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Une visite au Crazy Horse

L’un de mes clients de Hong-Kong est venu me rendre visite récemment. Il faut savoir que discuter d’un futur contrat avec un CEO chinois n’est pas quelque chose qui se fait dans un bureau ni dans un cadre formel, mais est le résultat d’une succession de petites attentions construisant progressivement la confiance dans le cadre d’une relation personnelle. Il faut manger, boire, sortir, se confier, rire, se taper dans le dos, finir par devenir ami. La confiance importe beaucoup plus que la compétence dans cette culture. Bref, nous avons passé encore beaucoup de temps ensemble, à parler de tout mais jamais jamais de business ou de contrat – ça aurait été perçu comme une impolitesse – et après un bon restau nous avons clôturé la soirée plus imbibé d’alcool que de raison pour finir au Crazy Horse,

J’ai été surpris par la salle car elle était plus petite que je ne me l’étais imaginé. La scène (et la salle) sont tout en largeur, l’espace réservé aux spectateurs peu profond. Tout juste huit rangées de banquettes en forme de demi-lune, des espaces « privatifs » disposant d’une petite table pour poser un seau à champagne. Du coup, même du fond de la salle on se sent proche de la scène. L’ambiance est intimiste, cosy, baigne dans la chaleur rouge des velours et des spots aux tons chauds reflétés par de jolis jeux de miroirs.

Le champagne était correct mais sans plus, une sorte de « mousseux + » . Une meneuse de revue a gentiment fait chauffer l’ambiance de la salle avec un numéro burlesque, quelques blagues en anglais dites dans un accent français volontairement caricatural.

Puis le spectacle… Et là, je dois dire que j’ai été surpris. On peut dire ce qu’on veut sur le formatage mais les danseuses avaient des corps formidables. Elancées avec de superbes chutes de rein, de très belles fesses, des seins plutôt « modestes » éloignés du « fake » publicitaire que l’on peut voir parfois ailleurs. Il n’y a avait pas de fille maigre ou un peu « trop » replète , c’est sûr qu’on est loin de la diversité prônée par nos chères minorités… Ce qui m’a le plus épaté dans les spectacles, ce n’est pas la qualité des performances individuelles des danseuses mais plutôt le perfectionnisme des chorégraphies de groupe et surtout, les jeux de lumières éblouissants de beauté et de créativité qui « habillent » les corps parfaits des danseuses : des impressions de robes de grands couturiers, de flore et de faune, de vitraux, d’ambiances marines etc. Les corps mouvants des danseuses se font surface de projection, parfaits écrans, et il est moins question dans ce lieu de « l’identité » d’une danseuse particulièrer que d’une esthétique « crazy », de la conformité à une harmonie générale. J’ai ressenti un véritable plaisir, un étonnement même devant un tel spectacle. Je ne m’attendais pas à la possibilité d’un tel effet, à ces justes compositions de lumière, de corps et de danse. La machinerie de la scène mérite aussi quelques mots : plan incliné, plateau tournant, rails, miroirs, suspensions, barres etc. permettent de produire des effets étonnants.

Nous avons assisté aussi un numéro hilarant avec deux hommes sur scène qui ressemblaient à des cadres sups anglais et qui se sont dévêtus tout en jonglant avec des quilles. Ils se lançaient au passage leurs habits, puis se rhabillaient avec les habits reçus de leur partenaire… Une prouesse extraordinaire !

Donc un moment particulièrement agréable au Crazy mais qu’on ne peut absolument pas qualifier d’érotique, car le plaisir y est purement esthétique. Rien n’incite selon moi au désir ou à la suggestion, même si ces jeunes femmes sont extrêmement belles. On est proche d’un « pur » de danse.

C’est un autre type d’expérience, intéressant, très éloigné – et c’est sûr que là il y a de la « distance »  par rapport à ce qu’on peut voir dans nos petits théâtres favoris, le Chochotte en particulier beaucoup plus érotique et « proche » qui fait la part belle à la créativité individuelle et à la personnalité des danseuses ce qui en fait un lieu unique. Mais une visite « découverte » du Crazy est hautement recommandée, au moins pour la découverte et le ravissement esthétique !

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