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Ivresses amoureuses

L’alcoolique éperdu

Sait que le nouveau verre tendu

L’emportera 


Mais un singe en hiver (*) 

Voudra retrouver ses moments perdus 

Les seins nourriciers de sa mère 

Et tous ceux féconds, quand bien même porteurs d’espoirs sans issue 


Parce que l’indifférence à la différence 

Induite par le Jeu théâtral

L’étincelle soudaine, d’une rare connivence 

Ou simplement le désir bestial



Égarent
Et gare à

Ces seins, tétons dressés
Que tu veux me faire goûter 

Ta langue avide et ce filet de plaisir avec lequel tu joues entre tes doigts

Me disant entière, aussi que toi…

Ne survivent que le temps de l’illusion
Que passées les attentions, les concessions, les déceptions,
Les milliards de gamètes projetées

En dérisoires voies lactées 


Non sens et attentes irréconciliables
Tous ces détails du diable
Dissiperont le mirage
Avant l’inéluctable naufrage

Et que survienne l’immense peine
Le cruel ressac du trop plein d’amour   
Où le rescapé transi de nostalgie
S’inflige quarantaine

Solitaire,
Nécessaire,

Pour mieux s’abandonner au prochain verre.



(*) On relira avec profit le merveilleux roman d’Antoine Blondin.

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