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Solita (Théâtre Chochotte)

J’ai découvert Solita post-confinement en Juillet 2020, alors que j’en avais souvent entendu parler par les nombreux habitués du théâtre Chochotte. Quand j’ai vu pour la Belle pour la première fois j’ai regretté d’avoir tant tardé à lui rendre visite : Solita est une ravissante jeune femme aux cheveux mi-longs noirs et au corps absolument parfait. Elle a un petit air exotique et j’ai d’abord pensé « sud américaine », « peut-être argentine » mais on m’a vite réorienté vers le Maghreb qui, du coup, a été bien revalorisé à mes yeux. Cette jeune femme a des formes superbes et les plus jolis seins du théâtre en cet été 2020. Mais le physique ne suffit pas à faire une bonne Chochotteuse, et Solita cumule les avantages concurrentiels, car elle dispose aussi d’excellents numéros, complices et coquins avec le public. En « étudiante » studieuse, le carnet de note à la main elle va tenter de séduire les professeurs qu’elle reconnait parmi les spectateurs, leur glisser des billets doux… Son charme et ses façons sont redoutables et on se dit dans un moment de lucidité qu’on a affaire à une véritable « pro », bien dangereuse. Ah cette vision de Solita, agenouillée devant un client attaché debout à la barre et simulant bouche ouverte l’extase qui pourrait l’emplir ! Quelle maîtrise et quel savoir-faire, on n’en attendait pas moins en ce lieu ! Bravo Solita !

Je suis très heureux par ailleurs que OeildeBoeuf ait écrit le magnifique texte ci-dessous qui fait honneur à Solita et à ce Blog (merci !)

*** Texte de Oeil de Boeuf ***

« Incessu patuit dea

Tous les dieux ont divers noms – plusieurs, plus de mille. Elle n’en a qu’un à ma connaissance, et l’emporte pourtant sur tous de beaucoup. En vérité, Solita n’est pas un nom, c’est le bruit de mon corps qu’elle fait vibrer en descendant les marches, comme une cloche, le son par lequel je l’invoque dans une expiration muette (car Solita et moi c’est une affaire de souffle)

d’ailleurs je suis un orgue un tas de cuivre aux allures gigantesques enraciné dans mon siège à l’ombre de l’escalier et j’attends qu’elle arrive me libérer j’attends les pieds posés à plat je fixe la barre et je suis gros de mille mondes

une fois là elle m’aspire moi je crois qu’elle m’aspire en fait elle crève enfin mes sens gonflés et quand je suis vide elle s’insinue dans mon creux par mes narines ma bouche et mes pores elle me remplit d’un courant suave

(les stoïciens disent que la matière est traversée par un souffle divin, le pneuma, qui l’anime et lui donne une unité)

et pendant qu’on se mélange en une respiration pendant tout ce temps très bref je reste immobile et masqué pour étouffer le clapotis de mes organes c’est une affaire de rythme chaque battement compte expirer inspirer alors bien sûr il y a sa peau ses seins ses jambes ses fesses bien sûr qu’il y a tout ça et bien sûr qu’il y a son visage sa silhouette ses mains et ses bras et tout ça jusqu’aux cellules et même en dessous ça danse à chaque échelle de son corps si beau et

sa fée langue y remet, molle, éculée, et me donnant vie de bois recette peau si ombre y hante

mais c’est quand elle s’approche de moi les lèvres entrouvertes comme pour m’embrasser (je sais qu’elle le fera pas (et si cette fois elle le faisait?)) que je me sens tronc, voilà l’effet de son souffle sur mon cou et le reste : j’ai déjà vu ces arbres frappés par la foudre leur silhouette est intacte mais ils ont un énorme trou à la place du ventre, une béance aux bords rougeoyants qui crépitent et là on peut voir leur sève en fusion sous l’écorce qui renonce à cacher

elle est sans doute fille du prophète Protée le dieu métamorphe comme lui elle prend toutes les formes et toutes disent une chose mystérieuse et luisante toutes m’attirent et me gonflent dans ce même mouvement inspiration expiration mouvement Lent De Tambour (on pourrait dire pour faire scientifique : mouvement LDT à l’infini)

(lorsque les Anciens étaient victimes d’une calamité, un innocent était vêtu d’une tenue sacrée et mis à mort afin de purger la cité du mal qui la touchait, et on parlait de pharmakos, le purificateur, qui a donné pharmakon qui veut dire à la fois le remède et le poison)

voilà à quoi je rêve en l’attendant, j’ai des visions de rites païens, ou d’enlèvement, je pense au bœuf Zeus qui a enlevé Europa, et je me dis que mon dos est bien assez musclé pour la faire tenir dessus elle qui, profonde, est si légère, puis je sors et je me retrouve dans la nuit à faire tourner ces rêves sur une pointe de mon cerveau comme un enfant qui joue seul sur un tourniquet

en couvant cet amour bouillant
A!67T19 !

A sa démarche on reconnaît la déesse »

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