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Le plus beau Strip de ma Vie

(Beaucoup) Plus jeune j’étais coutumier de missions à l’étranger, pour des durées variant entre deux semaines et un mois. Cette fois ci c’était Riyad en Arabie Saoudite. Hotel Sheraton 5* etc. ça commençait pas trop mal, jolie chambre il était tard, je mange les cacahuètes du frigo et passe une bonne première nuit. Le lendemain, je descends en appétit pour prendre mon petit dej – Muesli miam miam. Mais surpris car le hall de l’hôtel est désert – je pensais qu’il était 7h30 -, pas âme qui vive ! Je me dis « merde j’ai dû me tromper d’heure avec le décalage horaire », je remonte fissa dans ma chambre et là oh surprise, dans l’intervalle, des scellées ont été posées sur mon petit frigo de chambre avec un joli mot « Dear Guest… » qui m’informe du début du ramadan.

Je passe les 15 jours suivants à bosser comme un chien parmi les rois des glandeurs sans même pouvoir faire la star (fantasme ridicule qui m’est resté de mon adhésion naïve à la méritocratie – mais là bas y a que le fric qui compte, la compétence ne vaut pas grand chose, il suffit de se la payer…reste mon mépris low-cost comme bulle psychologique immunitaire). Je traine donc dans cette ambiance de ramadan saoudienne où on me fait comprendre qu’étranger ou non je suis logé à la même enseigne que tout le monde et que si on me surprend à grignoter les sambusak que j’ai planqués dans le cache de mon ordi ce sera le fouet en place publique. Car la Muttawa – police religieuse – ne plaisante pas. Enfin, me faire fouetter par des types velus ça m’enchante pas trop… Pour un lascar tel que moi, ne pas bouffer c’est pas le pire. Par contre ne pas voir une femme durant deux semaines pleines c’est carrément l’enfer. Pas une seule au boulot ! Dehors que des formes informes, lointaines et anonymes. Pas un visage féminin, que dalle, nib, que t’chi !… On m’a même confisqué à la douane une revue informatique dans laquelle apparaissaient de jolies bimbos peu vêtues et dont les formes et pauses disposées semblaient aussi prometteuses que les performances potentielles des processeurs et capacités de stockage qu’elles promouvaient.

Donc après deux semaines merdiques où mes pauses se sont limitées à des déambulations déprimées dans des galeries commerciales au luxe clinquant et trop climatisées, je me suis juré que je ne remettrai plus les pieds dans ce pays. Faire la pute oui mais y a quand même des limites, je choisis mes clients moi Monsieur ! J’étais donc trop heureux en partant de savoir que l’étape suivante, Bahrein, était une enclave libérale bien connue pour son ambiance festive. Hyper content j’embarque dans l’avion – compagnie Gulf Air, First, what else ? – le personnel navigant, hôtesses comprises est anglais. Mais à ma grande surprise les hôtesses sont voilées et arborent de jolies voilettes bleues ciel légèrement transparentes; du meilleur effet – genre shéhérazade… Pendant tout le vol au dessus de l’Arabie Saoudite je tente de deviner leurs visages et mâte les formes féminines rondes et pleines, seins et fesses rebondis qui tendent leurs costumes bleu marine impeccables autant que ma bite tend mon falzard. Mais le summum de mon excitation, le « climax » comme on dit, est survenu lorsque nous avons quitté l espace aérien saoudien pour entrer dans celui de Bahrein : Les hôtesses ont alors relevé leurs voilettes et libéré leurs opulentes chevelures blondes. J’ai enfin vu les grands yeux bleus, les sourires charmants, les bouches gourmandes, les lèvres humides, les langues agiles (je raconte n’importe quoi quand je suis lancé)… Ca a été le PLUS BEAU STRIP DE MA VIE. J’aurais pu et même dû, exploser en vol pour marquer plus encore ce fabuleux souvenir.

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De la différence d’âge…

A la demande de quelques personnes je re publie mon texte sur l’Inde qui raconte comment un homme d’un certain âge rencontre une jeune femme en voyage. Comment et un peu pourquoi. Certes ce n’est ni la sortie des écoles, ni un salon du Chochotte et même si c’est rare il ne faut pas dire que cette possibilité n’existe pas, les motivations peuvent être complexes, y compris suite à une rencontre dans un théâtre érotique – il y a quand même deux couples que je connais bien qui s’y sont formés et sont ensemble des années après, l’un avec une charmante petite fille. On ne peut pas tout ramener dans la vie à l’argent. Un type d’une cinquantaine d’année gagne généralement mieux qu une danseuse de vingt ans et je ne vois pas ce qui empêcherait la générosité si chacun fait plaisir à l’autre selon ses moyens.

« Tu as levé la tête et demandé « tu es français ? » avec un tutoiement qui m’a fait sourire à cause de la différence d’âge, et de tout, j’ai été happé par le bleu sombre de tes yeux, ta coupe garçonne avec les épis noirs rebelles, ce tatouage cryptique sur le haut du bras gauche et j’ai dit « qu’est-ce que tu lis ? », tu m’as montré la couverture bleue « qu’est-ce que l’hypnose ? », connais pas, on attendait le même train, celui pour Siliguri, cinq heures de retard – normal c’est l’Inde – tu allais à Darjeeling comme moi, j’ai posé mon sac à dos, tu en avais marre d’être abordée par des hommes qui te demandaient si tu étais mariée, pourquoi non, et des larmes sont venues quand tu as dit que c’était dur de voyager seule, d’être une jeune femme dans ce pays violent, tu parlais, parlais, j’étais étonné qu’on puisse devenir danseuse après Sciences-Po, tu avais des avis sur tout – tendance anar – et tu as voulu savoir pour moi, mes voyages sans but, les labyrinthes où j’aimais me perdre, fuir l’ennui de l’Entreprise ; on s’est débrouillé pour être dans le même compartiment, ça sentait la soupe aux lentilles, le Dahl chaud, ta couchette était au-dessus de la mienne mais tu es restée en bas toute la nuit, m’as saoulé de paroles jusqu’au petit matin, et à Siliguri je t’ai proposé de prendre un taxi 4×4, on a cru mourir à chaque virage, finir emmêlés dans un ravin aux carcasses broyées, puis à Darjeeling tu voulais filer direct au Dekelin – l’hôtel du Dalaï-Lama – mais il fallait grimper les raidillons pavés, et moi, le souffle coupé par l’altitude, j’étais crevé, naze, j’ai réalisé ta puissance physique, jeune animale, tu aurais pu danser avec ton gros sac orange sur le dos, et le lendemain tu ne m’as pas lâché alors que je voulais lire peinard « Ainsi Parlait Zarathoustra » devant la blancheur écrasante du Kangchenjunga, tu m’as trainé au zoo voir le panda rouge, fais écouter des remix de musique techno, indienne, et puis tu as insisté pour qu’on fasse ce trek au Népal, « ça te fera du bien de faire du sport », « on verra l’Everest », et j’ai fini par dire oui parce que certains de tes imprévus, entrevus, étaient désirables; j’en ai vraiment bavé, crevé de froid dans les refuges d’altitude, vécu le martyr sur des pentes interminables, les pieds en sangs, et toi mon jeune calvaire aux dents blanches, enthousiaste pipelette, tu n’arrêtais pas, jamais, tu dansais sur les cimes glacées, éclatais de rire, trop heureuse d’être là, avec le père que tu n’avais jamais eue. »