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Auto-Fiction Témoignages Remarquables

Appel à candidature ;)

J’aimerais savoir ce qui motive une danseuse à venir danser dans un théâtre érotique, au Chochotte par exemple (hormis l’aspect financier évidemment) , et comment est ressentie la « première expérience », la première fois, la scène, les clients, l’ambiance avec les collègues … Les textes sont les bienvenus. Ce peut être des « exo-fictions » , fruits de l’imagination de non-danseuses, auxquelles je m’essaierai peut-être. Mais j aimerais vraiment avoir le point de vue de « la danseuse », enfin « d’une danseuse », point de vue qui peut relever de l’auto-fiction, romancé en quelque sorte. Je sais que les expériences en ces lieux sont multiples et vécues très différemment… C’est un peu comme l’orgasme féminin quoi. Personne ne peut parler au nom de toutes. Soit c est de l’égocentrisme – catégorie la plus courante -, soit de la naïveté…

J aimerais publier des témoignages « anonymes » sur mon Blog, ils seront récompensés d’une manière ou d’une autre.

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Le fossé générationnel se creuse !

J’ai commencé à réaliser que le fossé générationnel entre les jeunes femmes et moi se creusait quand à l’occasion de voyages communs nous devions cohabiter quelques jours ensemble. Je finissais rapidement par craquer en demandant d’arrêter de zapper incessamment la télé, de l’éteindre avant de dormir, d’arrêter de consulter le smartphone la nuit, de bien vouloir fumer hors de la chambre, de ne pas exposer ses gros seins nus autour d’une piscine remplie d’ados et de mères de familles indignées tout en se murgeant la gueule à coup de cocktails alcoolisés…

Les demandes sexuelles de ces jeunes femmes étaient non moins curieuses : j’ai été sollicité pour les frapper violemment, victime non consentante de tentatives d’effractions anales, douché par de copieuses éjaculations féminines et toutes ces autres joyeusetés :
Tu aimerais que je te marche sur les couilles avec mes talons hauts ?
– Euh non pas du tout.
– Oh tu n’es pas marrant !
– Est-ce que tu peux manger avec tes couverts s’il te plait ?
– Oui Papa…

Bref, en dehors du fait que ces jeunes femmes sont absolument charmantes par ailleurs, que je les adore, le sentiment qui prédomine lors de ces rencontres du 3ème type est un mélange de sidération et d’amusement…

Car comment s’étonner que la Génération Z (personnes nées à partir de 97) – qu’on appelle aussi les Digital Natives, car biberonées par l’Internet et les Séries – se conforme d’une manière ou d’une autre à ce par quoi elles ont été éduquées : les codes du « porno trash » et ceux des « séries ».

Pour ma part, mon éducation s’est faite dans les pages de papier brillant et coloré des magazines Lui et Playboy avec leurs respectables playmates souriantes, déroulées sur trois pages dans une pause docilement statique. Leur usage était d’ailleurs rapidement limité par mes débordements, l’obsolescence de leurs chattes velues programmée par mes inévitables gîclures adolescentes.

Alors, comment s’étonner du spectacle suivant produit par deux jeunes femmes de la Génération Z qui dès l’âge de 10 ans ont du mâter en cours de récréation les pires pornos sur leurs smartphones, le gonzo et tout ces trucs, s’amusant à jouer à ça entre elles plutôt qu’à la poupée ?…

(Voir la suite, duo Clara-Dita)

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Sauvé par le cul et mon icône, Catherine Ringer

Le soleil de mars se diffractait en une infinité de particules fines, le khamsin charriait ses poussières sablonneuses dans le ciel pisseux, les poumons fatigués et nos yeux rougis. A dix-huit heures l’astre s’effondrait soudainement, c’était la libération, les bars et les chopes de bières s’emplissaient avec entrain. Je retrouvais mon ami Seto comme tous les soirs sur la terrasse de l’Historil, stratégique surplomb de la place Ménélik. De là on voyait les petits vendeurs écouler leurs montres russes, des thalers en argent et des croix éthiopiennes, et surtout le cortège des princesses afars, la luminescence étudiée de leurs dessous de satin sous les étoffes transparentes. On pouvait chouffer (*), se sourire, on se retrouverait plus tard au Scotch Club, se connaissant déjà un peu, on danserait peut-être.

Peu avant ma venue à Djibouti je découvrais Catherine Ringer la chanteuse du groupe « Les Rita Mitsouko », elle avait été invitée dans une émission télé, Les Enfants du Rock, et avait dansé très bizarrement – du jamais-vu, une énergie folle – sur la chanson Marcia Baïla, accompagnée de son placide guitariste Fred Chichin. C’est peu de dire que Catherine m’avait marquée, je la déclarais d’emblée géniale, santa subito, j’adorais sa cool frénésie et sa voix chaude, émanation parfaite de son corps désirable. Je la plaçais au pinacle de mes attentes reproductrices.

Quand un jour Seto me dit qu’il avait récupéré une cassette porno dans laquelle Catherine jouait, je cru d’abord qu’il se foutait de ma gueule – c’était pas très sympa – mais non il me le jurait sur sa mère, on irait voir ça demain soir chez lui, Ara son boss lui avait prêté du bon matos, un magnétoscope VCR Akaï, on pourrait même faire des arrêts sur image hyper stables.

Le salon « à l’orientale » de Seto était cool avec les banquettes basses posées à même le sol et les poufs sur lesquels on pouvait se vautrer. Je reconnu difficilement Catherine sur la jaquette de la vidéo, elle était plus jeune, comme si elle avait notre âge. C’était la première fois que je voyais un film porno, en plus avec Catherine dedans, et j’étais très anxieux. Seto introduisit la cassette dans la bouche du magnétoscope qui l’avala dans une douceur asservie. Dans la première partie du film une jolie blonde aux cheveux longs était avec deux hommes pas tout jeunes, ça se passait dans un château. J’ai pas du tout aimé à cause des hommes, en plus ils parlaient tout le temps. Puis il y a eu la scène avec Catherine mais là j’ai vraiment été choqué, très perplexe, parce Catherine faisait l’amour avec la blonde et qu’aussi elles ont fait un truc vraiment crade, je savais même pas que ça existait, et puis il y a eu un coup de tonnerre très fort, l’immeuble a tout entier vacillé, suivi d’un calme absolu, plus rien, on s’est regardé avec Seto et on a couru à toute vitesse dehors parce que c’était peut-être un tremblement de terre, mais non ça sentait partout la poudre et le brulé, alors on a couru sans savoir avec tous les autres, ça se passait sur la place Ménélik, il y avait des lumières blanches et des gyrophares rouge qui déboulaient de partout, on a vu l’immeuble éventré, la plaie béante noire et fumante – l’Historil avait disparu, soufflé – , des yeux hallucinés et des visages défaits nous croisaient, il y avait du sang partout, beaucoup, beaucoup de morts, et Ara qui nous cherchait nous a attrapé en pleurant « Mais qu’est-ce que vous foutez là petits cons, rentrez ! » et, dans un état de calme inconnu, une épiphanie extra lucide, j’ai su que Catherine, par la médiation de son image et le sacrifice de son corps, m’avait sauvé la vie, elle demeurerait à jamais mon icône.

(*) Chouffer : observer, surveiller (en jargon djiboutien)

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Le plus beau Strip de ma Vie

(Beaucoup) Plus jeune j’étais coutumier de missions à l’étranger, pour des durées variant entre deux semaines et un mois. Cette fois ci c’était Riyad en Arabie Saoudite. Hotel Sheraton 5* etc. ça commençait pas trop mal, jolie chambre il était tard, je mange les cacahuètes du frigo et passe une bonne première nuit. Le lendemain, je descends en appétit pour prendre mon petit dej – Muesli miam miam. Mais surpris car le hall de l’hôtel est désert – je pensais qu’il était 7h30 -, pas âme qui vive ! Je me dis « merde j’ai dû me tromper d’heure avec le décalage horaire », je remonte fissa dans ma chambre et là oh surprise, dans l’intervalle, des scellées ont été posées sur mon petit frigo de chambre avec un joli mot « Dear Guest… » qui m’informe du début du ramadan.

Je passe les 15 jours suivants à bosser comme un chien parmi les rois des glandeurs sans même pouvoir faire la star (fantasme ridicule qui m’est resté de mon adhésion naïve à la méritocratie – mais là bas y a que le fric qui compte, la compétence ne vaut pas grand chose, il suffit de se la payer…reste mon mépris low-cost comme bulle psychologique immunitaire). Je traine donc dans cette ambiance de ramadan saoudienne où on me fait comprendre qu’étranger ou non je suis logé à la même enseigne que tout le monde et que si on me surprend à grignoter les sambusak que j’ai planqués dans le cache de mon ordi ce sera le fouet en place publique. Car la Muttawa – police religieuse – ne plaisante pas. Enfin, me faire fouetter par des types velus ça m’enchante pas trop… Pour un lascar tel que moi, ne pas bouffer c’est pas le pire. Par contre ne pas voir une femme durant deux semaines pleines c’est carrément l’enfer. Pas une seule au boulot ! Dehors que des formes informes, lointaines et anonymes. Pas un visage féminin, que dalle, nib, que t’chi !… On m’a même confisqué à la douane une revue informatique dans laquelle apparaissaient de jolies bimbos peu vêtues et dont les formes et pauses disposées semblaient aussi prometteuses que les performances potentielles des processeurs et capacités de stockage qu’elles promouvaient.

Donc après deux semaines merdiques où mes pauses se sont limitées à des déambulations déprimées dans des galeries commerciales au luxe clinquant et trop climatisées, je me suis juré que je ne remettrai plus les pieds dans ce pays. Faire la pute oui mais y a quand même des limites, je choisis mes clients moi Monsieur ! J’étais donc trop heureux en partant de savoir que l’étape suivante, Bahrein, était une enclave libérale bien connue pour son ambiance festive. Hyper content j’embarque dans l’avion – compagnie Gulf Air, First, what else ? – le personnel navigant, hôtesses comprises est anglais. Mais à ma grande surprise les hôtesses sont voilées et arborent de jolies voilettes bleues ciel légèrement transparentes; du meilleur effet – genre shéhérazade… Pendant tout le vol au dessus de l’Arabie Saoudite je tente de deviner leurs visages et mâte les formes féminines rondes et pleines, seins et fesses rebondis qui tendent leurs costumes bleu marine impeccables autant que ma bite tend mon falzard. Mais le summum de mon excitation, le « climax » comme on dit, est survenu lorsque nous avons quitté l espace aérien saoudien pour entrer dans celui de Bahrein : Les hôtesses ont alors relevé leurs voilettes et libéré leurs opulentes chevelures blondes. J’ai enfin vu les grands yeux bleus, les sourires charmants, les bouches gourmandes, les lèvres humides, les langues agiles (je raconte n’importe quoi quand je suis lancé)… Ca a été le PLUS BEAU STRIP DE MA VIE. J’aurais pu et même dû, exploser en vol pour marquer plus encore ce fabuleux souvenir.

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De la différence d’âge…

A la demande de quelques personnes je re publie mon texte sur l’Inde qui raconte comment un homme d’un certain âge rencontre une jeune femme en voyage. Comment et un peu pourquoi. Certes ce n’est ni la sortie des écoles, ni un salon du Chochotte et même si c’est rare il ne faut pas dire que cette possibilité n’existe pas, les motivations peuvent être complexes, y compris suite à une rencontre dans un théâtre érotique – il y a quand même deux couples que je connais bien qui s’y sont formés et sont ensemble des années après, l’un avec une charmante petite fille. On ne peut pas tout ramener dans la vie à l’argent. Un type d’une cinquantaine d’année gagne généralement mieux qu une danseuse de vingt ans et je ne vois pas ce qui empêcherait la générosité si chacun fait plaisir à l’autre selon ses moyens.

« Tu as levé la tête et demandé « tu es français ? » avec un tutoiement qui m’a fait sourire à cause de la différence d’âge, et de tout, j’ai été happé par le bleu sombre de tes yeux, ta coupe garçonne avec les épis noirs rebelles, ce tatouage cryptique sur le haut du bras gauche et j’ai dit « qu’est-ce que tu lis ? », tu m’as montré la couverture bleue « qu’est-ce que l’hypnose ? », connais pas, on attendait le même train, celui pour Siliguri, cinq heures de retard – normal c’est l’Inde – tu allais à Darjeeling comme moi, j’ai posé mon sac à dos, tu en avais marre d’être abordée par des hommes qui te demandaient si tu étais mariée, pourquoi non, et des larmes sont venues quand tu as dit que c’était dur de voyager seule, d’être une jeune femme dans ce pays violent, tu parlais, parlais, j’étais étonné qu’on puisse devenir danseuse après Sciences-Po, tu avais des avis sur tout – tendance anar – et tu as voulu savoir pour moi, mes voyages sans but, les labyrinthes où j’aimais me perdre, fuir l’ennui de l’Entreprise ; on s’est débrouillé pour être dans le même compartiment, ça sentait la soupe aux lentilles, le Dahl chaud, ta couchette était au-dessus de la mienne mais tu es restée en bas toute la nuit, m’as saoulé de paroles jusqu’au petit matin, et à Siliguri je t’ai proposé de prendre un taxi 4×4, on a cru mourir à chaque virage, finir emmêlés dans un ravin aux carcasses broyées, puis à Darjeeling tu voulais filer direct au Dekelin – l’hôtel du Dalaï-Lama – mais il fallait grimper les raidillons pavés, et moi, le souffle coupé par l’altitude, j’étais crevé, naze, j’ai réalisé ta puissance physique, jeune animale, tu aurais pu danser avec ton gros sac orange sur le dos, et le lendemain tu ne m’as pas lâché alors que je voulais lire peinard « Ainsi Parlait Zarathoustra » devant la blancheur écrasante du Kangchenjunga, tu m’as trainé au zoo voir le panda rouge, fais écouter des remix de musique techno, indienne, et puis tu as insisté pour qu’on fasse ce trek au Népal, « ça te fera du bien de faire du sport », « on verra l’Everest », et j’ai fini par dire oui parce que certains de tes imprévus, entrevus, étaient désirables; j’en ai vraiment bavé, crevé de froid dans les refuges d’altitude, vécu le martyr sur des pentes interminables, les pieds en sangs, et toi mon jeune calvaire aux dents blanches, enthousiaste pipelette, tu n’arrêtais pas, jamais, tu dansais sur les cimes glacées, éclatais de rire, trop heureuse d’être là, avec le père que tu n’avais jamais eue. »