Catégories
Non classé

Dona

En sortant du Sweet Paradise je reçois le message d’un « ami » rencontré durant l’après-midi : « Dona est juste fabuleuse ». Tous deux habitués de longue date des théâtres érotique nous sommes sous le charme, bluffés par la performance de Dona.

Et nous sommes, si j’en crois les messages sur Discord, à être de plus en plus nombreux admiratifs de cette jeune femme brune aux cheveux mi-longs, son allure de « Girl next door » à la moue sympathique, mais qui par sa créativité et ses performances se démarque du commun.

Quelqu’un (Isamu) a relevé la ressemblance de visage entre Dona et Rachel  la « répliquante » de Blade Runner. Petite ressemblance certes, mais Dona est si originale, unique, qu’une réplique parait impossible. Rien qu’a l’originalité de ses musiques on imagine, comme Vernon Subutex, qu’elle est née dans un magasin de disques ! (Cf Cream120)

Le premier numéro d’elle m’ayant scotché (NB: activer les musiques !) , je le nomme : « Tchernobyl » ou le « désastre nucléaire » :  Une explosion se produit ( Ultime Atome ) et Dona est irradiée, se traine par terre, suffoque, rampe, survit.  Irrémédiablement contaminée, elle subit des mutations, se transforme (Hypsoline) en femelle hypersexuelle. Nue, sa peau est constellée de fluorescences vertes, elle scintille sous la lumière d’un néon ultraviolet. Dona se meut à quatre pattes sur (Radioactivity), plonge ses doigts luminescents dans son sexe, impudique se donne du plaisir. Ses vocalises, sa voix rauque de jeune animale en rut entraine l’assistance dans un plaisir sexuel contagieux.

D’autres spectacles (que je laisse au lecteur le soin de découvrir) sont tout aussi étonnants. Dona s’engage totalement corps-esprit dans ses performances. Elle se donne à fond en solo et en duo. En solo : Dona Summer dansante, robe à facettes argentées, Dona chrysalide nue sous un voile… Dona ne laisse rien au hasard. Même quand le hasard est en jeu, qu’elle retire un long, très long ruban noir des tréfonds de son sexe, au bout duquel se trouve un dé. Dé qu’elle fera rouler et dont la face décidera du destin de ce drôle de numéro. La liberté sous contrainte chère à la figure de « L’homme-dé » de Luke Rhinehart. La liberté de création de Dona.

Mais ce n’est pas dans la littérature que Dona « va chercher tout ça » et l’on suppute qu’au regard de sa jeunesse, de sa génération hyperconnectée – Millenials –  son appétence pour les séries est grande, le binge watching sa source d’inspiration principale. (Dona me confiera d’ailleurs que son pseudo doit en partie au personnage de Donna Hayward de Twin Peaks).

Quand on assiste plusieurs fois aux performances de Dona on croit avoir tout vu, que c’est déjà énorme, que l’effet de surprise lors des retrouvailles sera moindre. Mais non ! Surprise again ! Dona est non seulement créative mais bosseuse ! Elle concocte sans relâche de nouveaux numéros, originaux, attache une grande importance au scénario, à la musique, aux costumes, maquillages, détails, choses discrètes à peine visibles, qui montrent à quel point elle a le souci de la « mise en scène » et du Jeu.

Le numéro du cirque (récent) en est la parfaite illustration.  

Dona entre sur la musique d’Angelo Badamenti « I’m Hurt Bad »  vêtue en « Madame Loyal », costume noir devant, nue derrière. On songe que Dona va jouer à pile ou fesse. Non. Elle repasse derrière le rideau, réapparait grosse marionnette en main – Dodo l’Autruche – sur Voyage-Voyage. Elle joue à la ventriloque, donne la réplique à l’espiègle et picorante Dodo, improvise selon la réaction du public, sa langue toujours bien pendue.  Rideau. Sur Beggarman de Dollkraut, la magicienne Dona Copperfield déboule à nouveau; fait apparaitre et disparaitre de ses mains de petites boules lumineuses, « les lucioles dans la nuit » . Elle les lance, les rattrape avec adresse. Comme une pro. Disparition d’une luciole. Réapparition derrière l’oreille d’un spectateur. Disparition. Réapparition dans le sexe de Dona qui salace, s’amuse. Et pour terminer ce numéro, une variation étonnante, tendre sur Sycamore Trees. Car Dona sait d’instinct que le contraste donne du relief à sa performance, évite l’ennui. Masquée, une panthère noire déambule dans la salle. On assiste à un moment de poésie quand Dona féline se lève, ondule avec douceur. Que se trouve devant nous Bastet, la déesse égyptienne de la musique et de la joie.    

Mais il me faut autant veiller au contraste de mon texte que Dona ses numéros pour terminer par des lignes susceptibles de maintenir mon lectorat éveillé ! Attention, accrochez vous…  

Dona en duo avec Madame Jun… Je pourrais choisir n’importe quel duo pour raconter la suite, le carnage qui s’ensuit, qui corrompt les petits anges du paradis, les prisonnières partageant une même cellule etc.  Le duo commence gentillement avant que ma mâchoire ne se décroche 😉 . Je dois au passage confesser que j’adore le corps de Dona, ses proportions, ses seins fermes, son sexe – le rosé de ses jeunes lèvres charnues merveilleusement ourlées sur le fond noir de son buisson ardent – , ses lèvres si bien dessinées tant que Madame Jun n’a pas soumis sa jeune élève à quelque mauvais traitement ; qui transformera la jeune artiste en femelle haletante, gémissante sous la langue et les doigts de Madame Jun, lâchant son plaisir, les vocalises de sa voix grave, clito turgescent prêt à exploser, sexe défait, réacteur nucléaire éventré – clin d’œil à Tchernobyl son premier numéro pour boucler le mien ahaha.  (J’espère que Dona ne sera pas choquée par mes potaches taquineries ! ).    

Et quand l’heure du bilan vient, je me demande ce qui me plait le plus en Dona. Son corps, son talent, sa créativité, la variété, le hard, des détails incongrus, son goût du travail ? Comme quand je la vois débouler sur scène pour disposer les accessoires de son futur numéro. Dona vêtue en salopette tirant un câble comme une manut’ sur un chantier, disposant un néon là, lançant quelques mots de sa voix grave un brin populaire.  Les mots qui me viennent : un « ovni », une « alien », « une pépite ». Divine surprise en tout cas ! Et on se dit que le Sweet Paradise a vraiment eu du bol de la recruter,  on remercie à genoux sa « complice » (qui se reconnaitra), celle qui a eu le nez,  l’a convaincu de « monter à Paris » avec elle sur la scène du 12 rue Marie Stuart  !

Bravo Dona et encore merci ❤ !

Une réponse sur « Dona »

[…] Dona, je ne vais pas en rajouter, il y a déjà eu double ration : elle est extraordinaire. J’aime beaucoup le numéro, récent, celui où un homme au téléphone lui donne des ordres, lui demande de se donner à l’assistance, « sauf sa petite minette ». La dernière scène du numéro où Dona se « shibarise », se ligote avec un fil téléphonique en dansant, est géniale. Et on se dit que Dona de toute façon peut composer un spectacle avec n’importe quel accessoire. […]

J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s