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Autres théâtres érotiques

Autres Histoires de Théâtres Erotiques – 1

Merci à Joan43 pour le témoignage suivant relatif au Moulin au Poivre à Pigalle !

Adresse: Bd de Clichy, pas très loin de la Place Pigalle. Années 65-70. Entrée somme modique + une consommation à prix raisonnable, permanent. Salle assez petite, cosy et banquettes confortable, une petite scène ronde pour le spectacle. Succession de stripteases assez conventionnels, mais un strip appelé « strip cochon » annonçait ceux du Lolita et autres apparus plus tard. Le fille faisait le tour des clients en les caressant avec ses seins et en frottant ses fesses sur leur entrejambe. Deux filles sont venues à côté de moi pour discuter. Ça c’est limité à ça pour moi…

Merci de même à Pooj pour :

« le premier théâtre érotique visité se trouvait à Milan, le fameux « Il Teatrino » au sous sol d’un cinéma porno (Astor?). Un lieu mythique, spectacles et passages en salle type SG, bar et danseuses, « privè » (salon en Italien!). Mais la Vraie différence c’était le casting: les meilleurs stars du X y passaient: Moana Pozzi, La Ciciollina, Eva Henger…Super chaud, super proche. ET les invitations sur scène…Bref, à chaque passage à Milan , j’y étais tous les soirs. Et après, à Paris j’ai cherché ce qui s’en rapprochait le plus. Puis Docti, Puis CH, puis SG…Bref, du classique. »

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Histoire de Théâtres Erotiques

Histoire du Théâtre des Deux Boules

Je suis ravi que Pour-Rire continue d’écrire ses excellents textes sur « nos » anciens théâtres érotiques. Bravo pour celui-ci ! 

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Théâtre des Deux Boules

28 rue des Écoles Paris 5e

1974-début des années 1990

Le randonneur qui fréquente une des petites succursales d’un magasin célèbre de produits destinés aux vieux campeurs…, dans une rue tranquille du quartier latin… est loin de se douter qu’il est dans un antique temple de la fornication…

En effet le théâtre des Deux Boules, sans doute le premier des théâtres érotiques, a été longtemps considéré comme La Mecque de ces théâtres. À la différence des autres, il se prévalait de faire du vraaaiii théâtre avec de vrais comédiennes et comédiens.

Et il est vrai que se jouaient aux Deux Boules des pièces à texte (mais pas seulement… le théâtre était aussi célèbre car on y montrait toutes les positions du Kama-Sutra, sans négliger le French Cancan). En voici quelques titres :

JEUX DE JUMELLES
BLACK SABBATH
ESCALE A BANGKOK
SEANCE SPECIALE
FOUTRERIE DE POETE

Aux Deux Boules, on n’avait pas non plus de spectacle permanent, ni de show dans la journée. Il y avait trois séances qui se succédaient le soir. Ce qui était une performance assez difficile, surtout pour le comédien…

Chacune de ces pièces s’achevait par une scène érotique très hard qui avait la particularité de se dérouler dans un filet.

Une petite idée du style : regarder ici (c’est assez coté car dessiné par Aslan, l’artiste qui a sculpté BB en Marianne)

Et aussi l’affiche du théâtre (du même), car les Deux Boules avait un affichage, signe d’une sorte de respectabilité (ce qui ne l’empêchait pas de faire de la retape au niveau de notre b- -e : « life show le plus agressif », avec « nouveaux comédiens » « nouvelle version super hard »….

Selon L’Express on voyait surtout aux Deux Boules des quinquagénaires aisés, souvent des couples soucieux de montrer leur ouverture.

Plusieurs des comédiennes et comédiens de ce théâtre sont assez connus et ont eu des vies animées.

Claude Pirmont, avait été chef de rédaction de la revue Critique avant d’être un pivot du théâtre. Parti en Colombie, il y a fait une assez réussie carrière d’acteur de cinéma (non porno) et il dirige maintenant le plus bel hôtel de Carthagène !!!

Erika Cool, une merveilleuse belge, d’une finesse extrême et au « « doux visage » digne de la chanson de Christophe, a récemment écrit ses souvenirs d’actrice porno (parus à Anvers mais seulement pour ceux qui lisent le flamand couramment comme moi…) où elle évoque comme un très bon passé ses passages aux Deux Boules.

Et surtout Myriam Watteau, devenue hardeuse à 18 ans, qui a joué pendant deux ans tous les soirs au théâtre. Elle est maintenant devenue une danseuse, chorégraphe, scénariste, compositrice (voir son beau spectacle Delissya). Elle a raconté ses souvenirs de hardeuse dans Corps de flamme.
Le théâtre des Deux Boules a fermé précocement (certaines sources font état d’une courte tentative à Pigalle ???). Je n’en connais pas les causes (mais il semble que son gérant ait eu envie de se lancer dans des activités différentes). Il n’a jamais trouvé d’équivalent. Sauf peut-être dans les pièces de Vernon, mais il ne s’agit pas d’un théâtre.

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Histoire du Théâtre Saint-Denis

Je suis comme nous tous, ravi que Pour-Rire continue sa passionnante « série » sur les anciens hauts-lieux de l’érotisme parisien ! Merci à lui. 

Le Théâtre Saint-Denis -70 rue Saint-Denis

Ouvert à la fin de 1974 – fermeture vers 2000

Le théâtre Saint-Denis est un des plus anciens théâtres érotiques de Paris ; il est d’ailleurs mentionné dans plusieurs livres à ce titre.

Avant son ouverture, pendant quelques mois, il y avait eu un studio photo où les « amateurs » pouvaient venir photographier des modèles nues (je féminise modèle…). De vrais « amateurs » car l’appareil leur était fourni… Je ne connais pas les prix, ni comment la séance photo se déroulait…..

Transformé ensuite en théâtre. Il semble que son vrai propriétaire, derrière de nombreux prête-nom, gérants, régisseurs etc etc, ait été, au moins un temps, un certain Pérez qui était le roi du milieu de la rue Saint-Denis, proxénète, trafiquant, lié à des policiers ripoux et au tueur qui a assassiné le démocrate algérien Mecili.

Mais ses vrais animateurs furent un certain Rémy et le mieux connu Angelo (que l’on peut voir interrogé par Ardisson sur ce film ( https://thierryardisson.fr/par​​is-interdit-1 ) qui fut aussi caissier et gérant du Show Girls avant Cindie.

Le théâtre était petit (on peut encore voir dans la rue son enseigne) il y avait un hall avec un escalier descendant à droite vers le sous-sol et l’accès à la salle au fond derrière la caisse. Peu de places semble-t-il (j’ai lu 60, mais les films visionnés me donnent le sentiment de moins). La petite scène au fond était très près du premier rang qui avait quasi le sentiment d’être sur scène.

Le théâtre a fait jouer des acteurs du porno qui ont eu leur heure de célébrité : HPG, Alban Ceray, Stan et Hubert Géral (ces deux derniers partenaires de Catherine Ringer dans plusieurs films). Ce dernier a d’ailleurs écrit ses souvenirs bien utiles, Profession porno star-Les mémoires scandaleux d’un comédien catégorie X. Les comédiennes sont moins connues. Parmi celles-ci, notre bien connue Cindie qui avait un charme fou, dixit des témoins (depuis elle gère le Show Girls) et surtout Mika qui était la plus grande star de l’endroit, une eurasienne très belle et qui irradiait une sensualité exceptionnelle paraît-il. Il semble que Brigitte Lahaie ait fait quelques passages au Saint-Denis.

Le soir, il y avait des séances successives et à minuit trente une séance spéciale où venaient plus de couples et où beaucoup était permis !!! Les comédiennes faisaient ainsi parfois l’amour avec un couple (pas seulement à la dame mais aussi au monsieur…) et ça tournait à la partie chaude…

Au début, il n’y avait pas de salons privés, puis, à une date que je ne connais pas, sont apparus ces salons au sous-sol. Il y avait une grille … assez large… de séparation qu’on ne pouvait enlever et qui ne pouvait rien empêcher. Certaines filles étaient très chaudes et moyennant finances et feeling tout devenait possible, surtout dans les dernières années du théâtre (qui allait moins bien) … Dans ses souvenirs, Hubert Géral, qui fut gérant du théâtre et du Show Girls – son épouse était une très jolie blonde…, raconte qu’un ministre ayant souhaité baiser une actrice hard, on lui avait amené une comédienne du théâtre Saint-Denis moyennant une somme rondelette… De la prostitution de haut vol !!!

Le théâtre avait une séance en continu dans l’après-midi, avec alternance de strips individuels, de shows lesbiennes et de très courtes pièces de théâtres hards, légèrement scénarisées et mises en scène (c’était toutefois moins élaboré qu’au théâtre des Deux Boules). La seule que l’on m’ait indiquée est celle du psychiatre extrêmement laid (il avait un masque) et repoussant qui voulait coucher sans succès avec ses clientes. Le tout s’achevant dans une partie de jambes en l’air avec un bô gosse. Très souvent les filles venaient sur les clients et y restaient très longuement (un peu comme au show girls actuellement mais moins de jeux de mains semble-t-il) et le moment hard se déroulait aussi souvent sur les clients… Le théâtre a tenté de diversifier ses shows en soirée en annonçant du porno-catch etc…

Dans ses toutes dernières années, le théâtre Saint-Denis a abandonné les shows hard et les petites pièces de théâtre : faute de hardeurs ? passé de mode ???. Mais sa disparition a marqué le début, d’une série de fermetures des théâtres érotiques (Lolita, French Lovers, Deux Boules, Innocents…)

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Histoire de Théâtres Erotiques

Histoire du Théâtre « Le Lolita » (1988-2002)

Je suis très heureux que Pour_Rire nous fasse partager sa connaissance des anciens cabarets érotiques, de Pigalle et d’ailleurs, disparus aujourd’hui.

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Le Lolita 73 rue Pigalle 1988-2002/04 en face ou presque du 62 où se trouvait son concurrent…

Le Lolita était situé sur la partie gauche de la porte gauchère du 73. La partie droite, plus large, a accueilli de longue date des cabarets de Pigalle, « Le casino des concierges » en 1893 fondé par le communard Maxime Lisbonne, inventeur du strip-tease, le cabaret Brûlant en 1897, Le « Big Apple », cabaret de jazz en 1937, Le Savoy’s, cabaret artistique en 1941, La Belle Meunière, diner dansant en 1961 (photo plus bas). Notons que la devanture actuelle du Show-Girl provient de la dernière mouture de ce cabaret, une tentative du gérant du Lolita de créer un cabaret avec une troupe de danseuses russes qui fut un bide retentissant. Depuis des restaurants s’y sont succédés.

Sur la partie gauche de la porte donc était le Lolita ouvert en 1988. Avant, il s’agissait d’un de ces innombrables bars à hôtesses de Pigalle. Le Lolita a fermé vers 2002-2004. Il y a eu ensuite quelques temps une sorte de club ??? et actuellement le rideau de fer reste baissé !

Le Lolita avait une petite salle et une scène plutôt en largeur. Sur cette scène une originalité la présence d’un jacuzzi ou d’une petite baignoire ? Il semble que les danseuses ne l’utilisaient que très peu.

Le spectacle était permanent comme dans les autres théâtres de 12H30 à minuit 30. Fallait-il repayer pour les séances du soir ? Je ne sais pas.

Le Lolita n’aurait pas connu beaucoup de shows avec un hardeur et se serait vite tourné vers des spectacles avec de seules jolies filles avec l’alternance classique des spectacles de strip d’une seule fille et d’un show lesbien. Les shows semblent n’avoir eu aucune prétention artistique et les spectateurs n’y participaient que modérément.

Parmi les danseuses, deux semblent avoir marqué les esprits : une fille qui se serait fait appeler Pamela Violet et qui a joué sous ce nom dans quelques films érotiques. C’était une petite blonde très souriante et affable et très coquine. L’autre dont le prénom ne m’a pas été donné était une jolie blonde très fine, très romantique et qui aurait été la petite amie d’un sportif français très connu. Quelques danseuses doublaient avec le théâtre Saint-Denis et il semble que quelques-unes se montraient dans les baraques de strip-tease qui existaient encore sur le boulevard. Une autre époque !

Le Lolita disposait à l’étage d’une salle pour des salons privés. Mais je n’ai pas eu d’échos sur leur déroulement.

La disparition du Lolita, au début de notre nouveau siècle, est un signe, parmi beaucoup d’autres, de la fin du Pigalle d’antan.

La Belle meunière

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Histoire du Théâtre « Le Loving Chair » (1980-2000)

Je suis ravi que Pour_Rire_Le_Retour ait écrit le texte suivant concernant l’ancien théâtre de Pigalle – Le Loving Chair -, j’espère que d’autres textes suivront, ce sera l’occasion de consigner nos souvenirs, ceux d’une époque où ces lieux étaient plus rares.

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Loving Chair
62 et 62bis rue Pigalle,

Ouvert au milieu des années 1980 fermeture vers 2000/2002.

A coexisté un très court temps au 62 voisin, sous le nom de French’lover’s, avec un petit frère.

Ce théâtre était situé dans une rue Pigalle qui alors n’avait pas grand-chose à voir avec ce que nous en connaissons maintenant ! D’ailleurs la petite salle est maintenant un théâtre spécialisé en pièces pour enfants… Mais il a conservé son aspect original d’un petit théâtre en rond.

Un petit effort d’imagination donc pour voir une rue chaude de Pigalle en 1980, avec ses bars à hôtesses, ses filles qui tenaient les portes, le Sans-souci, le café au coin de la rue Victor Massé où dans l’arrière salle les macs corses tapaient la carte avant d’aller relever les compteurs ! Et parfois ses très bons cabarets, le 62-62bis fut occupé longtemps par la célèbre « Roulotte » depuis des décennies où Django Reinhardt dans les années 1940 et 1950 jouait de la guitare et faisait venir les meilleurs jazzmen. Art et sexe ont toujours été étroitement liés.

Le théâtre est lancé par un duo célèbre dans le petit milieu érotique, Peter et Isabelle. C’est eux qui lanceront ensuite le Sultana. Avant le Loving Chair, ils avaient ouvert un petit théâtre érotique, le Love in Paris où figurait sur la scène une réplique de canon, rue Victor Massé ou plus en bas de la rue Pigalle.

La salle était constituée d’une scène ronde (qui pouvait tourner) entourée de quelques rangées de fauteuils. Il y avait très grand intérêt à être sur la rangée du premier rang, beaucoup plus que dans les autres théâtres érotiques ! On payait d’ailleurs légèrement plus cher les places du premier rang. Je n’ai pas eu de renseignements sur les prix précis.

Le spectacle ouvrait aux heures habituelles aux théâtres érotiques 13H-1H du matin (avec quelques séances spéciales plus tardives). Comme dans tous ces théâtres, on pouvait rester autant de temps que l’on voulait, sortir et rentrer. Pas de boissons, alcool etc…

D’après les témoins, il y avait beaucoup moins de danseuses et une grande stabilité de l’équipe. Il y avait une séance l’après-midi et une séance le soir (chacune en continue), ce qui obligeait à prendre deux billets. Les filles faisaient souvent les 12H et 5 ou 6 jours par semaine. Ce devait être lourd !

Le spectacle avait ce minutage : show première fille, show deuxième fille, show troisième fille, show lesbien, show hard. Puis on recommence…

Je n’ai pas pu retrouver les noms ou prénoms des filles ! On m’a parlé d’une très piquante brune, Martine, qui était la star numéro 2 du lieu, dont la spécialité était de demander aux spectateurs du premier rang d’utiliser très très profondément un puissant god, ce qui permettait quelques sensations manuelles… De l’intérêt du premier rang !

Mais la star principale était la bien connue Isabelle, la compagne du patron, une très petite nana avec des formes intéressantes, mais surtout une boule d’érotisme et de sensualité, et un regard à faire craquer n’importe quel homme. C’était généralement elle qui faisait le show hard avec Peter (qui se tapait aussi quelques autres danseuses…), un show vraiment très hard, s’achevant généralement en salle, hors de la scène. Peter encourageant les spectateurs à caresser Isabelle pendant le show…

Sinon les spectacles n’avaient rien de très original (et strictement aucune autre ambition que de chauffer le mâle…), les danseuses encourageaient souvent les clients à caresser leurs charmantes poitrines, venaient dans les rangs parfois etc.

On m’a raconté aussi que parfois un spectateur, pendant le show lesbienne le plus souvent, était invité sur scène, déshabillé entièrement par les filles et qu’Isabelle lui faisait vraiment l’amour. Mais impossible de savoir si ce client privilégié (ce n’était pas un complice) l’était parce qu’Isabelle, qui était une vraie chaude, en avait eu envie ou parce qu’il aurait payé un discret supplément. Bref un temps où la permissivité était encore de mise…

Par contre il n’y avait pas de salons privés.

Pour des raisons qui sont mal connues, le théâtre a décliné à la fin des années 90. Peter l’a laissé péricliter lentement, au profit de son nouveau joujou, un club libertin, Le Sultana contigu, au numéro 62. Au rez de chaussée du Sultana fonctionnait un petit théâtre érotique, le Sixty Two, avec des shows privés. Il a fermé avec le Sultana, devenu un lieu douteux. On vit ensuite Isabelle tenter quelques shows au célèbre Sexodrome (bien moins sage que maintenant car devenu boutique pour bobos en mal de petits achats coquins), mais ce n’était plus que l’ombre d’elle-même.

Tout passe, tout casse

La Roulotte