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La Citadelle Blanche – Par Cream120

Je suis ravi que Cream120 ait écrit le superbe texte ci-dessous, pour une magnifique danseuse du Chochotte – La Citadelle Blanche – que j’imagine danser, magnifique sous le soleil de sa chevelure blonde, le bleu ciel de ses yeux enfiévrés…

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Un des grands plaisirs de la vie sensible et d’observer l’éclosion puis l’affirmation d’une grande artiste. Je n’étais pas là pour son éclosion mais je me base sur des écrits plausibles qui relatent des débuts somme toute classiques. Les grands artistes, au début de leurs carrières sont comme des enfants dans le bac à sable de leurs premiers jeux. Maladroits peut-être, immatures toujours mais, il faut savoir regarder la dure réalité en face, pour tous les Salieri de la terre : les principaux traits de leurs talents futurs sont déjà tous là. Quand aux plus fulgurants, ils sont d’autant plus visibles qu’ils contrastent avec leur totale absence parmi leurs petits partenaires de jeux du moment.

J’ai par contre tout à fait assisté, passant par tout le spectre des émotions humaines, à l’affirmation de la Citadelle Blanche. Je suis l’homme d’une seule femme, je suis donc à présent détaché de ses charmes que je laisse à d’autres le soin de détailler. Ils l’ont déjà fait d’ailleurs avec talent : capacité à venir contre vous, faculté à vous glisser les bons mots incendiaires pour votre libido à l’oreille, sensualité dévoilée crescendo suivant un plan de bataille bien précis, ciblage des proies faciles et entretien des courtisans fidèles et réassurants. Sens parfait du timing. Mi aigle, mi cobra. Comme on peut être aveuglé par le désir d’être aimé, valorisé ou tout simplement par le charme féminin. Je pardonne ces faiblesses, des deux côtés, et revient à ce qui m’intéresse le plus au fond.

Les bons artistes copient. Les grands artistes, les génies, volent, pillent (cité librement de Picasso). Vous avez trouvé le sens de votre vie, vous pouvez dire que vous être un professionnel lorsque, et seulement lorsque (même ivre), même au fond de la maladie, avec quarante de fièvre (test COVID négatif et huitaine respectée bien entendu messieurs), vous montez sur scène, vous faites votre job et on vous paye pour ça (cité librement de John Wayne).

Obtenir la première place, seule, sans discussion ni opposition, écrase les perdants sous la pression mais galvanise et révèle les gagnants, les talents inarrêtables. Ceux qui sont au-dessus des autres. Par leurs dons, leur volonté et leur travail.

Ce soir, la Citadelle Blanche a démontré toutes ces qualités, en un seul numéro. Et l’a bien sûr reproduit lors des numéros suivants. Même s’ils ont été exposés dans leurs versions courtes et en petit nombre à cause de tous ces salons inévitables qui tenait l’Artiste loin de la scène principale.

Pendant sa convalescence, elle a encore étudié, elle a encore bossé et elle a encore rendu plus cohérent son monde bien à elle qui me plaît tout autant que sa personnalité, et sa personne. Celui qui rend supportable et transcende les soirs de mauvais éclairages ou les mauvais clients.

Comme tous les grands artistes elle connaît l’importance du premier numéro et du dernier. Du premier regard et du dernier. Du premier geste et du dernier. Elle sait où elle va, comment et peste quand elle n’obtient pas, artistiquement, ce qu’elle désire.

D’un collant, d’effets stroboscopiques, des fondus au noir qui séparent et articulent certains de ses tableaux… elle a modifié, détourné, assimilé et magnifié à son image, sans compromis, ses chairs comme toujours symboliquement gainées dans son exigence, tous ces nouveaux détails qui n’en sont plus. Ses nouveaux coups de pinceaux pour faire grandir son Œuvre.

La synthèse est simple. De mouvements parfaitement mêlés à ses musiques, lorsque l’érotissime collant sur ses hanches, ses jambes, ses chevilles et ses pieds devient par surprise féminissime bodysuit sur son corps presque entier, qu’elle le déchire et l’ouvre afin d’offrir aux spectateurs fascinés une à une toutes ses zones érogènes… le public est progressivement pris à la gorge par sa volcanique sensualité. Tous virtuellement à genoux devant la Déesse du désir… et de la chasse, une nouvelle fois revisitée avec succès, tous littéralement à sa merci. C’est justement le moment qu’elle choisit pour commander à ses mains de damnatrice sexuelle d’ajuster la matière juste ce qu’il faut pour souligner ses courbes si délicieusement insupportables à regarder. Comme ses tules et ses voiles blancs, comme ses cuirs noirs, ses lycras entrent à présent dans nos imaginaires et nos rêves les plus troublants.

Je tenais, l’espace d’un instant, libre de son emprise et respectueux de son Art, une fois de plus, ce soir, poussé encore plus haut, par la seul force de sa volonté, de son travail et de ses dons, lui confier ceci.

Sachez, très chère amie, comme je vous l’écris, parfois avec causticité, combien vous méritez ma sincère admiration. Guérissez vite, sans séquelle et ne nous quittez que le plus tard possible. Vous nous hanterez longtemps.

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