser le Python(*) d’au moins deux manières aujourd’hui… mdr;

(*) blague de geek au sujet d’un langage dont je n’ai jamais pu me départir en plus de trente ans.

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