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Le fossé générationnel se creuse !

J’ai commencé à réaliser que le fossé générationnel entre les jeunes femmes et moi se creusait quand à l’occasion de voyages communs nous devions cohabiter quelques jours ensemble. Je finissais rapidement par craquer en demandant d’arrêter de zapper incessamment la télé, de l’éteindre avant de dormir, d’arrêter de consulter le smartphone la nuit, de bien vouloir fumer hors de la chambre, de ne pas exposer ses gros seins nus autour d’une piscine remplie d’ados et de mères de familles indignées tout en se murgeant la gueule à coup de cocktails alcoolisés…

Les demandes sexuelles de ces jeunes femmes étaient non moins curieuses : j’ai été sollicité pour les frapper violemment, victime non consentante de tentatives d’effractions anales, douché par de copieuses éjaculations féminines et toutes ces autres joyeusetés :
Tu aimerais que je te marche sur les couilles avec mes talons hauts ?
– Euh non pas du tout.
– Oh tu n’es pas marrant !
– Est-ce que tu peux manger avec tes couverts s’il te plait ?
– Oui Papa…

Bref, en dehors du fait que ces jeunes femmes sont absolument charmantes par ailleurs, que je les adore, le sentiment qui prédomine lors de ces rencontres du 3ème type est un mélange de sidération et d’amusement…

Car comment s’étonner que la Génération Z (personnes nées à partir de 97) – qu’on appelle aussi les Digital Natives, car biberonées par l’Internet et les Séries – se conforme d’une manière ou d’une autre à ce par quoi elles ont été éduquées : les codes du « porno trash » et ceux des « séries ».

Pour ma part, mon éducation s’est faite dans les pages de papier brillant et coloré des magazines Lui et Playboy avec leurs respectables playmates souriantes, déroulées sur trois pages dans une pause docilement statique. Leur usage était d’ailleurs rapidement limité par mes débordements, l’obsolescence de leurs chattes velues programmée par mes inévitables gîclures adolescentes.

Alors, comment s’étonner du spectacle suivant produit par deux jeunes femmes de la Génération Z qui dès l’âge de 10 ans ont du mâter en cours de récréation les pires pornos sur leurs smartphones, le gonzo et tout ces trucs, s’amusant à jouer à ça entre elles plutôt qu’à la poupée ?…

(Voir la suite, duo Clara-Dita)

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De la différence d’âge…

A la demande de quelques personnes je re publie mon texte sur l’Inde qui raconte comment un homme d’un certain âge rencontre une jeune femme en voyage. Comment et un peu pourquoi. Certes ce n’est ni la sortie des écoles, ni un salon du Chochotte et même si c’est rare il ne faut pas dire que cette possibilité n’existe pas, les motivations peuvent être complexes, y compris suite à une rencontre dans un théâtre érotique – il y a quand même deux couples que je connais bien qui s’y sont formés et sont ensemble des années après, l’un avec une charmante petite fille. On ne peut pas tout ramener dans la vie à l’argent. Un type d’une cinquantaine d’année gagne généralement mieux qu une danseuse de vingt ans et je ne vois pas ce qui empêcherait la générosité si chacun fait plaisir à l’autre selon ses moyens.

« Tu as levé la tête et demandé « tu es français ? » avec un tutoiement qui m’a fait sourire à cause de la différence d’âge, et de tout, j’ai été happé par le bleu sombre de tes yeux, ta coupe garçonne avec les épis noirs rebelles, ce tatouage cryptique sur le haut du bras gauche et j’ai dit « qu’est-ce que tu lis ? », tu m’as montré la couverture bleue « qu’est-ce que l’hypnose ? », connais pas, on attendait le même train, celui pour Siliguri, cinq heures de retard – normal c’est l’Inde – tu allais à Darjeeling comme moi, j’ai posé mon sac à dos, tu en avais marre d’être abordée par des hommes qui te demandaient si tu étais mariée, pourquoi non, et des larmes sont venues quand tu as dit que c’était dur de voyager seule, d’être une jeune femme dans ce pays violent, tu parlais, parlais, j’étais étonné qu’on puisse devenir danseuse après Sciences-Po, tu avais des avis sur tout – tendance anar – et tu as voulu savoir pour moi, mes voyages sans but, les labyrinthes où j’aimais me perdre, fuir l’ennui de l’Entreprise ; on s’est débrouillé pour être dans le même compartiment, ça sentait la soupe aux lentilles, le Dahl chaud, ta couchette était au-dessus de la mienne mais tu es restée en bas toute la nuit, m’as saoulé de paroles jusqu’au petit matin, et à Siliguri je t’ai proposé de prendre un taxi 4×4, on a cru mourir à chaque virage, finir emmêlés dans un ravin aux carcasses broyées, puis à Darjeeling tu voulais filer direct au Dekelin – l’hôtel du Dalaï-Lama – mais il fallait grimper les raidillons pavés, et moi, le souffle coupé par l’altitude, j’étais crevé, naze, j’ai réalisé ta puissance physique, jeune animale, tu aurais pu danser avec ton gros sac orange sur le dos, et le lendemain tu ne m’as pas lâché alors que je voulais lire peinard « Ainsi Parlait Zarathoustra » devant la blancheur écrasante du Kangchenjunga, tu m’as trainé au zoo voir le panda rouge, fais écouter des remix de musique techno, indienne, et puis tu as insisté pour qu’on fasse ce trek au Népal, « ça te fera du bien de faire du sport », « on verra l’Everest », et j’ai fini par dire oui parce que certains de tes imprévus, entrevus, étaient désirables; j’en ai vraiment bavé, crevé de froid dans les refuges d’altitude, vécu le martyr sur des pentes interminables, les pieds en sangs, et toi mon jeune calvaire aux dents blanches, enthousiaste pipelette, tu n’arrêtais pas, jamais, tu dansais sur les cimes glacées, éclatais de rire, trop heureuse d’être là, avec le père que tu n’avais jamais eue. »