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Fictions érotiques TL4.3

01-01-2048

Il y eut des périodes avec, d’autres sans. Je veux parler de ces objets oblongs et pénétrants, des godes quoi ! Les anciens relatent avec émotion la geste de la créative et érudite Marla qui, pour appuyer ses conseils diététiques, joignait l’acte à la parole en ne consommant pas moins de cinq fruits et légumes par séances. Dont un énorme épi de maïs profanant bien profond son Sanctuaire (*)… On évoque avec respect le duo lesbien au cours duquel Miel munie d’un minuscule vibro (nommé par la suite APM – Arme de Plaisir Massif – par le poète de notre groupe) agaça tant le clitoris de la blonde Satie qu’il fallut prêter main forte aux jambes flageolantes de cette dernière afin qu’elle puisse remonter des Enfers. On se souvient encore avec effroi de « Popaul » l’énorme mandrin qui, équipant Maitresse Vénus s’engouffrait dans les profondeurs d’une Rachel dégoulinante ou qui, plus sournoisement, distendait de jeunes chairs venues faire un petit « bout d’essai », « juste pour voir ». Ces Alice émerveillées sous nos yeux ébaubis découvraient l’univers cosy et prévenant du SG en même temps que leurs phénoménales capacités d’absorption pelvienne. Et hop, jusqu’à la garde ! On sous-estime toujours ses propres ressources répètent les mantras du développement personnel !

La technologie évoluant, l’année 2018 vit l’apparition de nouveaux objets connectables. Anita, une petite brune aux cheveux longs bouclés et aux très gros seins, « chaude comme la braise » d’après Rock3.9, vint un jour sur scène équipée d’un « œuf » Lovense (**) dont l’antenne violette érectile dardait d’entre ses lèvres intimes. Une sorte de gros clito violacé fièrement dressé et prêt à l’emploi. Quand Anita avait passé la télécommande Bluetooth de l’engin au premier rang elle avait demandé que « ça circule » et que cette fois-ci « elle voulait vraiment prendre son pied ». Ç’avait été marrant, surtout excitant, de la voir faire un tour de chauffe classique, très rapproché comme il sied au SG, mais prise sporadiquement de violents spasmes de plaisir. Le courant passait bien si je puis dire, et les traces visqueuses laissées par son mont de vénus sur nos braguettes enflées constituèrent un satisfecit indiscutable… Anita fut la première d’une série de geekettes très créatives.

Cherchant des application pratiques à mes recherches, je participais en mai 2020 au Hackaton du SexTechLab de Londres et présentais un projet intitulé « Dirty Connection ». A l’aide d’un moteur de Machine Learning NLP (Natural Language Processing) entrainé par un corpus littéraire relevant des pratiques sexuelles du « Dirty Talking » mon algorithme associait des stimuli sémantiques aux stimuli kinesthésiques reçus par un oeuf Lovense ou par des sex wearable. Le projet suscita l’enthousiasme ainsi que des phases de tests amusantes auprès de jeunes conquêtes bienveillantes…

J’ai repris le travail ces jours-ci en considérant mieux ce qui excite vraiment les femmes : les dernières analyses des neurosciences montrent que la plupart mentent sur leur réelle appétence à la « cochonnerie verbale ». Elles se déclarent souvent « être des salopes » pour faire plaisir à leur(s) partenaire(s) ou à leurs clients pour les plus entrepreneures… Mais la réalité est autre. Touchante pour ainsi dire, les mots pouvant toucher plus profondément qu’un doigtage en bonne et due forme… Pour acquérir l’expérience langagière nécessaire à la constitution d’un training set de bonne tenue, et conforme aux attentes, mes algorithmes se sont nourris d’une multitude de contenus de magazines féminins narrant des millions de rencontres et amourettes mièvres. Progressivement le « Gentle talking » s’est substitué au « Dirty Talking » et des stimuli initiaux tels que « Je vais remplir ta chatte baveuse », « écarte les jambes et laisse-moi te bouffer » ou encore « je vais te faire crier de plaisir » ont été remplacés par de plus efficaces « tu me plais beaucoup », « j’adore être avec toi » ou carrément plus osé « je t’aime ».

Ce nouveau développement a été testé dans notre théâtre avec des succès divers. Certains membres n’ont malgré tous leurs efforts pu proférer de telles paroles, c’était bien au-dessus de leur force. D’autres se sont risqués à des timides « j’aime tes seins », « j’aime ton minou quand il est épilé », « tu me fais bander » déclenchant d’insignifiantes vibrations internes voire le mépris de nos Dance-Bots…Mais pour nous autres plus désinhibés, ça a été une véritable rigolade ! Marrant de voir Miel-D, Cerise-D et Camélia-D se tordre de plaisir sous les « tu es vraiment très belle », « ton spectacle est magnifique », « tu es la plus belle des fleurs »…Du coup, elles nous ont bien gâtés !!! Eve-D (jalouse ?) m’a dit qu’on pourrait inverser les rôles en salon privé, qu’elle me stimulerait la prostate en susurrant des « tu es le plus intelligent », « le plus intéressant… », « personne ne t’arrive à la cheville ». Je crois qu’elle se moquait, enfin j’en suis pas sûr… Fais chier cette putain de droïde !

(*) Hommage à Faulkner.

(**) https://www.avenue-privee.com/ […] vense.html

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