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Les salons

A la question « qu’est-ce qui se passe en salon ? » on serait tenté de répondre « c’est variable », « ça dépend »… Sur un forum public les réponses seront évasives pour plusieurs raisons :

  1. Comme l’indique le terme « privé », les salons privés sont privés. Et l’on conseille donc d’en parler en message privé, car relevant de la sphère de l’intime (pour peu qu’elle existe encore chez les Gen Z…). De plus les demandes de chacun sont très différentes.
  2. On n’est jamais certain au premier abord de ses  interlocuteurs, lecteurs, lectrices. Il m’est arrivé de recevoir des questions assez précises en privé sur les salons, sur une danseuse en particulier, avant de m’apercevoir que la personne en question était son petit ami. Jaloux de surcroit. Heureusement l’intelligence n’était pas sa qualité principale et il a été vite démasqué.
  3. Les limites. On peut définir un salon privé essentiellement par ce qu’il ne permet pas : le contact sexuel. Pour parler crûment : branlette oui, caresse sur le sexe de l’autre non (et dans les deux sens). Hormis cette limite forte – l’évitement de tout contact avec le sexe de l’autre, valable côté danseuse et côté client – ,  les trois grandes autres limites au « faire » sont  : ce que (se) permet la danseuse, le surcout demandé selon les cas, et la plus grande limite : l’imagination.

Les deux théâtres dont il est question sur ce forum  font très attention au respect du non contact sexuel et toute contrevenante risque l’expulsion immédiate. Les établissements sont de plus soumis au contrôle régulier de « la mondaine » et risquent la fermeture en cas de franchissement de limite… Les caméras de surveillance dans les salons me semblent essentiellement destinées à veiller au respect de ces règles.

Parlons maintenant de la partie la plus intéressante, ce qu’y font les clients où « joyeux membres » 😉 :

D’anciennes danseuses se sont lancées dans la littérature et racontent, soit sous forme de témoignage, soit romancée. J’en cite deux qui détaillent quelques fantasmes et pratiques, certaines relèvant du documentaire animalier.

Il y a une douzaine d’années, l’une des stars du Chochotte paraissant au premier abord toute fragile, véritable « cerveau » sur pattes – fort belles au demeurant – m’avait confié qu’elle avait classé les clients de salon en quatre catégories :

  • Les branleurs. L’objectif du salon est simple et efficace il s’agit de se satisfaire, si possible en touchant (dans les limites autorisées et dûment négociées) dans le temps imparti.  
  • Les joueurs/dragueurs. Leur visée – souvent un fantasme – est de séduire une danseuse, éventuellement de la voir à l’extérieur.
  • Les amoureux. Ils s’éprennent d’une danseuse, la voit en salon pour la voir, s’imaginent parfois que c’est une petite chose fragile qu’il conviendrait de « sauver »… (s’ils savaient ! )
  • Les fantasmes spécifiques. Il s’agit simplement de demandes, particulières, spécifiques : violence, jeux de rôle borderline, flirt avec les interdits etc… Le bizarre ausssi comme me l’avait raconté une danseuse : « tu te rends compte, un type est arrivé en salon et s’est planté un poireau dans le cul devant moi…je l’ai regardé faire et j’ai gagné douze euros (sa part sur le salon)  ». Cette anecdote me fait dire que certains étaient versés dans le bio avant l’heure…

Et cette danseuse analytique, qui avait en trois ans rendu gaga nombre de clients concluait : les branleurs et les demandes spécifiques sont les plus faciles à gérer… les joueurs durs à suivre (surtout dehors lol), parfois intéressants, les amoureux ceux qui rapportent le plus mais ingérables quand ils se mettent en tête de vous sauver…

Je joins d’ailleurs pour les amoureux potentiels l’article suivant, sorte d’éthylot-test : https://maddog.cafe/2019/04/18/message-aux-amoureux-dune-danseuse-de-theatre-erotique/

Autre anecdote : Il n’y a pas si longtemps que cela, j’ai pris un salon avec une « nouvelle ». La pauvre ne savait absolument pas ce qui se devait se passer en salon… Du coup j’ai vraiment eu l’impression d’être un moniteur d’auto-école. Je précise qu’il n’y avait pas de vitesse à passer, tout était en automatique… Je crois que je l’ai fait rire, et donc c’était un bon début. 😉

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Divers théâtre Chochotte Théâtre Sweet Paradise

Les fantasmes

Faut-il écrire « fantasme » ou « phantasme » ? Les deux graphies sont indifféremment utilisées par le commun. Ceux qui ont le souci et la curiosité des mots découvrent dans les débats des puristes que le « fantasme » relèverait d’un désir conscient, désir que l’on souhaiterait réaliser, tandis que le « phantasme » relèverait des limbes de l’inconscient. En d’autres termes le « fantasme » serait un « phantasme » conscientisé.

Les salons du Chochotte et du Sweet Paradise proposent aux Clients de « réaliser » leurs fantasmes. L’offre du Sweet Paradise me semble être intéressante, car relevant de l’écriture de scénario. Le « Bar à Fantasme », ouvert avant le début du spectacle propose de recueillir les demandes des clients et d’imaginer, tel un metteur en scène, ce  qui pourra être « joué » dans l’un des deux boudoirs du lieu, « le Paradis », « l’Enfer » ou j’imagine possiblement en salle.  On ne peut que louer cette initiative.

Mais pour ma part (mon fonctionnement je le concède n’est probablement pas la norme), prévoir c’est dissoudre la force de mon fantasme. Certainement parce que mes métiers relèvent avant tout de la prévision, de l’élimination de l’aléa, de l’écriture méthodique et que donc, mes loisirs doivent au contraire être soumis à l’errance, au hasard. Ainsi de mes voyages qui hormis le billet d’avion aller-retour lointain ne prévoient rien. Absolument rien si ce n’est une disponibilité à ce qui se présentera : la rencontre improbable, le lieu ou l’événement qui me ravira. Il en est de même de mes fantasmes. Leur composante essentielle est la surprise, l’inattendu.

Des exemples récents de moments formidables et imprévus qu’à postériori je considère comme des réalisations de phantasmes (inconscients) devenus fantasmes par leur survenance.

Au Sweet Paradise : Dona. Un ovni. Rampante dans une combinaison informe. Puis nue piquée de fluorescence radioactive sous la lumière ultraviolette (sur la version inattendue de Radioactivity de Rodolphe Burger ). C’était tout, sauf prévisible, absolument magique, inespéré.

Au Chochotte : un salon avec Gala perturbé par un événement imprévu… Qu’il me faut raconter. La présence, le corps de Gala m’hypnotisent. Au point que mes mains ont leur vie propre. S’aventurent en territoire inconnu. Le temps passe trop vite. La lumière clignote. J’aimerais prolonger. Je donne de quoi doubler le moment…

En revenant de la caisse Gala me dit penaude : « Je me suis fait gronder par Salomé… », me signifiant avec gentillesse qu’il importe de respecter les règles du code de la route.  Et d’un coup, contrairement à la frustration possible, survient une chose absolument inattendue !  Je fixe la caméra tandis que ma main s’aventure à nouveau sur le corps blanc et lisse de Gala complaisante. M’attendant tel le multi-récidiviste et son bolide à fond de train qu’un jappement de Coyote lui signale le radar. Dans le reflet de l’œil luisant de la caméra j’entrevois la pupille noire de la délicieuse Salomé ! Survient l’illumination : Je suis en train de faire un salon double  avec Gala et Salomé ! Tout ça pour soixante euros… Dingue ! Le surgissement de cette pensée parasite me fait bander :  Savoir que la jolie petite blonde Salomé m’observe avec attention depuis son écran de contrôle, pareille à une accro de séries télé s’adonnant au « binge watching », que l’élève studieuse prendrais des leçons de séduction auprès de la professionnelle Gala me rend dingue ! Mais comme je ne saurais heurter une jeune fille si charmante par l’exhibition d’une quelconque tumescence, fut-elle dignement hissée en l’honneur de la beauté, je reste sage.

En sortant du salon, Salomé et Cindy sont à la caisse. Gala me suit. Salomé toute souriante, un brin espiègle me demande : « Alors, vous êtes content de votre salon ? » . Moi : « Toujours, avec une si délicieuse galette des rois » (Gala est surnommée Galette par Cindy).  Cindy me demande rieuse : Et tu as trouvé la fève ?  Moi : « Non, la tour de contrôle ne m’a pas laissé y gouter… ». Rire général…   

Puis « Alors, Salomé quand est-ce qu’on le fait ce salon ensemble ? »…Nouveaux rires.

Voilà un vrai fantasme, car conscient. Débaucher la charmante blonde Salomé : la détourner de ses jeux de lumière, de la caisse, du contrôle. Fantasme qui doit rester non réalisé. Car le pire serait d’amoindrir mon imagination. D’enfermer dans la possibilité la survenance de possibles. Je veux pouvoir prolonger. Doubler. Imaginer la bonne élève Salomé un brin paniquée durant ce salon, tenter de faire au mieux, tandis que Gala la regarde l’écran, lui donne des conseils à l’oreillette qu’elle a dissimulée derrière ses cheveux blonds.   

Pour beaucoup ces délires ne veulent rien dire. Trop éloignés de la chair, des divans et des kleenex. Je les comprends; m’arrive de céder aussi à des moments plus prosaïques.  

Mais mon esprit est irrémédiablement perverti par ces théâtres : La présence de jolies filles dévêtues, le jeu et ses limites, l’ambiance sympa, cadre d’un événement inattendu, d’un détournement du cours de la « normalité, l’adjuvant qui « augmentera » mon plaisir. Le mettra en hors-bite  Voilà ce que je recherche, que je souhaite.

L’heureuse surprise qui transformera le phantasme en fantasme.

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Divers Fictions érotiques

Et d’abord le regard

Un Roman de LAURE GIAPPICONI

Mona dans « la vraie vie » est une jeune femme de bonne famille. Elle a trente ans, est actrice de théâtre, bien éduquée, était mariée et se retrouve soudainement « libre » après son divorce. Quelques flashbacks nous racontent des moments clefs de sa jeunesse, relatifs à son désir d’être sur scène, son éveil à la sexualité, sa recherche en la matière. Et disent sa fascination progressive pour l’érotisme. Un jour Mona tombe sur une annonce du Cabaret érotique Oz qui cherche une danseuse… Elle franchit le pas telle une Alice trop curieuse, en quête d’émerveillement. Passe une audition, est prise, commence à travailler dès le lendemain.

Le lecteur assiste avec curiosité aux premiers pas de Mona devenue Mara – son pseudo – sur scène. Et on découvre avec un grand amusement les conseils de Charles, le caissier aux airs de bouledogue omniprésent aux manettes du Cabaret. Connaisseur du « goût des hommes » il lui demande avant toute considération artistique de ne pas oublier de montrer sa chatte au bout de quelques minutes. Le ton est donné !

Le roman est un régal de lecture , d’humour et de tendresse. Non seulement Laure Giappiconi écrit très bien, mais elle nous fait vivre une formidable plongée dans ce microcosme, ce cabaret érotique au décor kitsch improbable, à la patronne imprévisible. On assiste aux spectacles, découvre les à côtés – côté danseuses – et le récit est agrémenté d’anecdotes croustillantes qui renforcent « l’effet de réalité » de cette excellente fiction.

La vie des danseuses du petit théâtre Oz nous est racontée. La scène évidemment, des numéros, des moments inoubliables, mais aussi la vie « en loge », au café où se retrouvent les jeunes femmes -« chez Walid » -, des sorties en groupe, des retrouvailles. Le lecteur découvre avec surprise leur complicité, leur « sororité » pour reprendre un mot prisé par l’auteure. Alors que l’on aurait pu s’imaginer un univers ultra compétitif, fait de jalousies et de coups-bas entre « pestes », on est surpris d’apprendre que non : ce sont la complicité, l’amitié, l’entraide qui dominent. Une grande tendresse émane des portraits que la narratrice fait de ses consœurs. Et en lisant ces portraits touchants, amusants, parfois tragiques, on découvre que la « mise à nu » devant les clients n’est rien au regard d’une autre mise à nu, bien plus intégrale, entre danseuses. Qui à force de contacts rapprochés – « jusqu’aux muqueuses » – lors des duos lesbiens, d’émotions quotidiennes partagées – joies, rires, crises et réconforts -, de confessions parfois poignantes, finissent par tout savoir les unes des autres.

Le portrait que Mona-Mara fait des hommes au sein du Cabaret Oz est plus succinct. Car limité au cadre fermé de ce petit théâtre. On découvre les réactions des spectateurs lors des numéros (aussi par des témoignages sur un forum animé par des « habitués »), leurs faiblesses face aux « trucs » – qui s’apparentent parfois à une technique de pêche controversée dite « au Lamparo » – pour les faire venir en salons privés, à leurs demandes souvent cocasses dans ces « espaces privés », lieu d’expression de leurs fantasmes – dûment monnayés.  La maison Oz fait preuve d’une grande « tolérance »…  

Je ne vais pas « spoiler » cet excellent roman. Et donc arrêter là mon résumé. Mais je dois dire ma grande surprise de lecteur devant la qualité littéraire du roman de Laure Giappiconi. Son écriture littéraire est savoureuse, elle a su insuffler un rythme en jouant sur l’alternance et la composition de scènes aux formes variées. C’est un excellent travail d’écrivain. Un excellent roman. Une lecture que je recommande absolument. Bravo !

Laure Giappiconi dédicacera son roman ce samedi 19 Juin, de 15 heures à 18 heures, au Sweet Paradise – 12 rue Marie Stuart 75002 Paris.

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Divers Message d'Information

Rejoignez nous sur le serveur Discord

Reproduction de message de @Jean-Batou (posté sur Psychologies.com puis effacé par la modération) invitant à poursuivre la discussion « Recherche Théâtres Erotiques à Paris » sur le serveur Discord https://discord.gg/dQjCmmF.

« Cher ami.e.s, Comme vous le savez, nous avons été contraint d’organiser un départ précipité du forum de Doctissimo car la sexualité n’est plus en odeur de sainteté chez eux. Nous voici donc arrivés sur le forum psychologies et manière assez brusque autant pour nous que pour l’équipe de modération du forum qui ne s’attendait certes pas à voir arriver toute une congrégation d’habitués aimant discuter d’érotisme et de sexualité. Ceci menant à cela, nous avons constaté des suppressions de certains nos messages voir des suppressions de compte. Bref ! Ne jetons pas la pierre à psychologies, c’est déjà sympa qu’ils nous acceptent. Cependant, dans un esprit de conciliation mais sans pour autant vouloir faire le deuil de notre liberté de ton, je me suis concerté avec quelques uns des membres les plus actifs de notre communauté et nous avons validé la possibilité de créer un serveur Discord qui nous soit dédié. Qu’est-ce qu’un serveur Discord et d’ailleurs qu’est-ce que Discord ? Discord est une plateforme communautaire à la base créé par la communauté gaming pour la communauté gaming afin de pouvoir se retrouver et échanger sur leur passion commune que ce soit par discussion chat ou par salon de discussion voix voir visioconférence. Entre temps, la plateforme prenant de plus en plus son essor s’est retrouvé être le support d’échange de nombreuses autres communautés (dont des communautés NSFW parlant de sexualité). Alors avant que vous vous mettiez à bailler, je vous explique le but de ma bafouille qui suit. Pour accéder à Discord, il faut créer un compte et cela va soulever ne nombreuses questions de nos lecteurs (et lectrices) pour lesquel.le.s la notion d’anonymat est très importante. La dite bafouille a pour but de dédramatiser ces inquiétudes. Concrètement comment ça se passe ? Discord est une plateforme permettant de créer de petits serveurs d’échange de communautés. Discord ne fournit que la plateforme et n’administre pas les dits serveurs. Ce sont des utilisateurs volontaires qui les administres et les animent. Cependant, quand vous créez un compte sur Discord, vous créez un compte pour la plateforme et non pour le serveur. Vos informations personnelles ne concerneront que Discord et vous même. L’administrateur d’un serveur Discord ne verra donc pas plus d’informations vous concernant qu’un utilisateur lambda. Ces informations se limitent donc à votre Pseudonyme, votre signature et les potentiels serveurs Discord et amis que vous pouvez avoir en commun. C’est tout. Et pour les plus timides, vous pouvez apparaître dans un statut invisible ne vous affichant pas dans la liste des utilisateurs en ligne.

Donc voilà, avec l’aide aimable de ce cercle restreint de membres, j’ai travaillé à la mise en place d’un tel serveur et nous le considérons à présent fin prêt à vous accueillir si vous le voulez bien. Nous n’abandonnons pas pour autant la discussion de psychologies car Discord souffre tout de même d’un défaut : le manque de visibilité quand on cherche à se faire connaître. Cependant, pour le bien de tous, nous vous invitons chaleureusement à venir passer faire un coucou sur le serveur voir comment ça se présente et ainsi pouvoir discuter plus librement dessus tout en contribuant à la tranquillité de l’équipe modération de psychologies.

Si l’aventure vous intéresse voici le lien d’invitation du serveur https://discord.gg/dQjCmmF« 

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Divers Message d'Information

De la fin du forum Sexualité de Doctissimo et des alternatives proposées.

En mi-Juillet 2020 la communauté publiant régulièrement sur la section « Sexualité » du forum Doctissimo – dont le fil de discussion très consulté «Recherche Théâtres Erotiques à Paris » totalisant plus de 3 millions de vues en treize ans, mille vues régulières par jour et un historique de 430 pages de discussion – s’est abruptement fait signifier « d’aller se faire voir ailleurs ». La section « Sexualité » était fermée une semaine plus tard, uniquement consultable en lecture, et était définitivement supprimée au 1er Septembre.

Comment expliquer que cette section de Doctissimo parlant de Sexe, de Libertinage et d’Erotisme ne soit soudainement plus la bienvenue alors que l’afflux de visiteurs et de « clics » dû à cette section avait fait la notoriété de Doctissimo et la fortune de son fondateur le controversé Docteur Laurent Alexandre ? Pour avoir discuté en Message Privé avec les modérateurs de Doctissimo, je peux vous assurer qu’ils ont été aussi surpris que moi par cette décision relevant de « la nouvelle politique éditoriale » d’Unify, le Groupe rassemblant les activités numériques de TF1 dont sa filiale Doctissimo.

Il semble donc qu’Unify et le groupe TF1 participe au grand mouvement de « Cancel Culture », au même titre que tous les grands réseaux médias et sociaux actuels. Les exemples ne manquent pas : modération de plus en plus forte sur Twitter, Facebook, Instagram, suppression rapide des articles polémiques voire impossibilité de les publier, élimination des caricatures (pensons à l’arrêt brutal des dessins satiriques du New-York Times » et des menaces qui pèsent sur les dessinateurs et polémistes de tous poils tel Charlie Hebdo), ostracisation des humoristes ayant eu des propos « déplacés », scandales et procès médiatiques (encore récemment JK Rowling) pour une parole malheureuse ou une opinion ne plaisant pas aux minorités plaintives.

Car dorénavant toute discussion publique libre qui pourrait heurter les féministes, les LGBTQIAPK+ (la liste et sans fin…), les sensibilités religieuses, les descendants d’esclaves, de colonisés, de serfs d’avant la révolution française et que sais-je encore, est menacée.  La Cancel Culture est cette tendance généralisée à « effacer » tout ce qui pourrait gêner avant même de discuter, sous la vindicte non démocratique de tribunaux populistes et à sanctuariser ce que réclament les minorités victimaires de tous poils, à savoir des « Safe Space »,  des zones où la teneur des discussions sera toujours respectueuse de la sensibilité de chaque nombril. (Attention : je ne dis pas que la défense d’un certain nombre de causes minoritaires n’est pas légitime, bien au contraire, non je dis qu’empêcher des points de vues contradictoires est illégitime. Le débat, surtout sur ce qui est « sensible », la controverse, la « disputatio » doivent exister).

C’est malheureusement oublier que la démocratie se nourrit de débats souvent houleux, du « droit à l’offense » comme le rappelait le philosophe Ruwen Ogien, de la dialectique ce moteur à deux temps qui ne peut fonctionner que par « opposition », et que la liberté d’expression permet avant tout, grâce au débat et à l’expression d’opinions divergentes, de prévenir la violence physique.

Museler ou aseptiser la liberté d’expression c’est oublier que le travail artistique se nourrit des marges de la société, de la dissonance, de nouvelles façons de percevoir et que si la « bien-pensance » faisait loi, ce ne serait pas seulement Lolita de Nabokov qui serait brûlé mais 99% de la bonne littérature. Cette nouvelle difficulté à dire et à écrire dans l’époque actuelle a été magistralement racontée par Bret Easton Ellis dans son dernier essai « White », ou par Seth Greenland dans son roman « Mécanique de la Chute ».

Il semble que dans un renouveau réactionnaire et puritain – souvenons de Facebook qui censurait déjà il y a quelques années la toile de Gustave Courbet « l’Origine du Monde » – les réseaux sociaux et médias suppriment aujourd’hui tout ce qui pourrait heurter la sensibilité des franges les plus conservatrices, radicales et maintenant « sensibles » de la société, le sexe devenant comme en d’autres époques cible privilégiée.

Qu’à cela ne tienne, « nous », c’est à dire un groupe d’amis contributeurs réguliers du fil « Recherche Théâtre Erotique à Paris » de Doctissimo recréons et animons de nouveaux espaces de liberté. Je vous invite donc, en plus de mon Blog ici présent, à nous rejoindre sur un nouvel espace plus libre et convivial créé par Jean-Batou et animé par les plus actifs forumeurs de Doctissimo bien connus tels  Dofasol, Andrews, Rek62, Le Général, Cream120 etc. ainsi que votre humble serviteur.  

Venez nous rejoindre sur le serveur Discord à l’adresse suivante  https://discord.gg/dQjCmmF . Ce lieu se veut, tout en étant critique, respectueux des danseuses (voir la charte sur le site) et des théâtres érotiques, un espace de liberté indépendant des médias, de l’argent, lieu uniquement régit par le goût de l’échange, la passion partagée pour l’érotisme et nos théâtres coquins qu’il faut absolument préserver car ils savent originalement marier Art, Sexe et Désir.

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Divers Fictions érotiques

Message aux amoureux d’une danseuse de théâtre érotique…

Certains de mes « amis » (L’une des bonnes surprises dans ces théâtres, c’est qu’on y rencontre des personnes formidables ) me font part de leur état amoureux, de leur coup de foudre pour une danseuse, bien entendue merveilleuse, douée de toutes les qualités et…tellement en phase avec leurs pensées les plus intimes, véritable synchronicité, que de coïncidences extraordinaires, c’est incroyable !!! .

A la vérité, il n’y a pas de meilleur écran de projection que ces très jolies surfaces – avec ou sans profondeur. L’attachement amoureux peut être éphémère, par intermittence et se renforçant, parfois long dans la durée. La désillusion sera difficile, le détachement douloureux, peut-être violent. Certains toxicos ne sont pas dupes d’eux même, et savent que l’état causé par le cocktail évolutionniste des dopamines, sérotonines, ocytocines et autres hormones favorisant désir et attachement est la véritable fin en soi, car ses produits dérivés sont bien plus intéressants que leurs moyens d’accès : euphorie, énergie, créativité, jouvence…

Mais bercés par l’illusion chimique, l’on peut trébucher, « tomber » amoureux en s’imaginant des futurs rêvés avec la dulcinée. Et je suis parfois tenté de dire une gentille et camarade moquerie aux plus fragiles d’entre nous : « Tu t’es vu quand t’as bu ? » car j’ai une grande tendresse pour tous les illuminés qui tordent la réalité selon leurs désirs, fantasmes, qu’ils expriment en pensées, mots, folies Don Quichotesques, dépenses matérielles et émotionnelles. Mieux vaut vivre fou que terne (et le sexe en berne ca rime… ).

Lorsque des yeux brillants m’annoncent sur le ton de la confidence que LEUR danseuse n’est pas insensible à la relation, qu’elle serait même « tentée » par une liaison au dehors car éprouvant de véritables « sentiments », il me semble nécessaire de leur procurer une sorte d’éthylotest tel que celui que je livre ci-dessous (comptez vos points) :

  1. La danseuse vous dit que « vous lui plaisez », « qu’elle vous aime bien », « que vous êtes beau, intéressant » etc. (0 points)
  2. La danseuse dit à ses collègues qu’elle ne vous aime pas du tout, « ne vous calcule pas » et parle un peu trop de vous à ses collègues. (+0,5 points)
  3. La danseuse vous fait la bise, vous appelle par votre prénom, vous sourit quand elle vous voit, guette votre départ et vous demande avec empressement quand vous allez revenir (0 points)
  4. La danseuse vous chouchoute en salle, vous fait participer sur scène, vous câline, vous consacre plus de temps que les autres. (+0.5 points)
  5. La danseuse après s’être intéressé à vous semble maintenant vous faire la gueule ou vous ignorer. (0 points)
  6. La danseuse vous propose plein de choses très intéressantes en salon – moyennant « relance « (0 points)
  7. Vous avez fait des cadeaux à la danseuse :
    1. Mais elle ne les porte pas, où n’y fait jamais référence (- 0.5 points)
    2. Elle les porte quand vous êtes là, y fait référence (+ 0.5 points)
  8. En salon, la danseuse (jetant un œil inquiet sur la caméra) vous permet discrètement des « choses » sans relance (+0.5 points)
  9. La danseuse vous dit qu’elle serait OK pour vous voir « un jour » à l’extérieur (0 points)
  10. La danseuse est folle de rage que vous preniez maintenant une autre en salon (0 points)
  11. La danseuse a déjà pleuré quand vous quittiez la salle, elle vous a fait des cadeaux, vous harcèle de messages téléphoniques, SMS, répond immédiatement si vous l’appelez, elle a parlé de vous a tout le monde et aussi aux autres danseuses qui vous sourient bizarrement et sont prudentes en salle, et en plus votre danseuse veut maintenant vous présenter à sa mère !!! (+100 points).
  12. La danseuse vous regarde bizarrement, vous parle d’enfant et vous envoie des photos de nouveau-né => Barrez vous en courant.

Résultats : Si vous avez moins de 10 points, revenez vite sur terre tout en apprenant à savourer les plaisirs de l’asymétrie sentimentale. Avec un gros lot de consolation : « il est meilleur d’aimer que d’être aimé ».

Et je conclus sur cette très belle phrase que Pour-Rire a cité à propos du livre « Paris est une fête » d’Hemingway : Celui-ci apercevant un jour une trés belle jeune femme dans un café de Montparnasse dira : « Elle ne le sait pas, mais elle m’appartient pour toujours ».

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Sauvé par le cul et mon icône, Catherine Ringer

Le soleil de mars se diffractait en une infinité de particules fines, le khamsin charriait ses poussières sablonneuses dans le ciel pisseux, les poumons fatigués et nos yeux rougis. A dix-huit heures l’astre s’effondrait soudainement, c’était la libération, les bars et les chopes de bières s’emplissaient avec entrain. Je retrouvais mon ami Seto comme tous les soirs sur la terrasse de l’Historil, stratégique surplomb de la place Ménélik. De là on voyait les petits vendeurs écouler leurs montres russes, des thalers en argent et des croix éthiopiennes, et surtout le cortège des princesses afars, la luminescence étudiée de leurs dessous de satin sous les étoffes transparentes. On pouvait chouffer (*), se sourire, on se retrouverait plus tard au Scotch Club, se connaissant déjà un peu, on danserait peut-être.

Peu avant ma venue à Djibouti je découvrais Catherine Ringer la chanteuse du groupe « Les Rita Mitsouko », elle avait été invitée dans une émission télé, Les Enfants du Rock, et avait dansé très bizarrement – du jamais-vu, une énergie folle – sur la chanson Marcia Baïla, accompagnée de son placide guitariste Fred Chichin. C’est peu de dire que Catherine m’avait marquée, je la déclarais d’emblée géniale, santa subito, j’adorais sa cool frénésie et sa voix chaude, émanation parfaite de son corps désirable. Je la plaçais au pinacle de mes attentes reproductrices.

Quand un jour Seto me dit qu’il avait récupéré une cassette porno dans laquelle Catherine jouait, je cru d’abord qu’il se foutait de ma gueule – c’était pas très sympa – mais non il me le jurait sur sa mère, on irait voir ça demain soir chez lui, Ara son boss lui avait prêté du bon matos, un magnétoscope VCR Akaï, on pourrait même faire des arrêts sur image hyper stables.

Le salon « à l’orientale » de Seto était cool avec les banquettes basses posées à même le sol et les poufs sur lesquels on pouvait se vautrer. Je reconnu difficilement Catherine sur la jaquette de la vidéo, elle était plus jeune, comme si elle avait notre âge. C’était la première fois que je voyais un film porno, en plus avec Catherine dedans, et j’étais très anxieux. Seto introduisit la cassette dans la bouche du magnétoscope qui l’avala dans une douceur asservie. Dans la première partie du film une jolie blonde aux cheveux longs était avec deux hommes pas tout jeunes, ça se passait dans un château. J’ai pas du tout aimé à cause des hommes, en plus ils parlaient tout le temps. Puis il y a eu la scène avec Catherine mais là j’ai vraiment été choqué, très perplexe, parce Catherine faisait l’amour avec la blonde et qu’aussi elles ont fait un truc vraiment crade, je savais même pas que ça existait, et puis il y a eu un coup de tonnerre très fort, l’immeuble a tout entier vacillé, suivi d’un calme absolu, plus rien, on s’est regardé avec Seto et on a couru à toute vitesse dehors parce que c’était peut-être un tremblement de terre, mais non ça sentait partout la poudre et le brulé, alors on a couru sans savoir avec tous les autres, ça se passait sur la place Ménélik, il y avait des lumières blanches et des gyrophares rouge qui déboulaient de partout, on a vu l’immeuble éventré, la plaie béante noire et fumante – l’Historil avait disparu, soufflé – , des yeux hallucinés et des visages défaits nous croisaient, il y avait du sang partout, beaucoup, beaucoup de morts, et Ara qui nous cherchait nous a attrapé en pleurant « Mais qu’est-ce que vous foutez là petits cons, rentrez ! » et, dans un état de calme inconnu, une épiphanie extra lucide, j’ai su que Catherine, par la médiation de son image et le sacrifice de son corps, m’avait sauvé la vie, elle demeurerait à jamais mon icône.

(*) Chouffer : observer, surveiller (en jargon djiboutien)

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Divers Fictions érotiques

De la « chasse » aux doubles pseudos à la reconnaissance fessiale

Un jour, soupçonnant que des forumeurs multipliaient les pseudos sur le fil de discussion Doctissimo, j’ai développé en quelques heures un petit programme en Python qui faisait le datascrapping (la récupération) de tout le fil de discussion « Recherche Théâtre Erotique à Paris » (près de 250 pages à l’époque), un petit « aspirateur de l’internet » ainsi que des traitements statistiques NLP (Natural Language Processing) sur les mots utilisés. Dans une « table », en colonne j’ai placé tous les contributeurs du forum, dans l’autre leurs textes. Puis j’ai fait un « merge », c’est à dire une concaténation de toutes les textes écrits par chacun depuis le début. Ainsi, en face de chaque pseudos, j’avais la prose parfois importante, de chacun, écrite sur plusieurs années. On pense que les maths ça ne sert à rien, mais il faut plutôt se résoudre à accepter notre manque d’imagination dans leurs possibilités d’application. Revenons au problème de recherches de doubles ou triples pseudos : J’ai ensuite construit pour chaque pseudo un espace vectoriels (une matrice) à N dimensions où chaque dimension correspondait à un mot spécifique utilisé dans leur corpus. La longueur du vecteur associé à chaque dimension correspondait à la fréquence d’apparition de mots non « basiques » utilisés (avec pondération importante pour les mots ou formes non usuelles). Ainsi chaque pseudo de forumeur correspondait alors à un espace vectoriel singulier à N dimensions (N mots) et il m’était ainsi possible de mesurer la distance vectorielle – distance euclidienne ou « cosine distance » entre chacun de ces espaces, c’est à dire leur ressemblance. C’est un peu technique je sais, mais c’est cette distance qui permet de mesurer la « distance entre deux pseudos » , c’est à dire de dire que mathématiquement XXXX est proche à 96% de YYYY… Et c’était très intéressant ainsi de constater les doubles, triples ou quadruples usages de pseudos probables dans une même façon d’écrire, syntaxe, fautes d’orthographe, usage de majuscules et minuscules, acronymes particuliers compris.

Pour ma part, et sans surprise, mon petit algorithme a vite remarqué que Mad-Dog était proche à 92.5% de TL4.3 et à 93.8% d’anciens écrits non effacés de Woland.

Bref… les maths c ‘est amusant, mais c’est aussi aussi la fin de l’anonymat ! Car oui, depuis cette algorithme développé il y a trois ans, je me suis intéressé à ceux utiles à la reconnaissance d’image et je suis maintenant en mesure de me lancer dans la reconnaissance « fessiale »…