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De beaux débuts

En retrouvant Dolly au Jardin du Luxembourg je constatais amusé que même « en civil » elle gardait un goût immodéré pour les costumes. L’adage « En mai, fais ce qu’il te plaît» était étonnamment pris à la lettre : Dolly attendait assise à la terrasse du café de plein air surplombant le bassin central du jardin – « La terrasse de Madame » – vêtue d’une veste de tweed de laine rouge, aux franges de plumes noires et travaillée de motifs d’or. Le baroque était encore accentué quand m’approchant de sa chaise je constatais qu’elle portait un bouffant tutu de dentelle crême. Je retrouvais avec joie sa tendance naturelle au spectacle, à l’exubérance, elle était vêtue comme si elle sortait du théâtre ou attendait un photographe de mode. Je déclarais sans hésiter « La plus belle fleur du jardin… ».  C’est en ce lieu et autour de cafés fumants et croissants que nous fîmes enfin connaissance, si on exclut ces deux salons, l’un torride au Show Girl, l’autre plus convenable au Chochotte, qui par leurs deux façons, disaient moins de Dolly que son jeu extraordinaire en salle. Et, comme au théâtre, j’admirais sa spontanéité, son sens de la répartie, l’émotivité adolescente qui m’avait séduit et qui à nouveau empourprait ses joues. Elle semblait toute aussi curieuse de moi que je l’étais d’elle et, à ses questions sur mes activités professionnelles, je répondais avec hésitation : « je crois que je fais du conseil, oui du conseil, on peut dire ça comme ça, du conseil…mais pas que…  ».  La réalité c’est que moi-même je ne savais plus, depuis qu’il y a une bonne quinzaine d’années, du fait d’une propension au zapping exempte de contrainte, de multiples passions et de projets, avortés ou en devenir, je ne savais vraiment plus ce que je faisais, oui. Et dans un éclair de lucidité je déclarais : « Il n’y a pas de liberté sans contrainte ». Devant sa mine surprise, j’orientais la discussion vers le théâtre, ce que nous y cherchions chacun, comment elle était arrivée là, ce qu’elle pensait de ses deux premières semaines. Elle était passée plusieurs fois devant la discrète façade en se rendant chez Gibert avant les derniers confinements et s’était demandée ce qu’était cette devanture aux tons roses, cette image argentée de femme nue agenouillée, puis, comme souvent lorsque notre attention a imprimé une curiosité, était tombée récemment sur une annonce du même théâtre « Cherche danseuse… ». Elle avait aussitôt téléphoné, pris rendez-vous, passé une audition, assisté à une répétition, dû même écrire une lettre de motivation.  Ce travail d’appoint, tel qu’elle le nommait, tombait à pic, car les horaires du théâtre étaient compatibles avec ses horaires de cours et, de plus, avec la période galère des plusieurs mois passés, Dolly avait sérieusement besoin d’argent.  Elle disait adorer la scène et la liberté de création qui était laissée aux danseuses.

A propos de l’ambiance et de ces mêmes danseuses, elle déclarait qu’elle en aimait certaines mais se méfiait des autres, surtout les plus anciennes qui menaient la vie dure aux nouvelles, voyaient d’un mauvais oeil la concurrence, et considéraient certains clients comme leur propriété privée, au point de montrer les dents si on abordait leurs immobilisations comptables en costume-cravate, dont l’amortissement n’était point arrivé à terme. Elles jouaient de l’intox sur ce qui était permis ou non en salon, limitaient les possibilités des nouvelles à leur maximum, tandis que discrétos faisaient ce qu’il fallait faire pour garder leur cheptel. Ses propos sur la « direction » étaient par contre étonnamment « corporate »; on n’aurait probablement pas dit mieux lors d’un séminaire d’accueil chez Google ou chez Loréal : « Cindy est une véritable commerçante, une pro très sympa et qui sait mettre à l’aise tout le monde. Il faut voir comme elle sait parler aux clients ! », « Salomé est hyper organisée, excellente gestionnaire et toujours de bon conseil. Parfois un peu trop pressante quand elle organise le planning », « Mademoiselle est une artiste, méconnue, elle aurait pu faire carrière dans la haute couture, je te jure, elle conçoit et coud des costumes et des décors magnifiques. Mais surtout c’est une véritable femme d’affaire. Rien ne lui échappe ! »

Je me gardais bien de faire la moindre remarque quant aux appréciations dithyrambiques de la jeune Dolly, pas seulement parce qu’égoïstement je souhaitais qu’elle garde son entrain et sa fraicheur de débutante, mais surtout parce qu’au cours des dernières années les nombreuses confidences, détails relatifs aux arrières cuisines du théâtre, qui m’avaient d’abord intéressés je le concède, m’ennuyaient désormais au plus haut point, risquaient d’amoindrir mon plaisir, et, comme un gourmet dans un bon restaurant je ne voulais surtout pas connaitre la provenance et le curriculum vitae, tandis qu’il se rapprochait de ma bouche, du tendre morceau saucé de filet mignon, je voulais juste le déguster, le sentir fondre sous mes dents, mais, déjà paternaliste, eu égard aux risques que Dolly prenait en me rencontrant, passibles d’ailleurs d’éjection immédiate, je lui conseillais de faire très attention à ses nouvelles « amies », de ne surtout pas fréquenter les anciennes qui, pour la plupart devaient leur longévité à leurs petites trahisons. J’ajoutais avec expérience que comme dans le monde de l’entreprise privée, le théâtre n’était qu’un microcosme exacerbé de l’ultralibéralisme ambiant, que l’ambiance en apparence feutrée de charme et d’érotisme dissimulait d’impitoyables rapports de force, entre danseuses, et vis à vis des clients, des rapports commerciaux, concurrentiels et violents. Dolly souriait, et, tandis que je finissais ma phrase un peu longue, je sentais soudain par dessous la table pliante sur laquelle étaient posées nos tasses, un petit pied déchaussé, se frayer le passage entre mes cuisses, venir se blottir contre la tiédeur de mes couilles.

  • Ca te dirait de fumer un bedo ?
  • Comment ?…

Dolly fit en rigolant le geste de fumer, me dit qu’elle en avait « de la bonne » chez elle, qu’il faisait un peu froid ici, et qu’on serait beaucoup mieux dans sa chambre. D’ailleurs c’était tout près…

En traversant le Jardin du Luxembourg, hormis la petite taille de Dolly, qui aurait pu faire croire à de nombreux passants que j’accompagnais ma fille à quelque événement costumé de son collège, ce qui me frappait c’était ses commentaires érudits à propos des statues de reines, déesses et autres nymphes auxquelles elle superposait de façon comique des figures de danseuses du théâtre et, lorsque m’énquérant du nom de la célébrité réprésentée par un buste de bronze à laquelle la statue de marbre d’une jeune femme penchée rendait hommage en lui déposant des fleurs, elle répondait du tac au tac « Watteau et la femme est l’un de ses modèles » puis pouffait de rire en lançant espiègle « Tu trouves pas qu’on dirait qu’elle le branle ? ».

Jardin du Luxembourg article 3

Une dizaine de minutes plus tard je me retrouvais, essoufflé par la montée des sept étages d’un raidillon de service, assis sur un matelas posé à même le sol, l’observant tandis qu’elle chauffait de l’eau pour un thé, roulait avec expertise un joint, se débarrassait enfin de sa veste et de son tutu avant de venir me rejoindre sur le « lit ». Une petite culotte de dentelle bleue lui moulait de façon insupportable sa magnifique croupe, épousait le bombé de son mont-de-vénus et le concave de sa jeune chatte, probablement entrouverte par la pression excessive du tissu.

Une heure plus tard, le petit corps en sueur de Dolly reposait sur le mien, mon sexe flaccide encore entre ses cuisses mouillées. Cela faisait bien trente ans que je n’avais pas fumé et baisé dans le même temps, de vagues souvenirs africains post-adolescents me revenaient, mais je ne m’étais jamais fait baiser comme cela, dans cet état, c’était une certitude. Car Dolly prenait étonnamment bien les choses en main : elle baisait avec énergie, exhortait telle une coach sportive durant les exercices, me surprenait par des demandes impromptues : « tu peux me frapper si tu veux ! », « Tires moi les cheveux ! », « claque moi les fesses ! »… puis, finissant accroupie sur moi lessivé, ses petits pieds de chaque côté de mes hanches, elle tenait le rythme du galop à merveille, et tandis que ma vue était obstruée par le balancier de ses jeunes seins et la pluie ambrée de ses cheveux, j’entendais les claquements humides de son bassin marteler le mien, le clapotis des sexes glissants, ses ahanements convulsifs, jusqu’à ce qu’enfin son visage rond et cramoisi se relève, se crispe juste avant que dans un plaisir synchrone, elle se répande sur mon ventre, car Dolly était aussi … très expansive !

Quand avant de se quitter Dolly me demandait si je pouvais « l’aider », je lui fut reconnaissant qu’elle traite la requête « après » plutôt  « qu’avant ». Cette simple variation de  timing dans la demande, prouvait une fois de plus sa grande intelligence :  Dolly avait transformé, par une légère prise de risque, une vulgaire transaction commerciale entre deux entités autonomes mues par des intérêts égoïstes, en une relation (il aurait été naïf à ce stade de la déclarer amoureuse) faite de don et de contre-don. Sans obligation, si ce n’est ce besoin naturel et bien humain de réciprocité, de « Potlatch » pour parler comme les ethnologues. Bien qu’aux quelques détails de sa chambre minuscule et au désordre ambiant  – probablement imputable à un laxisme « post-adolescent », j’eusses pu tel un inspecteur des impots comptant les nappes sales d’un restaurant me faire une idée des entrées-sorties et donc de son train de vie, je m’enquérais plus en détail de ses besoins, et dans un sans-gêne qui m’est naturellement coutûmier lorsqu’il s’agit d’être efficace, lui demandais de me détailler l’état de ses finances. De se justifier.  Froissée, contrariée même, elle me jetait à la figure son dernier relevé bancaire et j’y notais un solde de négatif de -150 euros. Sa chambre de bonne certes située rue Guynemer aux abords du Luxembourg lui coûtait 400 euros, je trouvais en sus des frais dentaires, de bouche, de fringues, de coiffure mais constatait surtout avec satisfaction de nombreux achats en librairie, à La Procure ou à l’Ecume des Lettres, dont témoignaient les piles d’ouvrages d’économie, de socio et de philo qui jonchaient sa console de travail. Et découvrais avec émerveillement que Maria Kolkiewicz (elle avait juste gardé le nom de sa mère et surtout pas de son père – « un connard » me confiera-elle plus tard) était en première année à Sciences-Po ! J’épongeais sans réserve le déficit de cette prometteuse étudiante, et même plus, avec la satisfaction de celui qui fait bonne œuvre, de façon toute aussi généreuse que Dolly avait peu avant épongé mes ardeurs.

Nous convenions de nous revoir très vite, au théâtre – j’étais déjà en manque en la quittant – et que, pour ne pas éveiller là-bas les soupçons, il convenait lors de mes visites ni de s’éviter, ni d’en faire trop, tout le monde connaissait mon attirance pour elle, il fallait surtout ne rien changer…

Nota : les aventure de Dolly, sont bien entendu une fiction, dont les seuls fondements sont les fantasmes de l’esprit dérangé de l’auteur 😉 .

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Renaissance 2021

La découverte de Dolly durant l’après-midi érotico-festif de début mars https://maddog.cafe/2021/03/04/on-peut-encore-rever/ organisé par quelques danseuses, aussi entrepreneuses, qu’entreprenantes avait violemment relancé ma libido. L’expérience s’était renouvelée trois semaines plus tard à la faveur de la déconfiture du confinement parisien, et, bis repetita, les numéros de la jeune Dolly-Lolita autant que le salon qui s’en était suivi, m’avaient retourné la tête. Elle avait durant quelques semaines occupé une grande partie de mon temps de cerveau disponible, j’avais bien essayé de choper son numéro, de lui donner le mien discrétos mais aucune tentative de contact ne s’en était suivie. J’étais proche de la passer par « pertes et profits » émotionnels, comme nombre d’éphémères coups de cœurs, définitivement rangés au rayon des bons souvenirs.  Après plus d’un mois de sevrage, j’apprenais que mon terrain de jeu favori – le Chochotte – allait enfin rouvrir, demain lundi 3 mai 2021, ce serait l’occasion de passer à autre chose.

***

Dès midi trente je composais le 0143549782 et tombais sur Cindy enjouée. Elle me donnait le programme d’une traite :  DianeGalaThaïsDolly !  Pensant être sujet à une hallucination auditive je lui demandais de répéter… Une demi-heure plus tard je débarquais au théâtre.

Depuis les escaliers j’apercevais Diane à moitié nue, non plus chasseresse mais Vénus anadyomène émergeant des profondeurs noires du caveau, de fausses algues enserrant sa longue chevelure blonde, un collier de coquillage reposant sur ses seins de nacre. Un client bedonnant et chauve était allongé au milieu de la salle et subissait les assauts de la belle en affichant un sourire oecuménique. Elle le rudoyait avec un trident, entre les jambes aussi, alternait douceur et violence, ce que j’avais déjà relevé chez Calamity Jane (l’un des autres numéros phares de Diane) et semblait prendre plaisir à cet exercice de domination masculine et publique. Je m’installais discrètement dans le coin près de l’alcôve, heureux d’avoir échappé à ce spectacle…

***

Gala, visage et cheveux dissimulés par une mantille noire était vêtue d’une paire de mules à hauts talons, d’une robe fourreau et de gants vénitiens. La musique  Senza Una Donna m’a immédiatement fait penser à une scène de deuil, celle d’une jeune veuve éplorée par la disparition d’un mari mafieux. Il y avait de ça dans l’air.  Mais Gala reprenait vite en main sa liberté et son jeune corps désireux. Elle ôtait son voile et  je découvrais avec plaisir sa nouvelle coiffure blonde, celle de Mimi en 2018, brushing, longs sourcils à l’italienne, lèvres pulpeuses… Tout ça lui donnait un petit air de Marylin. Dévêtue, je retrouvais les formes qui m’avaient enchantées, ses hanches généreuses, l’ample bassin méditerranéen qu’elle posait rapidement sur moi en souriant, ses petits seins encore vierges de toute tentative picturale.

***

Puis Thaïs dans une complète variation de registre ! Terminé les numéros travaillés et intellos. Vive l’efficience érotique ! La jolie brune était maintenant déguisée en infirmière sexy, portant coiffe et robe blanche satinée à liserés rouges. Elle passait dans les rangs munie d’un stéthoscope et d’une grosse seringue, proposait de faire un check-up complet. Son attention se portait rapidement sur deux habitués des lieux hilares, des professionnels de la santé selon mes sources, sacrément gâtés les veinards ! Rapidement « Sans chemise et en pantalon », Thaïs leur administrait un cocktail d’anticorps, très régénérant si j’en crois les effets, certes exhaussés des siens, leurs tumescences visibles sous la ceinture et l’absence après palpation par l’experte de « faux positifs ». Le traitement était donc parfait… Thaïs qui plus que quiconque est capable de composer son savoir-faire avec l’actualité a indiqué qu’elle était disposée à pousser plus avant les check-up et dépistages en consultation privée, c’est à dire en salon. Aux confidences glânées ça et là, j’apprenais que le test « à la chinoise » réalisé à l’aide d’un gros écouvillon rose et des gants médicaux remportait un vif succès.

***

Et enfin Dolly ! J’étais encore bluffé par le contraste entre la juvénilité de ses traits et la maturité de ses formes. C’était comme si son corps et son visage se fussent indépendamment développés, dans des temporalités totalement distinctes. Si l’on exceptait ce visage un peu rond, poupon même, ses formes constituaient un véritable appel à la déraison : tout ce qui pouvait évoquer la femme à mes yeux était non seulement réuni, mais outré, hypertélique, pour reprendre un terme de biologie, y compris dans les recoins les plus secrets de son anatomie, ses lèvres charnues, un clitoris érectile pareil au corail d’une coquille Saint-Jacques… Plus ses épaules arrondies, sa poitrine généreuse, un rapport taille-hanche proche du nombre d’or, des fesses pleines, les cuisses fermes… Non c’était vraiment trop ! De profil, sa silhouette accentuait encore cette impression. Une hyperlordose lombaire incurvait sa ligne, de sorte que son buste se projetait autant vers l’avant que sa croupe saillait vers l’arrière.

Suite à la période dépressive qui nous avait minée plus d’un an, l’extrême minceur imposée par les diktats du mannequinat et de la publicité me dégoutait, comme associée à une société malade, à la maltraitance ultralibérale. Je ne voulais plus avoir affaire qu’à la bonne santé, la plénitude des formes et, Dolly avec son sourire si large qu’on l’aurait dit pourvue de dents surnuméraires, son petit corps dodu et hâlé, jusqu’au duvet doré et scintillant de ses fesses rebondies, le charmant frisotement au-dessus de son sillon, respirait la vigueur et la santé. Mais ce qui me séduisait avant tout, par opposition d’avec mon esprit trop analytique et au violent cynisme hérité d’une famille guerrière, c’était son innocence, non point sexuelle, mais celle face à la nouveauté, au jeu,  sa spontanéité absolument adolescente. Son visage, par ses rougeurs subites, l’éclat humide de ses yeux, avivés tels des braises par le feu de la joie ou de la confusion, montrait bien plus que la nudité.  

Malgré ses dix-neuf ans et son parcours qu’elle déclarait autodidacte (ce dont je doutais au regard de son étonnante culture), elle mixait mieux que quiconque la composition artistique, l’érotisme et le hard. C’est ainsi que dans un même numéro, elle déboulait sur scène, petite valise à la main, chemise blanche à col rose et mini-jupe en skaï, réhaussée de boots en peau de serpent, ondulait sur « La Petite Lady » nous engageant irrémédiablement à l’accompagner dans les transports les plus intimes… Elle terminait totalement nue sur « La Fessée » de Luce, oeil de renarde espiègle sur les paroles « Puis-je m’asseoir sur vos genoux ? Accordez moi juste un instant. J’ai encore fait une grosse bêtise… », joignait les gestes aux paroles en s’asseyant nue sur un client à l’allure de notable de province (si j’en crois son accoutrement : polo de jersey orange, pantalon de coutil vert et mocassins en daim à double pampilles), un homme épais au visage sanguin piqueté de deux petits yeux bleus luisants sous une calotte de cheveux bruns et drus, lui sussurait quelque chose à l’oreille puis se disposait à quatre pattes devant lui, jambes écartées bien cambrée. J’assistais ensuite médusé à ce qu’il faut bien nommer « une véritable correction ». A croire que ce type n’avait attendu que cela toute sa vie ! S’approchant d’elle il lui assénait du plat de sa grosse paluche une vingtaine de violentes claques sur les fesses, très sonores… A la suite de quoi la croupe de le petite Dolly, tournée vers nous présentait les stigmates de la mémorable fessée, les traces de main et de doigts dignes des appositions murales des grottes de Lascaux, blanches sur fond rouge cramoisi. Elle était comme figée, certainement en état de choc, mais, vision d’extase autant que de perplexité, j’apercevais soudain, relâché comme à l’issue d’un coït, une luisance liquoreuse s’épandre le long de ses cuisses, dégouliner un long filet de mouille dont la viscosité suspensive, se détachait soudainement en petites flaques…

Avant de remonter Dolly récupérait ses vêtements dans les travées et se penchant vers moi, dans un souffle moite qui imprégnait mon pavillon, me glissait à l’oreille « Viens là-haut…je suis trop excitée… » .

Je remontais dans le sillage de son adorable cul vers la surface et découvrais à l’accueil une scène inattendue : le rideau de séparation d’avec les loges était complètement ouvert et, se tenant sur la marche en surplomb, Thaïs, Diane et Gala alignées souriaient, comme posant pour un photographe. Un client plutôt âgé (dont j’apprendrai que le surnom « Monsieur Clito » devait à sa propension à observer de très près l’anatomie de ces demoiselles) se trouvait au côté de Cindy qui, fière d’exhiber ses jolies pouliches, pareille à une maquignonne lors de quelque comice agricole, vantait les mérites et charmes de chacune. La blonde et sagace Salomé présente à la régie l’observait, sourire admiratif en coin, en prenait de la graine… Le client apercevant Dolly demandait « et elle !? », mais je déboulais comme un diable, exerçant mon droit de préemption, proclamant « elle est déjà prise ! » et réglais immédiatement mon salon…

Nota : Ceci est une fiction dont le contenu ne doit qu’aux fantasmes de son auteur 😉

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On peut encore rêver… ;)

Ces derniers temps l’envie de contacts coquins n’était plus au rendez-vous. La luminosité hivernale augmentée de l’insidieuse sensation de revivre sans cesse la même journée (The Groundhog Day) avaient eu raison de mon inclination pour les jolies formes. Quand un groupe d’anciennes danseuses m’a tiré de ma léthargie pour me dire que les locaux du Show Girl n’avaient pas trouvé de locataire, qu’en désespoir de cause le nouveau propriétaire voulait bien louer la salle et que d’ailleurs elles allaient organiser un après-midi spécial…

… Je suis donc sorti de ma torpeur me frotter au ventre de Paris, passant par la rue Lescaut avec à main droite le Père Fouettard, à main gauche le Bon Pêcheur où j’avais souvent pécho, des Halles vides par temps de distanciation sociale, une Fontaine des Innocents figée dans son ennui, la rue de la Ferronnerie inquiétante depuis Ravaillac, cour des miracles aux arches et recoins garnis de SDF et de pigeons claudiquant.

Recouverte d’un bardage de contre-plaqué, la façade du 5 Rue des Halles était méconnaissable. Ne restait qu’une petite porte, celle avant utilisée pour les entrées sorties discrètes des danseuses, entrouverte durant leurs pauses clopes.

Après avoir frappé trois coup lents et deux coups rapides, code convenu, je me suis trouvé face à Cerise toute souriante. Elle s’occupait de la caisse et de la régie !  Cerise quelle surprise ! La même qu’il y a deux ans, manifestement heureuse de remonter sur les planches après un trop long séjour provincial.

En pénétrant dans la salle j’ai  entendu ce qu’on entend quand la chose n’est pas surjouée : de légers râles, un laisser-aller aux vocalises rauques, des halètements rythmés par le sac et le ressac du plaisir. Je me suis approché de l’attroupement cernant le banc de droite au bas de la scène. Cinq clients – que des visages connus 😉 – serraient de près et sans souci proxémique les jeunes Clara et Dita. Dita assise avait les cuisses relevées, ses mollets soutenues par des mains participatives. Les seins lourds sujets à la gravitation universelle écrasés sur son buste ambré. La tête en sueur était renversée, fiévreuse de plaisir. Clara face à elle, vêtue d’une ceinture gode poussait l’épais membre au plus profond, le retirait des entrailles, luisant de mouille. Elle m’a vu et fait signe d’approcher, de me mettre derrière elle bien collé, et moi voyant ses jolies fesses pleines aller et venir, se poser avec malice au haut de mon pantalon j’ai réalisé à quel point le présentiel était préférable au distanciel ! Excité par sa croupe ferme et entrainante, j’ai senti la sève printanière monter, ma vigueur s’amplifier par la transitivité érotique qui du même coup, me donnait l’impression de baiser la sublime Dita. Qui, si j’en crois les spasmes et feulements de bête blessée, connût un véritable orgasme. Je confesse m’être alors prestement écarté du vortex dans lequel m’aspirait les fesses de Clara, afin de ne pas piteusement gâcher – tel un junior – ce début d’après-midi prometteur. Le désir était enfin revenu, il importait maintenant de l’entretenir et le maximiser.

Puis la surprise de cet après-midi mémorable : une fille qui me rappelait l’ex « Mona » du Chochotte (2018) est apparue (J’apprendrai à la fin de son numéro qu’elle s’appelle Dolly). Elle semblait si jeune que j’ai ressenti une véritable gêne… Certes elle avait « tout d’une grande », de longs cheveux châtains tirant sur le roux, un petit corps parfaitement bien proportionné avec ce qu’il faut là où il faut, seins joliment formés, fesses charnues et rebondies, mais visage rond poupon, léger duvet blond surplombant son adorable delta, ceci et cela accentuant encore son aspect juvénile.  Dolly s’est assise sur le fauteuil rouge placé sur la scène et a pris deux livres pour nous en faire une lecture. D’abord Lolita « Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita… »  Je réalisais au fil de ses mots que cette putative adolescente épousait parfaitement par sa tenue et ses attitudes la description littéraire faite par Nabokov, celle du stéréotype de la nymphette pousse-au-crime. Elle poursuivait la lecture avec un deuxième livre – d’actualité passagère – « Le Consentement de Vanessa Springora » . Et nous ânonnait  un paragraphe sur le ton de l’ennui. Elle baillait, demandait provoc si nous aimions la littérature-thérapie, les plaintes tardives, jetait soudainement l’ouvrage toutes ailes déployées vers mon siège; qui tombait à mes pieds. Dolly ajoutait « la morale et les plaintes c’est pour les faibles, moi je veux m’amuser ! ». Son regard gris-bleu me fixait un moment, comme si elle prenait conscience que le type grisonnant et commun assis plus bas sur sa gauche, allait autant adorer ses caprices que les pores et follicules de son jeune corps pubère, qu’elle allait le rendre dingue, le posséder.

 Danser sur Lemon Incest aurait été banal s’il  ne s’était agit de Dolly. Elle se faisait tantôt aguicheuse, tendre et câline, puis diaboliquement impudique. Telle une « freaks » du cirque Barnum elle exécutait au plus près des fauves alanguis ses acrobaties. Face à moi, en une contorsion à exploser la colonne vertébrale d’un yogi, prenait la forme d’un « ç cédille » : appuyée au sol sur ses coudes, tête me regardant d’en bas, fesses écartées au dessus de la tête, elle se cambrait tant que ses cuisses se posaient sur les miennes.

Le magma de sa faille tectonique rougeoyait sous mon nez; j’aurais pu m’y consumer… La salle n’était pas en reste. Quand  elle a pris l’index et le majeur d’un cinquantenaire plutôt classe avec sa chemise blanche et sa barbe bien taillée, simulé sur ses deux doigts une fellation bien baveuse, le regardant complice, j’ai pensé que j’avais intérêt à me bouger si je ne voulais pas me faire coiffer au poteau… Dans un moment d’égarement je m’en suis fait tout un film .

Et puis plus tard Cerise… Oh mais quelle femme sublime !  La salle était alors pleine, beaucoup de ses chouchous venus rendre visite à l’ex star du Show-Girl, ravis de retrouver les numéros collectors, Variations sur Marylou où la belle jouait avec le zip de son short levis, dévoilait la blancheur de son corps absolument parfait, regard absent iris absinthe sous ses longs cheveux noirs. Telle une narcisse, elle exhibait la corolle de son calice, caressait les visages de ses seins lourds, lovait sa croupe sur chacun, généreuse et attentionnée mais artiste avant tout, jusqu’au bout des ongles coca collés dans son sexe corail…   

Plus tard, un solo technophile de Clara habillée conformément aux « codes » de chez Darty, veste rouge sur jupe moulante noire, badge bien visible à son nom. Elle jouait le rôle d’une stagiaire vente affectée au rayon « objets connectés ». Etait sensée en faire la promotion, doper les ventes.  Parmi ceux-ci une série de godes Bluetooth et autres compatibilités au distanciel. Un visiteur client complice posait des questions sur leur usage, Clara répondait parfaitement, vantant les qualités respectives de chaque objet,  leur USP (Unique Selling Point) – avantage comparatif. Elle avait parfaitement intégré la rhétorique commerciale de sa Business School (un Bac+4 option SG)  démontrant que dans la relation Client un bon argumentaire doit toujours s’accompagner d’une démonstration. Sous sa jupe moulante la petite vendeuse ne portait pas de culotte et pour « closer le deal » s’est plantée un œuf connecté dont la petite antenne érectile émergeait comme un clito. Elle nous a pris de surprise en lançant «  le premier qui télécharge l’app We-Connect et réussi à faire la synchro Bluetooth a gagné !!! ». Les smartphones ont jailli, et après une minute de flottement, un gars que Clara surnommait autrefois « Monsieur Pieds » parce qu’il adorait lui sucer les orteils, a lancé « connecté !!! J’ai gagné !!!».  Le type manifestement geek a commencé à jouer avec tous les réglages possibles… C’était tordant, parce Clara ne tenait plus en place (ce qui est déjà le cas au naturel). Elle passait d’un banc à l’autre en sautant comme un cabri, était parfois prise de convulsions ou gueulait des « Ohhh Putainnnn » de possédée… « Monsieur Pieds » dosait savamment ses effets, ménageait des pauses pour mieux faire monter la Belle dans les tours et, alors qu’elle était assise sur le dossier d’une banquette pour exhiber à hauteur de visage son minou farci, a fini par se produire l’accident…  Dans un paroxysme vibratoire, Clara a expulsé l’instrument confiné en elle mais pas que… Un puissant jet a du même coup copieusement douché le type en face. Clara ne savait plus où se mettre, s’excusait mi-confuse mi-surprise tandis que la salle riait de bon coeur. Le « douché » – surnom qui demeurera – disparaissait à sa suite pour se sécher « mais pas que »  me disait-on à la tour de contrôle…

J’avais promis que je relaterai mon salon… Alors voilà, ça s’est passé avec la jeune Dolly qui malgré mes réticences morales m’a complètement envouté durant les numéros suivants : l’un en jeune diva hollywoodienne sur Back Seat de Crystabell, l’autre où elle s’est faite experte en bondage japonais –  Shibari – se ficelant dans une esthétique si parfaite qu’un crudivore islamo-gauchiste saliverait à l’idée d’un filet mignon… Quand Dolly m’a chuchoté « ça te dirait qu’on fasse connaissance en salon ? » mes réserves n’ont pas tenu une seconde.

C’était un salon conforme aux spécificités du SG, c’est-à-dire « sans vitre de protection », et même sans protection du tout… Dolly était nue quand elle m’a invité à la rejoindre « côté danseuse ». Ses grands yeux aux pupilles très dilatées me fixaient tandis qu’elle défaisait ma chemise, la ceinture de mon pantalon, ma braguette; sans aucune hésitation. Elle m’a dit de m’allonger sur le banc, de me laisser faire. Sans déconner j’ai du mal à expliquer ce qui s’est vraiment passé ensuite… ses petites mains et sa grande bouche me semblaient partout,  une vraie sangsue vorace qui m’inquiétait parce qu’à certains moments je ne savais même plus où se trouvait ma bite… Le haut de ses cuisses et mes doigts étaient trempés. Quand elle s’est relevée j’ai entendu « Je vais m’asseoir sur la banquette et te caresser les testicules jusqu’à ce que tu jouisses sur mes seins»… J’ai halluciné en entendant ces mots d’une précision incongrue; me suis docilement exécuté : tandis que Dolly pétrissait la pâte à pain de sa main gauche, elle se fourrait frénétique trois doigts de la droite, balançait des cochonneries hors norme, m’insultait, jusqu’à ce que son visage déformé par un rictus de plaisir gueule le fatidique et autoritaire « Maintenant !!!» prélude au Big Bang et à ses voies lactées …   

Nota pour les âmes sensibles : ceci est une fiction.

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21 Mars 2022 – La Joie

En ce premier jour de printemps lumineux, tel un pensionnaire échappé de l’Ehpad hexagonal, je me faisais difficilement à ma nouvelle liberté. Les deux dernières « annus horribilis » avaient vu la majorité de la population française s’enfoncer dans une torpeur molle, causée par la claustration, la répétition des jours et les injonctions sanitaires relayées par les médias. Nous étions tous des convalescents.   

Les effets secondaires des virus mutants, en particulier ceux du Covid mongolien dit « d’Oulan-Bator » (ou Covid-OB) dominant à l’automne 2021 et, plus inattendus de certains vaccins, étaient nombreux : baisse spectaculaire du Quotient Intellectuel pour le Covid-OB – certaines mauvaises langues l’avaient même surnommé le « Convide » -, perte de libido significative pour les vaccinés – impuissance, anorgasmie, aspermie, et j’en passe…  Curieusement ces « complications » s’accompagnaient d’effets de bord étonnants, vécus positivements, une euphorie tranquille, le souci de l’autre, l’équanimité exemplaire du moine bouddhiste, la sérénité du chapon avant la Noelle…

J’avais, si j’en crois mes érections répétées et ma frénésie d’action en présence d’asiatiques disposées en levrette, échappé aux lénifiants effets des mutants. Je ne m’étais pas non plus fait vacciner, considérant qu’il était probable que du fait de mes frictions avec des populations à risque, j’avais déjà frayé avec le virus et  ses déclinaisons.

Après une très longue absence, je poussais avec appréhension la petite porte battante de l’entrée du théâtre et apercevais Cindy à la caisse. La même, joviale et de rouge vêtue, décolleté généreux et profond. Salomé était là. A ma grande surprise, elle se levait pour passer derrière le comptoir et me faire un « hug » (cette pratique des jeunes qui consiste à serrer l’autre dans les bras comme s’ils se retrouvaient après avoir échappé aux camps de la mort) en me demandant si j’avais apporté du champagne. Je lui promettais de vite remédier à ma fâcheuse défaillance.

Cachée derrière le rideau, Thaïs bondissait à demi nue telle une diablesse. Elle insistait pour que je reste l’après-midi voir ses nouveaux numéros. Il y aurait des surprises ! Quelque chose avait manifestement changé… Déjà, elle m’adressait la parole, ce qui était pour le moins inhabituel. Le regard était très ouvert et sans calcul, et du ton de sa voix émanait une fraîcheur nouvelle, une gentillesse sans artifice. Je songeais à l’état de béatitude des millions de personnes frappées par le Covid-OB et qui semblaient en une sorte de rémission-rédemption connaitre la « grâce » évangélique. Elle me faisait la bise avec entrain sans même vérifier mon carnet de vaccination.   

Une lumière rouge embrasait la crypte. Dans l’âtre j’apercevais les longues boucles blondes puis l’inconcevable cambrure de Nyx – déesse des nuits sépulcrales. Elle dansait sur La Vérité du groupe Vive La Fête. Assis, sa croupe chaude venait se poser sur moi. Elle souriait en fredonnant les paroles « Tu es comme moi, comme moi…».  J’aurais aimé la saisir, vérifier le parfait rapport taille-hanche, toucher du doigt le nombre d’or. Mais je n’ai pas osé…

Dans les rangs nous étions sept. Des visages connus enfin débarrassés de ces infects masques, muselières des expressions de nos sentiments.   Apprécier les sourires complices, quel bonheur !

Je profitais du répit entre deux numéros pour observer l’âne agenouillé et son or immuable, l’essaim de papillons courant sur les pierres du mur vouté, les voilages et tentures orientalistes. Dans ce petit musée, seule la gargouille verte de la niche du mur de droite ne tirait plus la langue :  on lui avait malicieusement placé un masque chirurgical, comme pour conjurer le mauvais sort.

Je retrouvais avec plaisir Morgane. A ma grande surprise le registre de chaudasse délurée et enjouée dans lequel elle excellait s’était mué en celui d’amoureuse transie. Sa danse sur « Mais je t’aime » de Grand Corps Malade avait des accents de vérité, du vécu. Elle était infiniment touchante en femme blessée, désespérée sur  « Ne me quitte pas » de Brel. Elle a malgré tout fini nue, lovant ses fesses charnues sur le chaud de nos cuisses et m’a filé la nostalgie de la période Show Girl façon Justin Bridoux. Un an déjà…

Ensuite un moment esthétique et reposant, en présence du magnifique corps ambré de Cersei. Je dis « corps » car pour l’instant j’ai du mal à voir ce qui anime cette parfaite surface au sourire retenu. Le contenu de ses numéros était circonscrit à d’agréables ondulations (comme par exemple sur la musique Panda Dub de Shankara) incitant à la méditation.

Il faut dire ma suprise quand Thaïs sur « On ira tous au paradis«  est apparue vêtue d’une aube blanche et virginale de communiante avec un crucifix autour du cou ! L’ex princesse Sybarite tenait une corbeille en osier et jetait des pétales de fleurs dans la salle. Elle semblait en pleine overdose d’eau bénite quand pareille à la mystique Amma elle a étreint chaque spectateur comme pour lui donner la bénédiction. Sur « L’autre Paradis«  du chanteur M, elle a dévoilé son corps, parfait jusqu’aux pétales de rose. En observant son visage rayonnant, yeux grands ouverts et sans clignements, pupilles noires très dilatées, j’ai éprouvé la même angoisse qu’en voyant Jack Nickolson à la fin du film « Vol au dessus d’un nid de coucou ». Et songé « Merde mais qu’est ce qu’ils lui ont fait !!! »…

Plusieurs danseuses ont ensuite défilé, mais j’avais la tête ailleurs, profondément troublé par la transformation de Thaïs. J’attendais avec anxiété son retour, voulais en avoir le coeur net.

Je n’avais jamais vu le numéro du « psy » dont les éloges avaient été faits moultes fois sur Doctissimo. Si j’en crois les témoignages de cette saynète culte, une voix enregistrée – celle du psy – posait des questions à Thaïs la patiente qui répondait. Là, c’était pareil sauf que la voix enregistrée était celle d’une journaliste, une femme qui interviewait notre ex-star, lui posait des questions sur son métier, le pourquoi de l’érotisme, le théâtre. Thaïs était vêtue de façon très sexy, décolleté aguicheur, mais aussi elle portait une oreillette mise en évidence par ses cheveux tirés en arrière. Elle répondait aux questions avec prudence, sous une dictée manifeste, avec un phrasé digne de chapitres Wikipédia appris par coeur. Mais elle commettait parfois, tel les enfants jouant au « téléphone arabe » des erreurs de langage, des méprises comiques ou à double sens, vite corrigées par une voix que l’on imaginait derrière son oreillette furibonde. C’était extrêmement habile, subtil, ce « numéro » me semait le doute sur le véritable état mental de Thaïs. Elle continuait par une démonstration « live » de son savoir-faire en matière de séduction, dévoilait ses charmes et façons. Mais encore elle semblait sous « contrôle », comme mue par une télécommande : les transitions entre ses postures, contacts, et même ses expressions faciales étaient abruptes. A la fin de ce numéro bizarre j’ai cru qu’elle m’adressait un sourire, mais c’était si furtif que rien ne m’était sûr.

N’y tenant plus, je me décidais à faire, enfin, un salon …

Suite  – en travaux – 😉

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2030 : Théâtre et Diversités Minoritaires

Mademoiselle était souvent en avance sur son temps.  Comme en 2010 quand elle avait recruté Leiko, une danseuse japonaise belle et mystérieuse, suscitant force commentaires élogieux dans un premier temps. Jusqu’à ce qu’un client plus observateur que les autres débusque en la personne de Leiko une transsexuelle et la balance indélicatement sur le forum Doctissimo. Elle était si bien opérée que tous n’y avaient vu que du feu. A la suite de cette découverte et des protestations offusquées qui s’en étaient suivies, la malheureuse Leiko avait été écartée. Retour vers le soleil Levant.

En 2030, soit vingt plus tard, l’époque donnait raison à la diversité d’avant-garde prônée par Mademoiselle. Cette diversité était même devenue obligatoire pour prétendre au label « Ethique & Minorités » ainsi qu’aux subsides afférents, distribués par le ministère de la Culture et des Solidarités du gouvernement Hidalgo.

Les directives exigeaient de tout établissement culturel, une diversité représentative des minorités. Et elles étaient nombreuses :  sexuelles et de genre dont les LGBTQQIP2SA+ – Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans:sexuels–genre, Queers, En Questionnement, Intersexes, Bispirituels, Androgynes, Asexuels, + toutes les autres – ,  minorités ethniques (étaient particulièrement appréciées celles qui étaient opprimées), religieuses, linguistiques, handicapées, et toutes celles ne se reconnaissant pas dans les précédentes énoncées et dont les demandes d’homologation étaient en cours de traitement par le Bureau du Care et des Commémorations, les agoraphobes Houtistes et les Rohingyas souffrant d’amyotrophie spinale par exemple. Il était évidemment impossible de satisfaire équitablement ce monde fragmentaire en matière d’emploi et l’Etat avait donc mis en place, afin de qualifier toute embauche, un système incitatif de scoring favorisant « l’intersectionnalité », c’est-à-dire le cumul en une seule personne – danseu.r.se – de plusieurs caractéristiques minoritaires ou victimaires.

C’est ainsi que la blonde et très futée Salomé se félicitait d’avoir incrémenté le scoring éthique du Théâtre de cinq points en recrutant Fatou, une lesbienne musulmane originaire du Bénin – donc descendante d’ancêtres colonisés – et bègue de surcroît.  Cindy n’était pas peu fière du recrutement de Malena, amérindienne Guarani transexuelle non opérée dont le sexe au repos à peine  plus gros qu’un épais clitoris s’érigeait durablement en scène. Le pompon revenait à Mademoiselle qui avait su dénicher Yememouchal (signifiant « on te désire ») magnifique juive éthiopienne Falacha à la peau lisse et luisante comme l’ébène, militante bisexuelle crudivore connue pour ses vidéos relatives à la défense du quokka – un charmant petit marsupial australien en voie de disparition. Les autres danseuses étaient dotées de pédigrés tout aussi exceptionnels et afin que la question de la parité ne se pose pas trop , Kevin caucasien body-buildé blond et gay, en questionnement, et Marwen Philippin maniéré et Queers d’ascendance aborigène complétaient la joyeuse troupe.

Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre après cinq années de gouvernement Le Pen (2022-2027), l’activité du Théâtre – faite de spectacles artistiques visant à stimuler le désir sexuel – était encouragée par le ministère de la Culture, d’autant que, et c’était une véritable surprise, la  dépense organique en salon, la masturbation, était dorénavant érigée en « geste » citoyen, de salut public, car apaisant violence et frustrations, et surtout était détournée de toute visée reproductrice. Le comité Futurs & Soutenabilité du Groupe EELV&LVDPCB (Europe Ecologie les Verts et les Victimes Du Patriarcat Capitaliste Blanc) cheville ouvrière de l’élection d’Anne Hidalgo soulignait que chaque naissance supplémentaire équivalait à un équivalent de 58,6 tonnes de gaz à effet de serre par an soit de loin la plus grosse pollution possible et imaginable. Une non naissance représentait donc l’économie de ces mêmes tonnes multipliée par l’espérance de vie à la naissance d’un nourisson prédateur, c’est-à-dire beaucoup, beaucoup plus que des dizaines de milliers de voyages en avion aux Maldives, de kérosène brulé par des vacuités en surpoids, avides de selfies dans des paysages bleus et lisses, de buffets de salade au thon et de noix de coco. 

Salomé avait manifestement suivi une formation juridique et éthique pour accomplir au mieux sa mission de surveillance, et en plus de son titre de « Directrice Artistique » s’était adjoint celui d’« Ethical Advisor ». Très attachée à la décoration, elle avait fait repeindre les fresques murales de la cave – façon Jérôme Bosch – les femmes damnées étaient maintenant passées au cieux – Santa Subita – remplacées aux Enfers par des hommes blancs caucasiens suppliciés par une diversité bigarrée. Elle veillait scrupuleusement à ce que chaque spectacle, discours, objet, accessoire utilisé au Théâtre soit conforme aux normes et attentes gouvernementales.

C’était amusant de voir Salomé descendre en salle avant certains numéros dont la réception aurait pu faire polémique. D’une voix théâtrale, elle surmontait sa timidité naturelle pour lire un court texte, une mise en garde contre toute mésinterprétation. Il était ainsi expliqué que le duo « La Bonne et la Maitresse »  avait lieu dans le contexte bourgeois de la fin du XIXème siècle, moment où l’oppression de classe était particulièrement vive. Elle notait cependant que le fait que deux femmes avant l’heure se livrent à des amours saphiques était une indication de l’esprit progressiste et féministe du scénario, d’autant que Louisette la Bonne (jouée cette fois ci par Marwen le Philippin) retournait la situation à son profit et que même si la Maitresse (Yememouchal) correspondait à un stéréotype dominant (car juive même si noire), cette dernière se retrouvait soumise par son état amoureux, leur relation se terminant dans une complicité charnelle équilibrée, très respectueuse des particularités de chacun.e.s.

Le moment le plus cocasse avait été quand la jolie Salomé, épais godemichet en main, avait expliqué en introduction à la prochaine scène – « le Petit Chaperon Rouge, sa baguette et son petit pot de beurre » – jouée par Malena, que le produit et son lubrifiant (le petit pot de beurre) étaient conformes à la législation européenne en vigueur, sans colorant, et que la prothèse utilisée était produite par une coopérative sise à Guéméné-sur-Scorff en Bretagne,  soucieuse du reclassement et du bien-être de ses associés.

Je goûtais moyennement les intromissions profondes de Marwen, ses oeillades et ses couilles pendantes, mais fort heureusement la majorité des spectacles étaient de bonne facture, excitants par leur caractère « décalé ». Quelque soit leur « genre », certaines danseuses au substrat féminin intact étaient de pures merveilles.

C’est ainsi que malgré mon peu d’intérêt pour la branlette, je prenais un salon avec Marika, une japonaise qui me semblait étonnamment « anormale » pour le lieu dans la mesure où je ne décelais pas « d’anormalité » apparente ou appartenance à une quelconque minorité. Elle était obéissante et raffinée comme une geisha, répondait à chacune de mes demandes par un suave et docile « Oui Monsieur », puis s’exécutait. Alors qu’elle me tournait le dos à quatre pattes en doigtant sa croupe relevée, je lui demandais impromptu comment elle était arrivée ici. Sans interrompre son travail de lustration elle me disait appartenir à la minorité Aïnous du Japon et qu’elle était de plus ADHI (Adulte porteur d’un Diagnostic de Handicap Intellectuel). Mais par chance ça ne se voyait pas en France parmi les jeunes « autochtones », eux-mêmes sujets à de multiples troubles psychiatriques, déficits de l’attention et carences intellectuelles (Rappel : en 2020 la France avait été classée dernière aux tests PISA parmi les pays de l’OCDE). Cette jeune femme soumise et exempte de toute capacité calculatoire, avait tout pour m’exciter et je terminais le salon inhabituellement, dans un geyser amorti par la douceur cotonneuse de trois couches de sopalin.  

C’est ainsi que le Théâtre après des années incertaines, obtenait une multitude de labels qualités et éthiques, devenait même pour le ministère de la Cul-ture un modèle d’entreprise d’utilité publique.    

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Uchronie en Covidie

A l’heure des Fake News et de la valorisation de Fictions dans le monde du Design – « design fictions » outils pour envisager des avenirs possibles – le genre littéraire de l’Uchronie m’apparait tout aussi intéressant. L’uchronie a pour principe la réécriture de l’Histoire à partir de la modification du passé. Le mot désigne un « non-temps », temps qui n’existe pas mais qui aurait pu être. Un exemple magistral en est « Le Maitre du Haut Château » dans lequel Philip K. Dick imagine un monde alternatif dans lequel l’Allemagne nazie, l’empire du Japon et l’Italie fasciste ont remporté la deuxième guerre mondiale.

De mon côté et plus simplement j’imagine ci-dessous ce qu’aurait pu être le réveillon festif 2021 au Show Girls si Cindy n’avait dû fermer et la 2ème vague covidienne nous empêcher.

Quand je suis arrivé 5 rue des Halles vers dix-sept heures l’ambiance était déjà euphorique dans la petite pièce de la régie où Cindy toute en rouge, bonnet de mère Noel, décolleté généreux, discutait avec Blanche et Berverly à moitié dénudées. Elles dégustaient des chocolats et buvaient déjà du champagne. Elles m’ont fait venir dans la loge pour me servir une coupe, ravies que je dépose aussi ma contribution – deux bouteilles de Lanson millésimé – pour plus tard.

De là nous entendions les hurlements de Clara, ce mélange inimitable de plaisir réel et de comédie porno, ainsi que les injonctions de sa Maitresse Jun « Tu vas gicler petite salope ? ».  Je déclarais à Cindy qu’il me semblait que ses employées jouissaient en douce sur le lieu de travail et Billie ajoutait sérieusement « Heureusement qu’il y a le théâtre pour ça parce que nos mecs sont nuls ». Elle avait manifestement, une fois de plus rompu avec une brute épaisse et ajoutait navrée en se re servant un verre « C’était un connard, en plus il était nul au lit »…

Dita arrivait par la petite porte de service donnant sur la rue, sous son manteau elle était vêtue d’un sweet gris informe à capuche et se débarassait rapidement de ce sac en nous dévoilant, en plus de son visage de princesse de dessin animé, les deux magnifiques obus qui faisaient sa réputation.

Quand Clara est entré dans la petite pièce après son numéro elle m’a (trop) rapidement salué et a été chercher le seau et la serpillère pour nettoyer son n-ième méfait. Contrariée elle a précisé : « j’en ai marre de passer avec Jun j’ai déjà jouis deux fois cet aprèm ! Je ne sais pas si je pourrais encore ce soir ».

Une bonne douzaine de clients se trouvait dans la salle, et heureusement, mon siège, celui en travers sur le côté droit de la scène, était libre.  Berverly est venue danser sur Andromeda de Gorillaz https://www.youtube.com/watch?v=tW3J9XnBbqk , ses ondulations, son sourire naturel et son corps faisaient le spectacle. Sans chichi elle se blottissait sur chacun et, comme un gros chat câlin se frottait, disposée aux caresses. Ses pupilles étaient dilatées par le champagne.

On aurait dit que les seins compressés de Dita – huitième merveille du monde – allaient faire exploser son body noir transparent. Comme d’hab elle dansait avec le regard « ailleurs »  sur Despacito https://www.youtube.com/watch?v=kJQP7kiw5Fk. Mais sur nos genoux son sourire et ses attentions étaient sincères. Elle prêtait complaisamment la surface de sa peau ambrée aux mains incrédules, s’enquérant telle une mère méditéranéenne et bienveillante de notre forme. Puis postée devant moi les jambes légèrement écartées elle me montrait fièrement son minou, lâchant « regarde j’ai laissé pousser mon sapin de Noel comme tu aimes, avec les épines » et a rigolé.  

Ensuite Jun Clara et Blanche en saris d’indiennes, multicolores, colliers et piécettes sonores  brodées sur leurs vêtements, bijoux rouges (vert pour Clara) au milieu du front sur leur troisième œil entre les sourcils – Ajna Chakra – ont dansé  sur Karma Mix d’Indochinehttps://www.youtube.com/watch?v=yufJrtEyL5I. C’était génial ! Jun était dans son élément, le déhanché de Clara convaincant, Blanche tout sourire et grandes dents dehors ravie !  Ses grands yeux bleus m’ont fixé de loin, un petit clin d’œil pour me dire « Alors tu kiffes ? ». Puis débarrassées de leurs vêtement elles nous ont prodigué un feu d’artifice digne de Diwali – la fête de la lumière -. Il y avait quelque chose d’absolument décalé, d’improbable, à voir Jun danser nue entre deux jeunes hommes collés à elle, l’un à son ventre l’autre à ses fesses, dans des mouvements de coït ils semblaient la prendre en sandwich. Plus loin Clara souriante, assise sur le haut dossier d’un siège cuisses ouvertes, était palpée par une dizaine de mains, la sienne fouillant ses lèvres luisantes, tandis qu’un fétichiste des pieds lui suçait – comme dans l’assiette « La tentation de Saint Antoine »  du Pied de Cochon aux Halles, ses petits osselets, ronds et délicats orteils. Repensant à une scène du film From Dusk Till Dawn | ‘The Art of Seduction’ (HD) – George Clooney,… j’ai pris une coupe de champagne pour la faire dégouliner le long du genou, vers le pied de Clara en bouche du bienheureux ! Cependant Blanche câlinait des clients avec ses gros airbags, roulait même un patin à un vieil et sympathique amateur de salade de museau😉 .  Tout se passait simplement et « à la bonne franquette« .

Les visiteurs avaient apporté des bouteilles, je n’ai pas compté, mais sur la fin la loge était jonchée de cadavres de Deutz, Nicolas Feuillate, Lanson, Laurent Perrier etc. Ce qui est certain c’est qu’il y avait au moins une bouteille par personne et qu’après plusieurs verres nous étions dans un état second, moi bien trop désinhibé lorsque Blanche debout cambrée, jambes écartés et seins écrasés contre le mur rouge m’a invité à venir contre elle, me tendant ses belles fesses. Je l’ai attrapé par les cheveux et dans un simulâcre de copulatoire, empêché par la toile tendue de mon pantalon, ai failli faire sauter le bouchon de mon désir, surtout quand j’ai entendu la voix haletante et un peu rauque souffler «  défonce moi !« .

Comme toutes les fêtes sont dorénavant commerciales et doivent comme nous se chevaucher nous avons eu une part de galette des rois. Et le sort à bien fait les choses : c’était Caroline qui a été notre reine du Nouvel An !  Caroline, faut-il le rappeler, grande blonde bien charpentée, hyper sympa et généreuse qui travaille en parallèle en première ligne dans un hôpital parisien et avait contracté la Covid-19. L’une de nos héroïnes de l’année 2020 ! En forme heureusement… Elle nous a fait un numéro d’infirmière sexy sur Caroline de MC Solaar https://www.youtube.com/watch?v=o3MwmJ7eJzg&t=38s si convaincant que quelques uns ont été en salon faire leur vaccination contre la distanciation sociale, accompagnée de prélèvement ADN pour preuve du succès de l’opération !

Et grosse surprise me concernant : Nikita qui m’avait fait pêter un fusible fin 2019… Je ne l’avais pas vu depuis. Elle avait sa coiffure en oreille de Mickey, le visage de mauvaise garçonne piqué par l’acné, le même regard noir et corps de ouf. Elle m’a harponné direct sur Out of Control – She wants Revenge – https://www.youtube.com/watch?v=P1uHjUr0lXA .

I watched her feet move
Her hips they sway
Does a hair flip
Then starts to say
Oh, my god, it’s my favorite song
I pull her close and she sings along

We can’t slow down even if we tried

Nikita ses courbes et sa « façon » de professionnelle, ses poses et moues d’aventurière du cul ayant écumé les clubs de strips d’Australie après un Bac+5 . Ce sont des filles déjantées comme elle que je cherche, des chattes de goutière et des cerveaux fêlés qui laissent passer la lumière.  Ça c’est terminé en salon…

Ou plutôt ça a commencé en salon parce qu’après je n’étais pas du tout calmé, complètement Mad Dog, clébard en rut quant à minuit on a tous dansé collé-serré contre nos petites chéries champagnisées, avec Cindy Mère Noel aux anges, ravie du plaisir de ses clients, certains amis fidèles depuis plus de vingt ans, ravie aussi de l’état de sa caisse car Cindy est la meilleure commerçante des Halles que je connaisse, je n’oublierai jamais le jour où fièrement dans la loge elle m’a dit en rigolant « j’ai un arrivage ! » tentant de deviner celle qui parmi les nouvelles me plairait le plus ! 😊 

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Soirée de la Crypte – Un an déjà !

Il y a environ un an, le 30 janvier, Cindy et une petite équipe de danseuses du Show Girl emmenées par Jun organisaient la « Soirée de la Crypte » dans la grande cave voutée du restaurant Flam’s  Rue des Lombards, à une centaine de mètres du SG 5 rue des Halles. Cela faisait quelques mois qu’une épée de Damoclès menaçait le Show-Girl, un nouveau propriétaire désireux de conférer un usage plus respectable aux locaux, des mises en demeure de quitter les lieux, Cindy n’en faisait plus mystère et chaque jour gagné était une bénédiction pour les addicts qui sentaient la fin proche. Organiser une belle soirée « privée » en ce début d’année 2020 était  un « test » pour voir si l’organisation d’événements festifs et érotiques était chose viable sur le long terme (mais la complexité et le nombre d’autorisations nécessaires pour pérenniser la chose ont montré que non et douchés les vélléités), plus inconsciemment peut-être, était-ce une façon de « finir en beauté », dans la splendeur d’un feu d’artifesses au Flam’s. durant un mois nous avons projeté cette soirée, fait sa « promotion », distribué des flyers sur site ;), moi faisant la pub sur Doctissimo.

Afin de minimiser les problèmes administratifs et logistiques, la soirée de la Crypte s’est tenue en même temps que l’ouverture « régulière » du théâtre, le ticket habituel donnant l’accès aux deux lieux – Flams et SG -, chacun animé par une équipe de filles extrêmement motivées (presque toutes les danseuses de l’époque, une quinzaine étaient présentes ce soir). C’était comme leur fête, certaines d’ailleurs avaient fait venir copains et copines !  

Dans les semaines précédant la soirée, Jun s’est dépensée sans compter pour organiser les répétitions. Tous les numéros, solos, duos, étaient nouveaux. Les danseuses les plus assidues de la troupe, Billie, Clara, Blanche et Jun ont concocté des « spectacles de qualité », faisant sans le savoir « du Chochotte » ;). Vu la configuration de la salle, grande d’une soixantaine de mètre carrés avec chaises en périphérie sur deux rangs, nombre très important de clients – près de 80 répartis dans les deux lieux – il n’y avait pas le choix, les lap-dance et frottis-frottas en salle et en salon (il n’y a pas que le champagne qui a abondamment moussé ce soir là) étaient quant à eux réservés à l’enceinte historique du théâtre des Halles.

Le Menu concocté pour cette fabuleuse soirée était (on sent que Jun a fréquenté des écoles de cuisine 😉 ) :

J’étais là pour l’ouverture un peu cafouilleuse; dans une précipitation folklo Cindy et l’équipe semblaient dépassées par l’événement tandis que les premiers arrivés faisaient déjà la queue. En trois quart d’heures heureusement la soirée prenait sa vitesse de croisière et j’ai pu assister aux débuts spectaculaires : un solo de la délicate et sensuelle Billie, le trio entre Jun, Blanche et Clara, une séance de combat qui a vraiment failli mal tourner entre Tina et Ruby violente (en plus pro du Kravmaga) car alcoolisée, une danse africaine « du ventilateur » de Léonie qui a ravivée mes moites et délicieux souvenirs de Saly – au Sénégal – et mon goût immodéré pour l’agitation des jolies croupes noires africaines, the heart of darkness… La sono, excellente était tenue par une petite troupe de d’jeuns DJs, « amis » des danseuses, le micro l’était par un animateur vêtu d’un tutu rouge transexuel jouant de sa langue bien pendue un parfait rôle de Maître de Cérémonie.

Mais je dois confesser que malgré l’excellence des spectacles – bravo aux danseuses pour cette soirée inoubliable et surtout à la cheffe Jun 😉 – je n’ai pu que peu assister aux numéros. Il y avait beaucoup trop de monde pour moi qui suis (réellement !) claustrophobe. Je ne pouvais tenir en place dans cette densité d’enfer surchauffée et devais m’éclipser vers la surface terrestre, son bar et ses mousses rafraichissantes entre chaque apnée.  

C’est là que je rencontrais (enfin !) nombre d’habitués et de lecteurs du forum Doctissimo que je ne connaissais point et que je resalue ici. Nous étions heureux de nous rencontrer, de recoller visages et pseudos, certains déclaraient me lire depuis des années, avoir même connu les théâtres Chochotte et Show Girl par leurs lectures forumesques et, durant ces quelques heures au bar du rez-de-chaussée et sur la terrasse chauffée du Flam’s chacun y est allé de ses souvenirs, anecdotes croustillantes, la parole et les rires facilités par l’alcool et notre goût immodéré pour les fonds et surfaces des danseuses. Ces confessions  nous rassemblaient en une joyeuse fraternité, et c’est cela que je retiendrai avant tout de cette soirée, la franche camaraderie, l’amitié qui demeure encore avec certains…

Que j’encourage ici … dans la zone commentaire plus bas, à faire part de leurs souvenirs.

Merci et bonne année 2021 les ami.e.s !!! En espérant vous revoir tous très vite !   

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De la Transgression

Qu’est-ce que transgresser aujourd’hui ?  L’étymologie du terme « transgression » évoque le passage d’une limite, un franchissement. Mais où se situe cette limite ? L’éthique, ses attendus, repose sur un consensus moral au sein d’un groupe social en un lieu et en un temps donné. Une partie est constituée de lois écrites, l’autre de règles et d’attendus comportementaux tacites.

L’histoire et le recul nous apprennent que les limites morales et réglementaires peuvent se distendre ou se resserrer avec le temps.

Se distendre : Une plaque commémorative nous le montre rue Montorgueil. En 1750 Jean Diot et Bruno Lenoir furent condamnés au bucher pour avoir commis le crime de sodomie. Brulés en place publique il y a quelques générations. Aujourd’hui le mariage homosexuel est entré dans la norme en France et même si quelques réacs y trouvent à redire il est légal.

Se resserrer : Ce n’est que récemment que la pédophilie a été  criminalisée. Vers 1968 encore, le vocabulaire des cours de récréation en attestait. « Espèce de pédé », signifiait autant l’homosexuel que le pédéraste. Nombre d’hommes politiques ou écrivains ayant eu l’imprudence de relater faits et gestes à cette époque – même sous l’angle romanesque – ont eu droit à des procès tardifs en populace  :  Daniel Cohn-Bendit, Frédéric Mitterrand ; récemment Gabriel Matzneff qui n’a jamais fait mystère de son goût pour la jeunesse. L’enfance est devenue sacrée, sanctuarisée. Reste maintenant à traduire, post-mortem, en justice nos horribles philosophes grecs et à déboulonner leurs statues.  

La sexualité  – l’accès au corps nu féminin  – qui, lorsque j’étais enfant, avait encore ses odeurs de souffre et d’interdit a suivi le mouvement de libéralisation de la société. Les premiers sex-shops, peep-show et théâtres érotiques ont ouvert leurs portes vers 1974. Dans la vingtaine d’années suivante le désir était  entretenu par la difficulté d’accès. La rareté de l’offre se monnayait bien, les rombières de la Rue Saint-Denis pouvaient fièrement exposer leurs marchandises, soulager les pignons de la rue. Vers 94, le libéralisme des mœurs accélérant autant que l’économique et ses vitrines – dont internet –  l’offre est devenue pléthorique : milliards de vidéos X en lignes, auto-entrepreneuses pixellisées louant les mérites de leurs corps, saunas et club échangistes, de strip, sites de rencontres adultes etc.   L’accès au corps féminin et son « usage » se sont banalisés, la valeur marchande des fesses et des seins s’est écroulée malgré les quelques interdits – lois tièdes et faux-cul relatives à la prostitution. Tout ce commerce ne relève plus d’une quelconque transgression mais d’une consommation de masse et populaire (on peut aussi avancer que le plaisir consummériste de masse a eu raison du désir; ceux qui comme moi ont connu les délices de la distance et de l’attente, les périodes de disette, comprendront de quoi je parle).

La sexualité s’étant banalisée dans toutes ses combinatoires et déclinaisons possibles qu’est ce qui aujourd’hui – en 2021 – peut bien relèver d’une transgression, enfreindrait la loi morale en matière de sexualité ? Hormis la promiscuité avec l’enfance ou les animaux je ne vois pas.

Alors, où trouver de l’interdit, de l’outrage ?

Il suffit de regarder en direction de ce qui a pu susciter l’opprobre récemment. Durant les deux dernières années, l’hypersensibilité des « minorités » vis-à-vis de leurs causes, fondamentales pour leur identité, a changé la donne du discours ou du spectacle admissible. Les nombreuses accusations de racisme, de sexisme, d’appropriation culturelle etc. , de violence verbale, réclamations de « safe space » – c’est à dire de zones où l’on ne se sent pas agressé en tant que LGBTQIAPK+, handicapé, noir descendant d’esclave, ancien colonisé, nain etc. (la liste est sans fin) – créent les conditions de la censure et de l’autocensure. Les artistes s’en inquiètent : Philippe Roth avait été prémonitoire dans « La tâche », Brett Eston Ellis dit sa difficulté à écrire dans « White », JK Rowlings suscite l’indignation des transgenres en disant que seules les femmes ont leurs règles ! Afin d’éviter tout risque, le langage est euphémisé pour ne pas choquer, on hésite – même en famille – à dire les mots « juif » ou « noir » (je me suis fait engueuler par ma fille pour avoir dit « black »), des livres sont débaptisés (Agatha Christie doit se retourner dans sa tombe, Aimé Césaire et sa fière « négritude » aussi), une jaquette posée sur les ouvrages indélicats explique le contexte aux malcomprenants. La liberté d’expression – condition même de la démocratie – fait partie des dommages collatéraux, l’autodafé n’est plus très loin.

Dans le cadre de nos théâtres érotiques et de leurs spectacles d’où pourrait bien venir la  transgression ? Pas de l’exposition du corps ou du simulacre sexuel nous l’avons vu. Du côté du spectacle et de son propos certainement : les interdit fondamentaux demeurent : inceste, mineur de moins de quinze ans, viol et meurtre (je me souviens du numéro de Jack L’éventreur au Chochotte avec Daniela – une surprise très inconfortable ). Se joignent donc dorénavant aux possibilités classiques de transgression les spectacles heurtant les minorités : Lorsqu’en début 2020 – côté ShowGirl – quelques filles ont organisé la soirée de la Crypte, deux scénarii ont été rejetés par l’autocensure du groupe : l’un qui abordait la religion trop frontalement – on peut être danseuse et bigote outragée – l’autre, plus intéressant où lors d’une saynète coloniale il était question que des esclaves encagées soient noires.  Nous en avions deux sublimes au théâtre et je suis certain qu’elles auraient été ravies de tenir ce rôle. Mais non c’était vraiment « trop chaud » vis-à-vis du moment même si chacun savait qu’il ne s’agissait que d’un jeu.

Personne n’osera aujourd’hui mettre en scène une danseuse vêtue d’un niqab qui, bure relevée, serait prise en levrette par une consœur membrée d’une ceinture gode. On préférera se rabattre sur une religion plus tempérée, troquer le foulard pour la cornette, éviter les sujets qui fâchent. Le langage me semble particulièrement porteur de promesses transgressives, non pas ce dirty talking éculé et cheap des cam girls, mais plutôt un « outrageous talking » qui violerait le respect dû aux minorités. Bien qu’en France le droit d’offenser soit légal (à condition qu’il n’incite pas à la haine ou soit de nature révisionniste), les paroles sont vécues comme une véritable violence, semblable à celle qui heurterait les corps. Bien sûr, selon qu’on s’appelle Dieudonné ou Jonathan Littel la réception n’est pas la même et il faut faire attention.

Je regrette amèrement la liberté de création des années 70-80 quand tout jeune, à 10 ans, j’achetais librement le journal Hara-Kiri pour le cadeau d’anniversaire de mon Grand-Père, visionnait à 18 ans sidéré les 120 journées de Sodome de Pasolini, « La Bête » de Borowczyk où un être mi-humain mi animal – muni d’une bite de cheval – emboutissait une jeune comtesse. Les dessinateurs de Métal Hurlant que rien n’arrêtait, Liberatore, Corben, Pichard etc., Coluche et Desproges à la radio, leurs blagues qui ne passeraient certainement plus aujourd’hui.

Je bénis cette époque qui m’a tant fait rire et bander.

Et j’attends avec impatience le spectacle – peut-être Jun au Sweet Paradise car créative et libre – qui me surprendrait au point de penser enthousiasmé « Oh Non ! Elle n’a quand même pas osé faire ça ! ».

En tout cas ce moment de bravoure aura les honneurs qu’il mérite sur mon Blog !

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Mes souhaits pour 2021

2020 restera dans beaucoup d’esprits comme « l’année merdique » par excellence : Confinement-déconfinement-reconfinement nous ont laissé déconfit. La non-essentialité décrétée par le gouvernement nous a privé de ce qui illumine agréablement nos jours : repas et cafés au restau avec des amis, accolades et embrassades, sorties au ciné, escapades dans nos théâtres préférés…

En empêchant nos plaisirs de façon brutale, la gestion de cette crise à engendré des crises bien plus sournoises : disparition de l’un de nos théâtres essentiels – le Show Girl -, mise en difficulté des autres, précarisation du monde du spectacle dont de nombreuses danseuses qui ne peuvent compter sur le soutien d’une famille ou d’amis.  Une « annus horribilis » qu’on souhaite vite laisser derrière nous.

Malgré les bouffées de contagiosité du virus, nous espérons que le pire est passé et que dès janvier 2021, les Chochotte et Sweet Paradise pourront réouvrir.

Et on peut déjà rêver.

Je souhaite avant tout que ces deux lieux soient très conviviaux. Avec la distanciation sociale, les masques et la médiation généralisée des écrans on ne peut qu’espérer un retour à la proximité et au contact. Des ambiances festives, généreuses, amoureuses.

Au Chochotte je souhaite évidemment retrouver mes danseuses préférées : https://maddog.cafe/2020/12/13/retours-sur-lannee-2020-au-chochotte/.  Il y a quelques mois, à une question posée aux forumeurs sur Doctissimo « qu’est-ce qui vous fait venir à tel ou tel endroit, et tel jour ? », la grande majorité évoquait l’attrait pour une danseuse. Ou quelques-unes. Loin devant le lieu ou les spectacles. Pour ma part je sais qui me fera revenir. Evidemment, au Chochotte je souhaite que la qualité des spectacles soit maintenue au plus haut, excellente comme c’est souvent le cas, et trouver le bon mix entre les danseuses, artistes, animatrices, sulfureuses et nouvelles prometteuses…

Au Sweet Paradise dont les « retours » sont extrêmement encourageants (et que j’espère vite pouvoir visiter), je souhaite trouver une qualité de spectacle sembable à celle du Chochotte mais avec des différences. Je sais que des danseuses phares – telles Jun et Billy – sauront créer ces différences qui peuvent aller vers le « hard spectaculaire» en duo ou vers une plus grande proximité tendance Show Girl. La possibilité de partager une bouteille de champagne avec les chouchoutes Montorgueilleuses – dès que cela sera possible – sera évidemment un gros plus…

Dans tous les cas, je souhaite des nouveautés et des surprises. Mais avant tout de la convivialité ! Je disais récemment à un ami qu’un café n’a jamais le même goût selon le sourire qui le sert. La gentillesse, la générosité, la réciprocité c’est ce que je souhaite à tous et toutes pour l’année à venir. Que nous accordions une plus grande valeur aux moments partagés. Que nous fassions attention aux autres.

Bonnes fêtes de fin d’année à tous et toutes et à 2021 !

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Retours sur l’année 2020 au Chochotte

Entre mi 2019 et début 2020 je fréquentais exclusivement le Show Girl. J’évitais le Chochotte, considérant que je n’y étais plus le bienvenu. Certains de mes écrits avaient déplu, on me l’avait dit en me croisant Rue Saint André des Arts, et vexé j’avais décidé que puisqu’il en était ainsi je n’écrirai plus une ligne sur ce théâtre. Ce que j’ai fait. Privé de 1000 vues par jour sur le forum de Doctissimo et des 300 sur mon Blog… quand on est fier on ne se refait pas et quand on s’appelle Mad Dog il est attendu qu’on soit non seulement fou – et donc incontrôlable dans ses écrits – mais aussi carrément chien dans son comportement.

Au printemps 2020, en plein dans la crise sanitaire et après 9 mois de fête ininterrompue rive droite j’ai appris que le Show Girl fermait définitivement. Ça a été le gros coup de déprime. Mais heureusement, plusieurs projets alternatifs émergeaient des ruines fumantes du 5 rue des Halles. Dont le Sweet Paradise. Tout n’était donc pas perdu !

Quand à l’été 2020 j’ai appris que Cindy et Clara devenue Morgane rejoignaient le Chochotte, ça a été la surprise la plus totale, la donne changeait, bousculait mes résolutions. Après un exil d’un an j’ai donc effectué une première visite, à reculons. L’envie de revoir Cindy et Morgane que j’appréciais beaucoup et le plaisir éprouvé lors de la redécouverte du lieu m’ont ensuite retenus.

Je ne parlerai dans ce qui suit que de ce qui m’a le plus marqué durant ce « retour » de quelques mois, entre Août et Octobre.

J’ai d’abord été bluffé par la déco. Le bazar orientaliste et kitsch – trop surchargé à mon goût – n’avait gardé que le meilleur des tentures, voilages, couleurs, mobilier. Une cohérence et une harmonie de tons se degageaient du caveau. Même l’équipement était au top ! En une douzaine d’années je n’avais jamais vu cela, et ce « cela » je l’ai appris par la suite était imputable pour une bonne part à Salomé – jolie petite blonde omniprésente dans l’organisation du théâtre, tête pensante avec beaucoup de goût. Première bonne surprise.

Puis j’ai recroisé des visages connus et déjà appréciés : Notamment Lupa, Diane et Esmeralda… Ce n’était pas vraiment du « déjà-vu » car elles avaient étonnamment bien évolué.

Esmeralda que j’aimais pour ses formes m’étonnait avec de meilleurs numéros, une répartie au tac au tac et de l’humour que je ne lui connaissais pas.

Lupa était toujours garçonne mais s’était affirmée dans le registre intello – mariant Phèdre et le hard rock, la tendresse et la fragilité « je rêve de caresse en été »…  

Ma plus grande surprise venait de Diane. Dans le soleil de ses longues boucles blondes et le ciel de ses yeux bleus je trouvais une énergie nouvelle. Ses numéros variés, facettes discos des années 80, fraîche fleur bleue de blanc vêtue, m’emportaient. Ses progrès étaient étonnant.

Morgane voulait être à la hauteur de la nouvelle « maison ». Elle avait mis les bouchées doubles sur les costumes et les répétitions. Une palanquée de nouveautés s’offrait aux spectateurs : Plage, Cléopâtre, Danse du Cygne, se terminant invariablement par un buffet à volonté. Les spectateurs étaient conviés à la rejoindre sur scène, l’entouraient de leurs ardeurs, mais les mains étaient moins conviées à la palpation qu’au Show Girl. Elle jetait des coup d’œil inquiets à la caméra, l’humour compensait ce delta.

Ce jour de « grand pardon » et les semaines qui s’ensuivirent je découvrais des « nouvelles » qui me laissaient forte impression. Une dream team qui assurerait ma fidélité au lieu : Alma, les jumelles Cassia et Dahlia, Nyx et surtout Gala

Alma, chinoise high school à l’anglais parfait et au français en devenir, sourire enjoué regard meurtrière était intrigante. Une belle jeune femme aux formes rebondies qui infirmaient la platitude attendue de « la chinoise ». Surtout un véritable plaisir à être sur scène, à jouer avec les clients dans une coquinerie participative et un plaisir non dissimulé. Sa voix engageante, à elle seule, était susceptible de me provoquer l’afflux sanguin…

Cassia et Dahlia, jumelles brunes d’origine algérienne aux corps parfaits. Des monozygotes que seules les différences comportementales permettent d’identifier. Dahlia la douce, Cassia la fougueuse. Elles semblent sorties droit d’un film de David Cronenberg. Un parfum de mystère et de fausse-semblance, une aura sulfureuse les entoure – on devine que la mécanique masculine n’a plus de secret pour elles –. Je fantasme sur un salon à trois où leurs langues et leurs quatre mains viendraient à bout de mes réserves 😉 .

Nyx. J’avais écrit inspiré « une fausse Barbie qui en a sous le capot ». Joli visage, cascade de boucles blondes façon poupée, croupe au profilé de dingue, mieux que feu ma Carrera. Pas mal… Mais rien par rapport à la créativité, l’originalité des numéros pensés – dans une maturité réflexive – qu’elle interprète dans une tension artistique hyper sensible. Elle se donne, se met en jeu. Je la place d’emblée dans mon Top du top Chochotte, inscrit un salon à ma To-Do-List…

En 2018 j’étais fan de Mimi jolie danseuse très tatouée, plantureuse et teinte en blonde. Un bassin méditerranéen. Elle était parmi les plus originales, variant les genres – italo, américains red neck, underground bizarroïde etc. Quand à l’automne 2020 elle est revenue sous le pseudo de Gala j’étais enchanté. Elle avait changé de look, arborait une nouvelle coiffure avec de longues boucles châtains, un tatouage supplémentaire dans le dos. Toujours aussi créative et sympa, montrant un plaisir sans réserve, presqu’enfantin, à être sur scène. J’ai été à nouveau conquis par son exubérance fellinienne, sa sublime croupe et ses lourdes breloques. Elle me fait penser aux actrices qui jouent dans les films de Paolo Sorrentino, ces grandes Belleza à la nature généreuse et excentriques dont la tendance à la fête n’enlève rien à la profondeur sensible.  Elle est mon plus gros coup de cœur de l’année 2020 au Chochotte. ❤