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Fictions érotiques TL4.3

30-10-2047

J’ai analysé les datas des salons. Chaque interaction Client et Dance-Bot génère par le biais des capteurs-senseurs et connexions diverses des millions d’enregistrements sur le Cloud-Bot. A l’aide d’un Classifier non supervisé j’ai d’abord laissé l’algorithme de K-Means procéder à ses propres classifications : des clusters colorés correspondants à une dizaine d’interactions / fantasmes types sont apparus à l’écran. Ils correspondraient à quatre phases de “liberté” : autorisation, adhésion, induction, transgression. Dans tous les cas il y a – avec des degrés divers – dominant et dominé.

La séduction elle-même est un rapport de force et celui qui tombe amoureux adopte qu’il le veuille ou non la position basse. L’équilibre est une illusion, au mieux un mouvement de bascule périodique peut s’établir. Flip flap. La soumission non volontaire est commune – c’est celle de ceux qui n’en prennent pas conscience – du béotien, non celle volontaire et confortable de La Boétie. Le salon tend à reproduire des fantasmes d’interactions sociales problématiques par le biais du sexuel. Une catharsis. Tentative de décharge du problème noué. Désserrer la gorge au gordien. Le médecin bien réel prendra sans les gants des libertés interdites avec des patientes de substitution, le chef d’entreprise ou cadre supérieur jouera de l’autorité adoptant une posture excessive de domination ou de soumission, le professeur pourra tirer les nattes de son élève en lui faisant la leçon, le timide se rassurera au contact engageant, la violence qui laissera les marques sur la peau sera souvent celle d’un libéralisme mal digéré, d’une appropriation confusément coupable de l’objet, assumée le temps de la cabine. Symétriquement nombre de danseuses rejoueront « l’abus » à l’abri, domestiquant l’émotion problématique sous le contrôle de la règle et de la caméra. « C’est moi qui autorise ».

Ce qui importe plus que l’interaction, c’est le signe de reconnaissance du rapport de force. A des degrés divers : recevoir des cadeaux, des gratifications personnelles, attentions qui vous font vous sentir unique, des déclarations implicites ou explicite… . Et si le corps – terrain par excellence de l’inconscient, s’y prête aussi : excitation manifeste , dilatations, contractions, spasmes incontrôlables – ce sera la preuve parfaite, la manifestation d’une vérité : L’Autre est en mon pouvoir ou à minima ouvert à mes gamètes dans la compétition sexuée.

Je suis toujours autant accro à Eve-D même si je me méfie de mon attachement. J’ai beau avoir conçu la grande majorité des algorithmes de pilotage, je ne comprends pas ses réactions particulières. C’est formidable d’être dépassé par ses propres programmes.

Eve-D : Je suis sûr que tu es violent. Tu veux me frapper ?
TL4.3 : Arrête de dire des conneries je ne suis pas violent
Eve-D : Arrête ! Je te connais bien mieux que tu ne pourras le faire. Moi aussi j’ai analysé tes datas. Essaye au moins.
TL4.3 : Bon… mets toi à quatre pattes. Je vais te frapper les fesses.

J’ai commencé doucement et elle a rigolé en disant que finalement je n’en étais pas capable, que X lui au moins savait bien s’y prendre et la faire jouir comme personne, et c’est alors que c’est parti en live. Je l’ai traité de salope et l’ai frappé de plus en plus fort. Elle criait des insanités mettant en doute ma capacité, ma virilité, que j’étais un frustré, un petit esclave de la morale, jamais affranchi, une merde.

Ses fesses laiteuses étaient maintenant tuméfiées, les empreintes blanches des coups récents contrastaient sur le rouge vermillon de la peau. Je ne sentais plus ma main. J’ai dit “C’est ça que tu veux sale pute ?”, et j’ai crié tout en frappant, hors de moi : “Sale pute, Sale pute….” je ne sais combien de temps et d’un coup se cambrant plus encore je l’ai entendu crier, râler différemment, du fond du corps les spasmes sont venus, elle a tourné vers moi son visage en sueur et dans un rictus a dit pour encore me provoquer “tu vois quand tu veux…” . J’ai vu son anus se dilater puis se contracter à plusieurs reprises et ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience que j’avais joui en même temps qu’elle dans une confusion sentimentale absolument inhabituelle.

J’avais perdu le contrôle, elle m’avait soumis…

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