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Alice et Madame Jun au Sweet Paradise – Par Cream 120

Cet après-midi, j’ai poussé une porte, puis deux. Avec une heure de retard, environ. Je me retrouvais alors debout au fond d’un petit théâtre. J’ai hésité un instant avant de m’asseoir. Une main serviable m’indiqua, paume vers le ciel, le siège libre le plus proche. Je m’y assis et lentement, sans crainte, comme un habitué, je levai les yeux vers la scène, juste, simplement, presque naïvement, et ce n’est pas mon genre, devant moi.

Et c’est ainsi, que pour la première fois, je croisais le regard du Diable. Grande, fine, cambrée, aux pieds adorables, à la poitrine parfaite, la Créature me regardait, comme il se doit, droit dans les yeux. Elle soutenait mon regard, ce qui est classique lorsqu’un nouveau venu entre. Je n’ai rien remarqué qu’une jeune fille brune qui connaît son métier. Particulièrement séduisante physiquement. Plus que cela encore, cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille, de celles dont il est difficile de le détourner. Son désir, son regard, son avenir. Magnétique, érotique, troublante de sensualité, totalement féminine, ce qui est rare en définitive. Probablement conçue par le Démon lui-même, parfaite. J’étais rassuré, sa psychologie ne devrait pas égaler cette malsaine apparence. Sa psychologie ne pouvait pas suivre…

Changement de numéro. Méphisto s’était retiré dans sa loge. Puis un duo, et le ciel se déchire. La jeune femme a dompté l’établie Lucyfer, demandé très clairement à être fessée sans retenue par tous ceux qui en aurait envie. La dépravée à ironisée sur la punition qu’elle allait recevoir. La vicieuse a pris du plaisir à être … et m’a léché la paume gauche et toutes mes troisièmes phalanges de plaisir et plusieurs fois. Mais paume droite maintenait ses poignets en place. Et ça aussi, Ça aimait. Celles qui pourtant obstruait et la bouche et le nez de la Bête afin d’entendre ses gémissements étouffés, passablement fourragée qu’elle se laissait visiter, profondément et longuement.

La sans-nom est à la fois le désir et le sexe révélés, qui ont submergé la Madame elle-même. On ne peut pas lutter contre le Cornu. Plus vous lui résistez, plus il vous domine. Puis, le danger mortel. Seule, le Mal a raconté une histoire. Crédible. Mieux encore que ça, comme les plus grandes… De sa petite voix perverse. Sans le moindre effort. Son interprétation et sa tenue aux combles de la provocation érotique, si maîtrisées qu’Elle en devenait purement sadique. J’ai frappé le Serpent, comme j’aime et comme je sais le faire. Plusieurs fois. Mais pour une, par respect pour ce double satanique, sans équivoque, j’ai accepté d’être puni et d’être frappé par Lui.

Au premier regard. Les rois démoniaques qui le croiseront, j’en connais particulièrement un, mon frère jumeau, hétérozygote, auront fort à faire, ils batailleront longtemps. Les meilleurs s’effondreront épuisés à côté de l’Animal. Match nul. Tous les autres seront dévorés, ils y perdront toutes leurs richesses, leur raison, ils risqueront leur vie. Souvent sans même s’en rendre compte. Pauvres âmes perdues. Ce premier regard n’était pas professionnel somme toute. C’était celui de deux créatures qui se retrouvent, dans un théâtre, après des siècles d’errances dans les recoins les plus obscurs de l’humanité. Ils semblent même y vivre encore parfois, selon d’où on les regarde. Et Dieu que Madame a raison : « On y mettrait bien sa queue là, hein… ». Je l’aurais fait si cela avait été possible.

Le Malin existe, et comme dans les prédictions les plus terrifiantes, il a le visage… d’un Ange. A son vice, son sadisme, ses gifles, s’ajoutent l’incertitude quand à la date où nous pourrons à nouveau risquer jusqu’à notre vie à son contact, sans pouvoir y résister. Faust prend le métro. Si tu me reconnais, damne-moi. Je t’ai déjà maudite. Cent vingt fois.