Catégories
Théâtre Sweet Paradise

Saem (Sweet Paradise)

Saem est une petite jeune femme blonde toute fine. Ce jour elle portait des chaussures à talons si hauts que depuis ma banquette basse j’avais l’impression de la voir évoluer sur des échasses. Elle se débrouillait bien en équilibre dans le marais des spectateurs. Avec son visage fin, ses yeux infiniment bleus, mèches blondes sur le côté, sa légèreté aérienne, la façon de choisir ses mots, elle fait penser à une intellectuelle.

Présentatrice télé devant redresser l’audimat, la prod lui a demandé de fusionner en une deux émissions : l’une littéraire, l’autre érotique.  Vêtue sexy d’une robe bleue moulante très transparente Saem hésite sur le choix de la « lecture » qu’elle va faire au public : du Freud ou des passages de « L’essai sur les femmes » de Schopenhauer. Elle choisit ce dernier, commence la lecture et, pour répondre au cahier des charges de l’érotisme, ajoute un peu de piquant en plaçant entre ses jambes un petit objet vibratoire. Rapidement les vibrations stimulantes modulent ses paroles, font dérailler de plaisir le timbre de ses aigus. Les mots terriblement misogynes de Schopenhauer en deviendraient savoureux, excitants. Et Saem démontre ainsi que le paraverbal l’emporte sur le reste en matière de communication… Elle ne tient plus en place, demande à un spectateur de venir sur le canapé à ses côtés pour continuer la lecture. Je m’y colle, ma cuisse contre la sienne nue et vibratile. Contagion. Je tente de me concentrer sur la lecture – j’ai toujours été un bon élève.  Mais comment demeurer focus contre cette jolie jeune femme nue, espiègle et cérébrale de surcroit. Devant sa force fragile, sa nuque fine que j’aimerais saisir comme un jeune animal. Car Saem aime les rapports de force. Les provoque. Et pas seulement physiques – de ceux qui laissent des traces bleues sur son corps diaphane. Mais aussi plus subtils, les mots qui marquent son esprit. Saem aime jouer avec les limites. Nous sommes servis.

Je confesse que sa présence en ces lieux, ses numéros très bien interprétés ont suscité ma perplexité, mon intérêt. Des surprises. Merci.

La chanson de Sébastien Tellier – L’amour et la violence lui va bien 🙂

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s