Catégories
Danseuse Chochotte Témoignages Remarquables théâtre Chochotte

MarcD à propos du Chochotte (début 2019)

Fraîchement inscrit sur ce forum, mais lecteur assidu depuis déjà un certain temps, je profite de ce passage à la nouvelle année pour, d’une part, vous souhaiter à tous (et à toutes, dans le cas où l’une ou l’autre spectatrice ou danseuse nous lirait) une excellente année 2019 et, d’autre part, dresser un petit bilan de mes visites au Théâtre Chochotte, à l’exemple de _Mad_Dog_ et Levanto (un grand merci, au passage, à _Mad_Dog_ , pour sa galerie de portraits, qui m’évoquent de nombreux souvenirs sympathiques, et à tous les autres dont les témoignages nous font revivre nos propres escapades au TC).

En dressant ce bilan, je me rends compte que ma première visite date déjà de la fin de l’année 2014, moment où j’ai franchi pour la première fois la porte de ce théâtre en compagnie de ma dulcinée. A l’époque, nous avions moins accroché avec le TC, ce qui me semble avoir été dû non pas tant que ça au spectacle en lui-même, mais davantage à l’ambiance qui y régnait… un mauvais jour peut-être, ou encore un moment dans l’évolution du théâtre qui nous convenait moins. Bref, en sortant au bout d’une heure environ, ma compagne conclua que, si je voulais y retourner, je n’avais qu’à y aller seul.

Ce que je fis, mais seulement un an après, en raison non seulement de cette première impression mitigée, mais aussi du fait que nous n’habitons pas en France (toutes mes excuses d’ailleurs pour la torture que je suis en train d’infliger à la langue de Molière en rédigeant ceci). Traversant une période difficile à ce moment-là (suite aux décès de plusieurs proches, dont l’absence se faisait particulièrement sentir en cette période de fin d’année 2015), je me retrouvais dans les rues du Quartier Saint-Michel le jour du réveillon de Noël, déambulant sans but précis et, suivant une impulsion du moment, me réfugiai dans la cave du 34 rue Saint André des Arts. Me trouvant dès mon arrivée face à un duo merveilleux présenté par Nina et Luna qui me laissa bouche bée, puis à une succession de numéros du même calibre, j’en ressortis émerveillé, serein, heureux, et me rendis compte que je venais de passer plusieurs heures évadé dans un univers parallèle, fantastique, qui m’avait fait oublier mes chagrins le temps d’une après-midi.

Dorénavant, je suis retourné au Théâtre Chochotte aussi régulièrement que le permettent mes visites sporadiques à Paris, et je garde toujours un souvenir précieux des premières danseuses que j’ai pu y admirer, tout comme j’apprécie beaucoup plusieurs protagonistes de l’équipe actuelle. Voici donc mon palmarès, personnel et subjectif, des danseuses les plus mémorables, qui ne se limite pas à l’année écoulée stricto sensu:

Dans la catégorie « Meilleur souvenir »: Nina, danseuse chilienne d’un charme fou, aux numéros déjantés et délurés, avec qui j’ai eu le plaisir de vivre des salons incroyables et qui, hélas, semble avoir définitivement quitté le théâtre depuis plus d’un an déjà. Pour paraphraser l’une de ses chansons emblématiques: mi corazón, ¿porqué te fuiste?

[Petite parenthèse puisque je viens d’évoquer les salons: ceux-ci sont pour moi un moyen de prolonger et de pousser plus loin l’évasion vécue en salle et, dans le meilleur des cas, de vivre un moment – réel ou imaginé? – de complicité avec une danseuse que j’apprécie, et non pas de rentabiliser au mieux l’investissement, vite fait, en mode manuel… ce qui mérite l’épithète « incroyable' » pour moi ne sera donc pas forcément aussi fabuleux pour un autre].

Dans la catégorie « Danseuse de grand talent »: Luna, dont j’appréciais particulièrement un numéro inspiré de l’univers burlesque. Si je regrette beaucoup qu’elle ait elle aussi quitté le TC, j’espère que c’était pour s’envoler vers de nouveaux horizons artistiques (et il paraîtrait que c’est en effet le cas).

Dans la catégorie « Artiste d’exception »: Barbara, qui brillait par ses numéros créatifs, surprenants, rebelles, et souvent pleins d’humour. Cela ne me surprendrait guère si j’avais un jour à nouveau l’occasion d’apprécier l’une de ses créations (probablement à mon insu, car je doute fortement qu’elle signe ses œuvres de son nom de scène du Chochotte), lors d’une pièce de théâtre peut-être, ou encore d’un vernissage… qui sait.

Dans la catégorie « Danseuse la plus séduisante »: Cassandre ‒ quels beaux yeux, quelle présence sur scène, quel corps magnifique! A travers son regard, son sourire, ses gestes, elle réussit à créer des moments magiques et me fait oublier que tout cela relève, après tout, de l’univers de la représentation, du fantasme, du théâtre.

Dans la catégorie « Beauté et interaction »: Myrtille, qui pourrait me faire hésiter s’il faut vanter d’abord ses atouts physiques (dont il suffit d’évoquer, de manière synecdochique, ses superbes fesses) ou sa sensualité… toutefois, ayant eu la chance d’endosser le rôle de l’un des deux heureux figurants lors du numéro avec l’huile de coco (?) et de tomber littéralement sous son charme à cette occasion, je n’hésite pas à affirmer que c’est son côté sensuel qui l’emporte pour moi . A ne pas oublier aussi son expressivité et son talent d’actrice.

Dans la catégorie « Esprit entrepreneurial » (au sens le plus positif du terme): Cheli, belle, souriante, sexy, qui se situe plutôt dans un registre de striptease classique, mais à qui il est impossible de résister quand on a la chance d’être l’élu sur lequel elle jette son dévolu.

Dans la catégorie « Performance la plus impressionnante à la barre »: Cassandre, pour qui la loi universelle de la gravitation semble être une simple suggestion lorsqu’elle réalise ses figures comme en apesanteur, semble tomber, se rattrape, poursuit ses mouvements, puis descend au sol sur ses deux mains.

Dans la catégorie « Danseuse la plus créative »: Lou, pour son numéro sur la lettre de rupture amoureuse, celui sur les courses au supermarché, celui sur l’amour et les relations interpersonnelles, ou encore celui inspiré de la Genèse (même si je ne peux empêcher le pédant qui sommeille en moi d’ajouter que l’histoire de la première femme d’Adam est certes développée dans la Kabbale lurianique, mais évoquée déjà environ un millénaire avant, dans le Midrach (Berechit Rabba) et le Talmud (Erouvin)…).

Dans la catégorie « Meilleur salon que j’ai vécu »: Cassandre (cette catégorie ne se prête guère à une description plus détaillée).

Enfin, dans la catégorie « Mon moment le moins glorieux de l’année 2018 »: Rassurez-vous, je ne vais guère décerner ce prix à une danseuse, mais bien à un moment dont je suis moi-même responsable, vécu lors de ma dernière visite de l’année 2018 avant une longue période d’absence: ayant déjà promis un salon à une autre danseuse, je remonte l’escalier pour y trouver justement celle qui me fait le plus rêver, qui venait d’arriver pour la soirée, et avec qui j’aurais bien voulu partager un moment en tête-à-tête si j’avais su qu’elle allait être présente ce jour-là (notabene: se renseigner dorénavant en amont sur la programmation du théâtre). Hélas, il aurait été peu galant envers la première de changer d’avis au dernier moment, et le temps et le budget qui me restaient ne me permettaient guère de prolonger davantage ma visite, voire d’enchaîner deux salons. Bref, mon interaction avec la seconde se vit ainsi réduite à quelques mots rapides (coupés courts, de surcroît, par le caissier-ingénieur-du-son impatient), avant de partir pour un salon avec la première – salon qui, hormis ces préliminaires peu heureux, fut d’ailleurs une expérience très réussie. Néanmoins, j’ai hâte de retourner à Paris pour rattraper l’occasion manquée avec la seconde, tout en sachant que ce ne sera pas avant deux ou trois mois et en espérant qu’elle sera toujours là.

Voilà donc un petit synopsis de mes expériences chochottesques. Mes vœux pour 2019:

Avant tout, que le théâtre réussisse à maintenir son niveau actuel, reflétant selon moi une belle alliance entre érotisme et créativité.

S’il est permis de rêver, peut-être encore davantage d’audace artistique et de créativité (les numéros récents de Lou, de Lupa, de Myrtille ne sont pas loin d’atteindre le niveau de ceux qui sont restés pour moi l’apogée de l’évolution artistique du théâtre: Nina faisant un overdose, Charlie en tant que diseuse de bonne aventure, Bertoule comme prêtresse vaudou, Barbara dans le rôle de la motarde… et je serais curieux de voir ce renouveau créatif, qui me semble être assez récent, poussé encore un peu plus loin).

Dans la même veine: davantage d’expérimentation, avec la parole, le chant, peut-être avec du stand-up.

Davantage de numéros avec des références cinématographiques, politico-sociales, mystico-biblico-religieuses, à côté de ceux faisant allusion aux canons culturels français, parfois opaques pour les béotiens comme moi, provenant de contrées plus barbares (même si, à force de reviser mon histoire de l’art français au TC, je connais maintenant au moins Gustave Courbet).

Davantage de Cassandre.

Meilleurs voeux de bonne année, encore une fois, à tous et à toutes!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s