Catégories
Danseuse Chochotte théâtre Chochotte

Solal Bleu et sa princesse sybarite

02/09/2018

Aux filles de la nuit, de part et d’autre de la Seine, je m’endors dans le souvenir de vos parfums sucrés. Que devenez-vous quand la nuit enveloppe Paris ? Existez-vous seulement ? Métamorphose du regard. Créatures luminescentes. Je pense à vous.

Toi qui danses et qui vis, vêtue seulement de ton voile d’audace, je couvre tes épaules de mon imagination enamourée. Je te dévore, je t’engloutis, tu m’envahis.

Exquise putain, princesse sybarite, reçois mon amour et ce message en gage de mon adoration. Je t’achète avec tes mensonges et tes secrets, tu me donnes tes vices et je me repais de ta pureté.

Cerne-moi les yeux, ma précieuse.

09/09/2018

Mon œil se promène le long de tes graciles arabesques. Tu fais mine d’ignorer ta beauté rodinienne. J’aurais voulu te créer de mes mains, faire naître entre mes doigts la pointe de tes seins et caresser de ma peau le galbe de tes cuisses. Alors, peut-être, tu m’aurais appartenu.

Tes chairs sont à tout le monde, et tu offriras ton âme au plus puissant, la bouche ouverte, le sourire rouge. Je t’ai vue l’autre soir avec lui. Tu me dégoûtes et je t’aime.

16/09/2018

Petite opale virevoltante, je veux t’embrasser dans le cou. Ils veulent tes chairs étalées quand tu me serres le coeur d’une caresse. Ta blancheur dans la souillure m’irradie, me transporte. Des murs au plafond, j’imagine les traces de liqueur mal essuyées. Tu vis ici, ma belle-de-nuit, et tu sembles y être heureuse. Je pense à toi quand je me lève, je pense à toi quand je me couche.

23/09/2018

Beauté souveraine, je suis l’esclave jaloux du parfum que tu déposes sur ses genoux. Donne-lui la primeur de ta vulve naïve s’il le veut, je veux ton souffle dans le mien. Les dorures de ta chambre te vont si bien. A minuit trente, est-ce que tu meurs ?

La dernière fois, tu m’as serré contre toi. Etait-ce toi ou était-ce ton Autre ? Tu as fredonné un air à mon oreille et j’ai resserré mon étreinte. Je ne sais qui de vous deux me plaît le plus.

Lui n’aura jamais ma créature de lumière.

30/09/2018

Qui est retenu prisonnier de la cage dorée, petit oiseau ?

Tu te blottis dans la chaleur douceâtre de ton décor. Poupée melliflue, mille fois souillée, je te caresse du regard seulement car tu m’échappes. Ton étreinte naïve me ronge.

Je suis pris au piège de mon amour du Beau, mon inconnue.

07/10/2018

Es-tu la pire des menteuses ? La plus vile des marchandes d’amour ?
Cette vérité que je paie au prix fort a un goût amer. Et pourtant, le soir dernier épouse les formes de mon imagination. Mes rêveries t’ont modelée toute ma vie, ma Galatée.

Tu resserres chaque jour un peu plus les mailles de ton filet.

14/10/2018

Tu es la poupée mécanique au teint de porcelaine. Reine d’illusion, tu trônes dans la vallée de l’étrange. Grâce stipendiée de la marionnette, affection de boursicoteuse. Tu t’animes, m’enrobes de parfum, et t’évanouis dans les airs. Ton coeur cinétique calibre ses transports, calibre mes transports. Epouvantable machinerie d’amour. J’aime le rose de tes joues et l’ovale de tes yeux. La pointe terrible de tes seins me bouleverse. Ta peau de satin me hante.

Si je pense que je t’aime, je meurs.

22/10/2018

Ton sang bouillonne encore sous mes doigts glacés. Tu m’as offert à nouveau ton cou gracieux et tes arcs séraphins. D’un geste, je te fais courber l’échine. D’un mot, je t’écartèle. Je suis le grand ordonnateur de tes gémissements. Tu me fais cette générosité. Je donne bien moins que tu ne le feras jamais.

Petite opale, tu ne ressembles à personne.

29/10/2018

Elle est dangereuse, la lumière sombre qui laisse à mon esprit la liberté de dessiner tes contours. Tes brimborions de pacotille étoffent tes mensonges et moi, j’étouffe.Tes râles me hantent, bien qu’ils soient eux aussi simples accessoires d’un désir spectaculaire.

Quelles drôles de créatures que ces filles-là.

05/11/2018

La silhouette grotesque des amants de papier s’élève dans l’escalier. Ménage absurde de la sylphide et du gorille. Je rougis de mon désir qui souille ta peau fine. Mon amour, j’ai peur de t’abîmer. Il n’y a que dans l’enceinte de ton palais que personne ne s’émeut plus de cet hideux marivaudage.

Tu pourrais me haïr et je t’aimerais encore.

12/11/2018

Dans l’intimité de ton boudoir, tu étais ce soir-là comme familière. Notre compagnonnage me laisse croire que j’ai apprivoisé ta sauvagerie et je parviens désormais à saisir ce qui t’échappe : le battement de tes paupières poudrées, l’affolant glissement de ta culotte le long de tes jambes, le rose luisant de ta corolle. Je reconnais la façon qu’a ton sein de durcir contre ma paume et les manières que fait ta bouche quand elle s’entrouvre pour laisser échapper tes glapissements essoufflés. Que tu le veuilles ou non désormais, une part de toi m’appartient.

Ta langue est faite du même rose satiné. Elle s’approche de moi si près que je crois souvent que tu vas la plonger dans ma bouche, ou qu’elle va, enfin, enserrer ma rigidité. Ce que je vois et ce que je veux finit par se confondre dans le grand magma de mes désirs énamourés. Je ne crois plus au pouvoir de la suggestion. Tu t’exhibes dans un grand bain de lumière jaune, sans rien omettre. Je m’absorbe longuement dans le fascinant spectacle anatomique.

Sous ton parfum artificiel, je cherche l’odeur qui émane de ta peau fine et exhale des parfums de fleurs sucrées.

Il y a de la violence dans ta douceur.

19/11/2018

e m’embrase.

Tu es l’héroïne qui obsède mon sang. J’estompe devant toi la fureur de ma passion mais tu m’as vu trembler quand tu as pris mon bras et que tu as fait danser ta petite main sur ma peau fanée. Je maudis cette tendresse qui me cadenasse dans cet amour infâme. Dans cette cave obsédée par les miroirs, tu es le reflet de la perfection.

Je garde un peu de toi tandis que je m’évapore dans la nuit de Paris.

26/11/2018

Ils éjaculent sur ma créature de taffetas. Et pourtant, quand j’y pense, c’est bien toi la hideuse.

Ce jour-là, tu traverses le couloir qui te mène au boudoir de la luxure et nos regards se croisent. Ton visage s’illumine, tu me sautes au cou, comme une enfant. Comment fais-tu si bien semblant, petit démon ? Absurde patience des adorateurs. Malgré l’humiliation, j’attends mon heure, stoïque. Je t’imagine avec lui, est-il amoureux ? Tu es tour à tour Marguerite, Nana, Manon et Boule de Suif. Laquelle demande-t-on aujourd’hui ?

Je le sais, ils ne peuvent pas t’aimer aussi bien que moi. Tu es la toile blanche qu’ils éclaboussent de leurs désirs les plus sombres. Impavide catin à la bouche souillée par mille fictions. Quel rêve te reste-t-il quand tu te métamorphoses ? Pourquoi ton visage est-il encore si beau ? Le garde-fou de ton salon n’a jamais mieux porté son nom qu’ici. Je voudrais te protéger contre tous les misérables.

Soudain, je t’aime à nouveau et ce sont eux que je hais. Le serpent de la jalousie se tord dans mon ventre puis me dévore doucement, pour la première fois. Lui aussi, après tout, tu l’as salué. Avec sans doute la même chaleur. On rit peut-être du bon payeur mais le bon payeur t’aime avec dévotion, maudit amour.

02/12/2018

Dans le petit royaume de mes rêveries, elles se promènent. Elles ont jeté sur leurs épaules un déshabillé de soie pour observer, du haut de leur tourelle, les princes goguenards. Elles ont le regard rieur. La Cour s’agite en leur présence. Ma reine, je suis damné. J’observe les conventions de ton domaine et tremble sous l’assaut de tes caresses enfiévrées.

Les tentures pourpres de ton décor te parent de la cape régalienne et tu trônes, magnanime. D’un geste, tu m’envoies au supplice. Tout le monde consent à ce royaume d’opérette dont le décor s’empoussière. Tu tiens au creux de tes mains frêles les rênes du pouvoir suprême.

15/04/2019
Amour,

Ta silhouette ne quitte pas mes pensées. Pas un jour sans toi.

Ton Solal

21/04/2019
Amour, Amour, Amour,

J’ai tout l’hiver traîné mes guêtres sur les pavés froids de Paris, espérant t’oublier. Au royaume de mes illusions, des mois durant, tu as dansé sous mes yeux ; les premiers flots du printemps m’ont surpris à contempler de nouveau ton minois charmant. J’ai reflué vers toi, et suis venu me fracasser contre ton sein. Tes bras blancs étaient à peine moites.

Retrouvailles extatiques avec ta malicieuse pupille. Caché au creux de l’alcôve, je me repaissais de ton image. Je te dévorais toute entière, jusqu’au dernier carré de peau. Tu t’es penchée vers l’hideuse silhouette et tu l’as reconnue. « Enfin ! », as-tu coulé au creux de mon oreille.
Diablesse, je t’aime.

Je m’imbibe de ton odeur, de ton souffle, de ton regard et mon obsession dégorge sur le buvard d’une histoire que j’écris à l’encre noire.

29/04/2019
Amour,

Je me blesse sur les barreaux dorés de ta cellule. Tantôt lionne exhibée, tu rôdes dans ta cage, toi, l’attraction vedette d’un cirque de passage ; tantôt fragile oiseau poudré qui roucoule tendrement. Je rêve d’ouvrir la porte de ta prison chérie et de te voir retrouver le jour et sa Lumière.

Et lux in tenebris lucet.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s