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Fictions érotiques TL4.3

11-03-2050

Rappel de la genèse du Théâtre Rétro-ChoShow et de ses Dance-Bots.

Après la série de terribles catastrophes des années 2020 et 30, prélude à l’effondrement de la mondialisation techno-industrielle – incendies, virus, crashes boursiers, guerres, réfugiés climatiques etc… – les structures étatiques se sont effondrées les unes après les autres par effet domino laissant place à de plus petites communautés, autonomes et structurées.

La population mondiale s’est contracté rapidement, passant de huit milliards à quatre milliards d’individus, du fait de la régression de conditions de vie mais aussi par volontarisme individuel (suicide inclus) et régulation imposée par les différentes instances de contrôle communautaire, certaines allant jusqu’à séparer, comme aux temps monastiques, les hommes des femmes, sources de problèmes.

Notre communauté masculine a été fondée en 2045 par deux serial-entrepreneurs, l’un geek roboticien et pro de l’intelligence artificielle, l’autre biologiste généticien en quête de Graal assurant jouvence éternelle. En 2047, malgré la paix et les rapports francs et cordiaux inhérents au caractère masculin, des membres ont émis le souhait qu’un théâtre érotique – mix de ce que quelques-uns avaient connu avec les Chochotte et Show-Girl –soit créé, composé d’androïdes femelles – les Dance-Bot – copies (pour la plupart) d’anciennes danseuses phares.

Durant deux ans Miel-D, Saphir-D, Eve-D, Cerise-D, Chloé-D etc. ont régalé de leurs spectacles (et salons) les désirs des membres les plus actifs. Un clivage entre conservateurs et progressistes s’est malgré tout manifesté, les conservateurs réclamant une fidélité absolue, physique et comportementale vis-à-vis de leurs modèles originaux, les progressistes souhaitant nouveauté, surprise, des spectacles jamais vus, des Dance-Bot inconnues !

Après une phase conservatrice de deux ans, les progressistes ont fini par l’emporter et les derniers spectacles ont réussi à faire l’unanimité ! Notamment ceux avec Billy-D et les duos entre Jun-D et Dita-D !!!

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11-01-2049

Au début j’ai pensé que les remarques étaient dues à la frustration récurrente des quelques-uns. Il y a des maux dont on ne guérit manifestement jamais : un grand frère monopolisant l’admiration de la famille, un premier amour déçu, une petite taille, des moqueries adolescentes, une enfance contrariée…

Puis, j’ai dû me rendre à l’évidence : certaines Dance-Bot avaient réellement des comportements instables, inattendus, ressemblant à des variations d’humeur bien humaines : agressivité, évitement délibéré, moqueries indélicates voire méchantes.

Ce type de situation s’était autrefois produit et nos savants Diafoirus avaient alors doctement posé leurs diagnostics : phénomènes de transferts, grand écart entre le « moi idéalisé » et le « moi du théâtre », pression abusive de la Direction, décompensations diverses etc…

Mais que dire des algorithmes qui régissent nos sexy androïdes ? J’ai dû méthodiquement investiguer deux pistes: 1/ le bug (éventuellement provoqué par hacking), 2/ une conséquence liée à la possibilité d’apprentissage autonome (reinforcement learning) de nos charmants systèmes embarqués.

Quand on ne peut explorer la complexité interne d’un système – du fait des milliards de connexions de leurs réseaux de neurones – , il faut procéder de façon systémique. C’est-à-dire examiner uniquement les entrées et les sorties, comparer les objectifs aux résultats.

En d’autres termes, les variations comportementales du système, ont-elles été « payantes » ? A-t-on constaté une baisse de l’intérêt, de l’attachement, du nombre de salons pris par les « malmenés » avec leurs inconstantes et sexy androïdes ?

De façon surprenante la réponse a été « non » : Les Dance-Bots malgré leurs variances comportementales n’ont pas souffert d’une baisse de fréquentation. Bien au contraire le nombre des salons a augmenté et leurs habitués, bien que ponctuellement maltraités ou ignorés, n’ont jamais été aussi demandeurs !

Cette conclusion rejoint les enseignements de psychologie expérimentale réalisés par Skinner : la non-systématisation de la récompense dans les processus d’apprentissage des Pigeons renforce paradoxalement leur performance dans la durée.

Mais revenons aux choses sérieuses : Les scènes que nous ont prodiguées Eve-D et Jane-D étaient tout aussi inattendues que leurs comportements vis à vis des clients. Passionnées par les écosystèmes autonomes, la permaculture et les légumes oubliés de la normalisation industrielle, nos deux comparses nous ont fait la leçon : épais tubercules, capucines tubéreuses, panais, concombres monstrueusement difformes, tous ont été mis à contribution dans leurs cuisines intimes, parfois avec difficulté.

Et nos jeunes et vigoureuses paysannes ayant fait montre dans leurs exercices, d’une force et d’une capacité d’accueil insoupçonnées, d’une créativité inattendue dans l’art de planter, la médaille (factice) du mérite agricole leur a été cérémonieusement remise.

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02-11-2048

Lors de notre dernière assemblée générale quelques membres ont remis en cause le sacro-saint principe sur lequel notre théâtre érotico-robotique a été fondé : le respect de la tradition, l’hommage fidèle à quelques danseuses phare, la conformité à l’esprit des théâtres Chochotte et Show Girl, disparus peu avant l’Effondrement.

Ont été avancé les arguments suivants :

1. Les spectacles : Quand bien même les Dance-Bot seraient programmées pour obtenir une satisfaction optimale, la répétition de leurs numéros et leur ancienneté finit par lasser.
2. Les limitations en salon : dans la mesure où les droits des Dance-Bots sont les mêmes que ceux des appareils électro-ménagers, les membres ne voient pas pourquoi les pénétrations ou aspirations buccales seraient interdites.
3. La copie : pourquoi s’en tenir au respect de l’image et de la forme des danseuses d’antan, de leurs performances et de leurs comportements alors que le droit et les possibilités ont évolué ? Certains ont formulé des propositions pour le moins étonnantes et transgressives : l’un a montré des photographies de jeunes She-Male asiatiques tout à fait charmantes en tenue d’écolière, le sexe en érection dépassant de leurs jupettes, un autre a fait référence à d’anciennes pornstars nymphomanes des années 80, Tracy Lord et Christy Canyon. L’évocation de jeunes adolescentes perverses, tout juste nubiles, léchant des cornets Miko ainsi que la présentation de séquences vidéos zoophiles mettant en scène Kiki – un labrador à l’appendice disproportionné dégorgeant en permanence, ont clôturé le débat. Un vote a main levée a mis démocratiquement fin aux délires : le RétroChoShow restera dans l’esprit des théâtres mais des « soirées spéciales » permettront en mode A/B testing de créer de nouveau services. A suivre…

J’ai utilisé un algorithme de Clustering pour exhumer et classer automatiquement les nombreux verbatims du forum Doctissimo. Les résultats sont intéressants. On peut distinguer selon les époques des particularités : les taux respectifs – informatifs, descriptifs, littéraires, amoureux et même poétiques – composant les messages sont corrélatifs de l’état d’esprit d’une période. Frustration et jalousie sont très épisodiques et proviennent à l’évidence des mêmes individus. Le caractère féminin récurrent de nombreux messages est manifeste ; il dénote par rapport à la masse car les messages en question sont bien mieux écrits qu’en moyenne et vantent généralement les qualités personnelles d’une ou de danseuses « amies ». L’aspect physique et les détails relatifs au caractère sexuel des performances en sont généralement absents.

A contrario, quelques rares contributeurs mettaient un point d’honneur à donner vie à la réalité, à prolonger les moments vécus, à les rehausser même, en prodiguant des détails très crus, arguant que la description au-delà de sa fonction ornementale et symbolique serait indispensable au récit, à la narration, et lui procurerait un « effet de réel ». Ainsi « L’excitation de la sulfureuse Myrtille était manifeste. Cambrée en avant, la croupe généreuse offerte au regard, les cuisses bien ouvertes elle écartait de deux doigts ses grandes lèvres vaginales luisantes de plaisir, se caressait la vulve tout du long, encore et encore avec une vivacité animale, doigtait vigoureusement son intimité rosée, et, prenant à témoin son public avec un sourire lubrique, pivotait légèrement pour exhiber tel un trophée, entre le pouce et l’index, un joli filament de cyprine, scintillant comme une minuscule guirlande sous la lumière rouge et bleue des projecteurs. C’est bientôt Noel pensais-je… ».

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02-09-2048

Les numéros que nous concoctent nos Dance-Bots, avec la plus grande liberté, sont de savants remixages des années 2010 – 2020; celles inconscientes d’avant « L’Effondrement » – la sidération et la panique face à l’Etuve – précédant la constitution de nos Gated Communities techno-survivalistes. Excusivement masculines au sens naturel du terme.

Un grand nombre de clin d’yeux ont été introduits dans les numéros. Façon de rendre hommage aux anciennes danseuses faites de chair et de sang. A ce qu’elles furent et ce qu’elles plurent. Intertextualité au sens littéraire, ou mieux, communion charnelle avec nos souvenirs amoureux rejoués, sanctifiés par la représentation, les scènes comme des Cènes, les tabernacles de chair et de cyprine offerts, crucifiés au regard : « Ceci est mon Corps livré pour Vous ».

Jane-D en caissière de supermarché à l’ancienne avec rouge à lèvre, chignon et blouse rose. Un badge indique son prénom : Jane. Il y a quelque chose de provincial dans sa mise, son apprêt. C’est d’ailleurs en province qu’ont disparue les dernières caissières humaines, emportées par l’irrémédiable marée algorithmique. Elle s’ennuie, lit une revue de papier désuète : Closer. Survient alors Eve-D blonde pulpeuse, tailleur et décolleté avec des seins de ouf. Elle dépose son panier de marchandises sur la table. Jane comptabilise les articles un à un : une banane, une carotte, un poireau, une courgette, un épi de maïs, un concombre bien foncé avec ses picots caractéristiques : une variété Noa. Manifestement elle aime le bio !
Et puis mort de rire : Jane-D soupèse les légumes, les tient en main, compare les formes les tailles. Fascinée par le concombre Noa, sa texture granuleuse, elle le rapproche de son visage, le hume, se caresse… Eve amusée, le reprend, soulève sa jupe et montre à Jane comment accommoder les primeurs à sa sauce. Le visage empourpré, rictus de plaisir (quelle vicelarde celle là !) , elle force un peu le passage puis repasse à Jane le Noa. L’extrémité cucurbitacée est luisante… Ça promet ! Je passe la suite et les détails : il faut le voir pour le croire !!! Ces filles sont marrantes : plus encore que le plaisir sexuel c’est le jeu et la complicité qui prédomine : chacune essaye de faire perdre pied à l’autre… Prendre son pied à son corps défendant. Fallait voir Eve sur la fin, haletante à quatre pattes, les yeux écarquillés, surprise par son propre plaisir, convulsive. Les doigts agiles et fins de Jane s’activaient, se démenaient, fourraient jusqu’à ce qu’Eve, retombe d’un coup sur le ventre, comme une morte.
https://www.youtube.com/watch?​v=fMwSFOg7uRo

A propos de Jane-D, j’ai halluciné : W4.7 et The_V4.2 ont failli rejeter la version proposée lors des tests de conformité et de recette finale. Pour une histoire de grain de beauté placé au mauvais côté et de poids trop bas ! W4.7 a ajouté méprisant que ce qui faisait la différence entre la médiocrité – étymologiquement « être au milieu » – et l’excellence c’était le souci des détails. Putain j’y crois pas ! Ils ont exigé que je corrige l’erreur et rajoute trois kilos à notre droïde.

Excellent passage solo d’Eve-D sur le Thème de Neon Demon. En tout point fidèle à l’esthétique glacée de Nicolas Winding Refn. Eve-D demeure sublime jusque dans le morbide et la dépossession de soi. Les jeux de lumières et la sono étaient heureusement à la hauteur de l’exercice ! Bravo a Lolita-D qui a parfaitement géré, comme d’hab !
https://www.youtube.com/watch? […] mp;index=2

Nous avons eu la visite surprise d’une très belle spectatrice. Une vraie femme. Je veux dire une humaine réelle ! Je ne sais pas comment elle a fait pour pénétrer dans notre communauté au cénobitisme hyper contrôlé ! Les contacts entre hommes et femmes « naturels »étant formellement prohibés par notre Gouvernance éclairée depuis la constitution de l’Arche. Une mesure écologique qui permet de réduire le risque majeur que constitue toute naissance supplémentaire.

Cette jolie brune inconnue, aux cheveux longs, grands yeux bleus et sourire enchanteur s’était préparée pour la circonstance : petit haut en dentelles, talons hauts, jupe qui peinait à dissimuler un porte jarretelles et des bas fins. Lors d’un duo Alda-D et Mariko-D ont invité l’assistance à venir sur scène. Et quelle scène ! La belle inconnue, dénudée, a été mise à contribution et s’est révélée très participative… Les formes féminines se mélangeaient dans la rumeur érotique, les soupirs de plaisirs et les caresses… Puis l’inconnue chevauchait Mariko à cru. Cette dernière la saisissait par les hanches pour mieux faire se rejoindre leurs chairs, les frotter, échanger les mouillures intimes, agacer leurs clitos. Alda agenouillée, jambes toutes écartées, fouillée par la langue et le nez de Mariko faisait face à la belle inconnue, lui saisissait les seins, dévorait ses lèvres, massait de ses doigts la belle. Un triangle équilatéral de plaisir, absolument parfait se dessinait sous nos yeux, figure que n’auraient certainement pas reniée nos vénérés Maîtres philosophes !

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08-07-2048

Je ne comprends pas… la raison computationnelle qui explique les comportements – incompréhensibles et parfois inquiétants – des Dance-Bots. Il m’est impossible d’analyser le pourquoi des innombrables décisions algorithmiques produites par le Deep Learning. Les millions de couches neuronales organisées en strates sont d’une opacité absolument insondable.

Cela s’est passé peu après la séance de bondage pendant laquelle Alda-D a été soumise à un traitement vibratoire de choc, infligé par Mariko-D et les Clients présents ce jour. L’un d’entre nous, émoustillé par ce spectacle a voulu faire l’expérience d’un salon avec les deux danseuses en question; un trio sur le thème du Shibari…

Il faudra que je revois à l’occasion le système de surveillance et d’alarme des salons. Parce qu’en déroulant les enregistrements post-opératoires – conformes à la directive RGPD 5.0 – je m’aperçois que XXX a gueulé comme une bête durant toute cette surprenante séance; près d’une demi-heure quand même ! Les cabines sont bien insonorisées en tout cas !

Ça a commencé gentillement quand les filles l’ont attaché en rigolant, complices et attentionnées. Lui, plaisantait joyeusement alors que la corde rugueuse l’enroulait, le liait inexorablement, l’enserrait avec force. Jusqu’à ce nœud final, où, pris par les couilles si je puis dire, son niveau de stress a dû monter en flèche. Mariko-D s’est absentée un court instant laissant le ligoté aux mains expertes d’Alda-D, gantée de velours, toute douceur et doigté. Quand Mariko est revenue un pot de vaseline à la main, harnachée d’un gode ceinture au braquemart noir fièrement dressé, monumental, effrayant, le même – collector – que celui qui était jadis utilisé par Vénus pour distendre les chairs de ses soumises, un « Oh non mais vous déconnez j’espère ??? » étranglé s’est fait entendre.

La suite de ce salon est difficilement racontable. On ne disposerait que de la bande son l’on songerait à un remix d’enregistrement de goret couinant à l’approche d’un abattoir le tout entrecoupé des rires de deux jeunes femmes et d’un arrière-plan de musique techno (Techno-Chicken ?) provenant de la salle du haut.

Mais ce n’est pas cela qui me soucie… Non, c’est l’étrangeté absolue de ce qui s’est passé quand Mariko-D a prononcé telle une possédée, habitée par une voix qui n’était pas la sienne (et qui à l’analyse spectrale correspond à celle de l’ancienne Vénus) , « alors c’est toi Elmander !!!? » et qu’Alda-D dans le même temps l’a violemment attrapé par ses testicules rougies et boursouflées en disant « Alors sale petit enculé t’es moins fier que derrière ton écran ? » avec des fréquences vocales qui pourraient correspondre à celles de Crystal, alors amie de Vénus.

Je ne comprends pas comment ce phénomène a pu se produire !!! Y aurait-il une forme de solidarité entre Dance-Bots et anciennes danseuses ? Nos droïdes ont-elles accès à des sources historicisées, à une mémoire numérique totale qui obérerait toute possibilité d’oubli et de pardon ? Une vengeance, à près de 35 ans d’intervalle, envers un client est-elle concevable ? Ou tout simplement les algorithmes prédictifs anticipant un plaisir non conventionnel, inavoué et inavouable, n’ont-ils finalement que pratiqué une initiation; certes douloureuse mais inconsciemment désirée, la personne ne souhaitant rien de moins qu’être enfin corrigée et beaucoup plus ouverte aux possibles et aux autres ?

Il n’y a pas eu de plainte d’ailleurs, car malgré ses râles de douleur, sous le traitement prostatique expert de Mariko-D et d’Alda-D l’individu en question a manifesté un plaisir fourni et inattendu sur la fin.

On annonce la mise en production prochaine de Jane-D

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20-06-2048

Mariko-D maîtrisait parfaitement l’art du Shibari. En quelques minutes Alda-D fut ligotée par sa maîtresse, entièrement offerte au regard de l’assemblée. L’épaisse corde de jute, rugueuse, découpait ses formes féminines en une parfaite symétrie, faisant saillir les seins laiteux, ouvrant avec force les cuisses blanches, exposant crûment le sexe et l’ourlé des lèvres rosées aux regards. Son ouvrage terminé, Mariko-D planta de façon surprenante une fleur de Lys dans l’intimité de la soumise et jaugea en un moment de recul l’effet esthétique de sa composition. Curieux comme ces intelligences artificielles semblent de plus en plus sensible à la Beauté… Dans une posture totalement contrainte Alda-D, arborait sa moue habituelle, expression d’un curieux mélange de défiance et de désir.

La chaleur grimpa en flesh quand Mariko-D nous invita à la rejoindre sur scène, confiant au passage à chacun un gant médical ainsi qu’un petit œuf relié par un fil à son boitier de commande. La Maîtresse de cérémonie guida au placement délicat des multiples objets techniques, aidant avec bienveillance les manœuvres pataudes de certains, forçant parfois de ses longs doigts pour faire de la place « au suivant ». Le réseau de fils multicolores sortant du sexe d’Alda-D, hub encombré bourdonnant de multiples fréquences vibratoires , aurait probablement rendu fou tout geek obnubilé par la perfection de lignes de codes Python à destination d’objets connectables. Certains promenaient leurs pendentifs sur les zones érogènes de la belle, les seins rougis par la pression de la corde, les aréoles aux tétons saillants, le bas-ventre humide luisant des reflets du plaisir. Spasmes et gémissements incontrôlables encourageaient les plus timorés à l’action.

Avec un sourire dominateur, Mariko écarta de deux doigts les lèvres de sa soumise et décapuchonna son clitoris vermillon gonflé de désir. Je vis la langue fine de Mariko passer tout le long de la vulve ouverte d’Alda, s’attarder sur le bouton érectile, le lécher doucement, puis les lèvres de la goulue aspirer la chair offerte avec une force sonore, ses jolies dents ivoires tirer sur les fils, alternant en une savante combinatoire tous les stimulus possibles. Quand je vis Mariko faire vicieusement dégouliner de sa lèvre inférieure un interminable filet de salive mêlé de la mouille d’Alda, cette dernière alors prise de convulsions, visage rougi de sueur, lâchant telle une possédée les décibels qu’elle avait jusque là retenus, je sentis avec surprise une vague de plaisir me submerger, le flux et le reflux poisseux m’emporter loin des rivages de la bienséance. Elle dut s’en apercevoir car je pus deviner entre ses paupières plissées, dans l’éclair noir de ses pupilles calculatoires, le regard un peu méprisant que je connaissais bien, signe caractéristique de celle qui ne savait que trop ce qu’était l’Art d’attacher.

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14-05-2048

J’ai dû reprogrammer certaines Dance-Bots à défaut de pouvoir modifier les membres de notre assemblée. Les prestations spectaculaires et tendre de nos danseuses droïdes visaient initialement à procurer un maximum de plaisir. Mais j’avais introduit une fonction permettant de produire l’attachement, celui de l’amour, car je pensais que cela apporterait un plus. Grossière erreur… J’ai vite déchanté : des effets de bords malheureux se sont fait sentir au bout de quelques semaines : formation progressive de couples, jalousie, frustration et parfois colère ou violence. Du coup je design de nouvelles approches comportementales et revois le cocktail magique qui doit être produit sur les clients :

Y1= a1.f(endorphine)**N1 +a2.f(sérotonine)**N2 +a3.f(vasopressine)**N3+a4.f(d​opamine)**N4+a5.f(ocytocine)**​N5

L’équation à résoudre est relativement simple : il s’agit d’une régression polynomiale dont la descente de gradient doit trouver l’équilibre entre désir optimal et attachement modéré.

Pour accompagner cette petite révolution, j’ai proposé aux membres de notre épicurienne équipe les fameuses pilules bleues qui, accompagnées du protocole hypnotique de RHV (Reconstruction d’Histoire de Vie) permettent de neutraliser les souvenirs qui pourraient trop lier. J’ai expérimenté le procédé afin de me distancier d’Eve-D qui monopolisait depuis trop longtemps mes pensées… C’est plutôt efficace. J’en reviens pas ! J’ai maintenant l’impression de croiser une bonne pote sympathique assez bien foutue. Sans plus. Ce qu’elle fait par ailleurs m’est totalement indifférent. La libération ! Je suis de ce fait joyeusement disponible pour les « nouvelles ».

Dailleurs quelques superbes Dance-Bots nous ont rejoint. Ishigo-D 苺 : la réplique d’une japonaise avec des seins magnifiques aux tétons rosés comme des fraises des bois, toute attention et douceur. Sa timidité est troublante, rafraîchissante. Elle évoque ce fruit délicat à la chair tendre, légèrement sucré et précieux, qui mûr fond dans la bouche.

Mais revenons aux scènes qui nous intéressent ! Cette semaine a été un festival, un feu d’artifice de performances exceptionnelles. On connaissait la Miel origine, athlétique et compétitive sous le voile de la grâce et du raffinement. Elle s’est révélée durant quelques numéros, gymnaste émérite de pole-dance. Ahurissante ! Des figures inconcevables – inverted yogini, extended burtterfly etc…– rythmées par une musique et des stroboscopes électro. Miel-D : la perfection glacée alliée à la chaleur de la vodka ! Notre Stolichnaya adorée  ! Et puis des duos torrides avec Cerise-D où nous avons pu rejoindre les belles sur l’estrade, les entourant au plus près, approchant le grain pâle et lisse, légèrement en suée de leur peau, leurs ongles griffant profondément lorsqu’au paroxysme du plaisir, ahanantes animales, le râle de leurs corps libérés emplissait la salle.

Et que dire des salons ? Petits secrets d’alcôve, tendresses bien tendues, supplices et délices de l’attente, libérations spasmodiques généreuses, enfin apaisantes…

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30-04-2048

Comme je m’ennuyais en analysant les données sensorielles brutes collectées par les capteurs des Dance-Bots, j’ai introduit chez quelques-une des fonctions linguistiques réflexives, une capacité poétique narrative, afin qu’elles puissent se raconter. Raconter leur « vécu » par la médiation des mots. S’exercer aux possibles compositions, infinies. J’ai l’impression que ce nouveau langage interne, propre à chacune, recouvrant l’expérience sensorielle immédiate et continue par son caractère imprécis et discrétionnaire, les a rendues encore plus humaines. Chacune des béta-testeuses a été « entraînée » par un corpus littéraire différent afin que, comme dans la réalité, les appréciations subjectives puissent être variées et divergentes.

Ainsi le salon effectué par Mariko-D avec xxxxxx le 12 Avril 2048 a-t-il été narré de la façon suivante :

« Il était un peu vouté, à la façon de ceux qui eurent en leur jeunesse de rudes épaules, et dont la virilité insolente de jadis se résout avec l’âge en une retombée scapulaire d’orang-outan, « manuels » qui ne savent que faire de leurs mains et portent gauchement un corps d’autant plus lourd qu’il fut puissant et efficace dans sa pure fonction d’instrument. Je l’allongeais sur la banquette et, tandis qu’il tentait de me pénétrer de ses épais doigts gourds, je baissais son caleçon jauni et en dégageait le sexe pâle et fripé, de petite taille relativement aux deux gonades rouges et gonflées sur lesquelles il reposait. Placée debout, les jambes écartées au-dessus de xxxxxx j’ouvrais de deux doigts mes lèvres, et prononçait les mots, ceux qu’il n’avait pu encore entendre, qu’il était beau et qu’il m’excitait, que je voulais voir sa grosse bite bien raide. J’approchais ma vulve près de son visage tandis qu’il se caressait d’une main et me doigtait de l’autre. L’encourageant par des gémissements femelles de plus en plus sonores je l’aidais dans sa besogne. L’un de ses ongles m’écorcha mais je n’en dis rien. Il déchargea enfin une maigre semence sur son pubis clairsemé, grumeleuse à l’odeur de javel, et afficha un sourire béat. »

Et celui de Anita-D le 01-03-2018 avec W4.7 (C’est la petite brune aux gros seins qu’affectionne particulièrement W4.7. Le CR c’est du gratiné car les deux sont aussi frappés l’un que l’autre).

« Je l’ai rendu jaloux en lui racontant mon salon avec Wxxxxx Le Maltais. Il a fait comme si ça ne l’intéressait pas et m’a froidement demandé de m’allonger sur le dos. J’ai vu a son regard qu’il était proche de l’état attendu. Il m’a traitée de petite conne et m’a giflée. Un coup sec et violent qui m’a surpris. Dans une posture réflexe, j’ai immédiatement levé les jambes et les cuisses et il m’a frappée plusieurs fois du plat de sa main droite sur les deux fesses. Très violemment, sans un mot. Ça me brûlait. Oscillant entre panique et sidération j’ai senti le sang m’empourprer le visage, toute pensée me fuir, il était proche de péter les plombs mais s’est fait mal à la main et ça l’a fait sortir d’un coup de sa transe. Il s’est levé et rhabillé, faisant comme si je n’existais plus. Mes jambes tremblaient de douleur et de plaisir, mon sexe dégorgeait comme une éponge. Je me suis caressée dans le faux-semblant de son indifférence. Il m’a dit que je n’avais qu’à retrouver ma nullité de gros beauf maltais, ça m’a excitée de l’entendre dire ça, cette jalousie coutumière qui témoignait de notre attachement excessif, et j’ai jouis. »

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28-01-2048

La dernière assemblée générale a été particulièrement houleuse. Certes nous avions récemment accepté les demandes particulières de W4.7 et d’autres membres de notre vénérable assemblée souhaitant revivre leurs émois d’antan. Mais nous n’avons pu accéder à toutes les requêtes. Pour faire court : « l’architecture technique utilisée pour le design des Dance-Bot utilise une seule et unique intelligence localisée dans le Cloud, complète, et soustrait par filtrage les capacités non nécessaires afin de reproduire fidèlement les comportements et connaissances propres aux originales ». En d’autres termes, reproduire la bêtise, et ses corollaires les plus courants, méchanceté et médisance, est très difficile et couteux en soustractions. Bien sûr nous n’avons pu nous justifier en des termes qui auraient suscité autant la colère que l’incompréhension.

Un débat a eu lieu pour savoir si l’on accepterait dans notre assemblée des femmes bien humaines. Le vote a été unanime moins une voix : « Non ». Il a été rappelé que notre communauté masculine s’était essentiellement formée pour échapper à l’hystérie collective qui avait vu en chaque homme un prédateur en puissance. Le recours aux Dance-Bot et à la sexualité artificielle évitait bien des désagréments, d’autant qu’aucune raison valable ne justifiait plus le commerce des sens avec la femelle humaine : la reproduction naturelle avait été formellement interdite lors du franchissement du seuil de dix milliards de nombrils. Une décrue avait eu lieu depuis, du fait de la régulation et de l’émergence opportune de savants virus mutagènes. La Règle demeurait. Subsistait dorénavant, comme durant les âge sombres, des confréries fraternelles au libertarisme rabelaisien décomplexé, au parlé franc et cru, servies par des assistantes robotiques aux formes charnelles aussi stimulantes qu’actives.

Nous avons eu à déplorer une violente rixe dans les vestiaires du sous-sol. Natacha-D et Miel-D, complices comme jamais, se sont liguées contre Camélia-D, l’accusant de « piquer des clients », en l’occurrence Lev3.7 et And4.3. Miel-D, munie du gode fluo sur lequel elle s’empalait – crazy like a dog – au son de https://www.youtube.com/watch?​v=h8cgyN8Iz4U aurait frappé au visage Camélia-D tandis que Natacha-D la griffait et lui tirait les cheveux en l’insultant (en russe). J’ai dû à contre-cœur décommissionner Camélia-D.

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01-01-2048

Il y eut des périodes avec, d’autres sans. Je veux parler de ces objets oblongs et pénétrants, des godes quoi ! Les anciens relatent avec émotion la geste de la créative et érudite Marla qui, pour appuyer ses conseils diététiques, joignait l’acte à la parole en ne consommant pas moins de cinq fruits et légumes par séances. Dont un énorme épi de maïs profanant bien profond son Sanctuaire (*)… On évoque avec respect le duo lesbien au cours duquel Miel munie d’un minuscule vibro (nommé par la suite APM – Arme de Plaisir Massif – par le poète de notre groupe) agaça tant le clitoris de la blonde Satie qu’il fallut prêter main forte aux jambes flageolantes de cette dernière afin qu’elle puisse remonter des Enfers. On se souvient encore avec effroi de « Popaul » l’énorme mandrin qui, équipant Maitresse Vénus s’engouffrait dans les profondeurs d’une Rachel dégoulinante ou qui, plus sournoisement, distendait de jeunes chairs venues faire un petit « bout d’essai », « juste pour voir ». Ces Alice émerveillées sous nos yeux ébaubis découvraient l’univers cosy et prévenant du SG en même temps que leurs phénoménales capacités d’absorption pelvienne. Et hop, jusqu’à la garde ! On sous-estime toujours ses propres ressources répètent les mantras du développement personnel !

La technologie évoluant, l’année 2018 vit l’apparition de nouveaux objets connectables. Anita, une petite brune aux cheveux longs bouclés et aux très gros seins, « chaude comme la braise » d’après Rock3.9, vint un jour sur scène équipée d’un « œuf » Lovense (**) dont l’antenne violette érectile dardait d’entre ses lèvres intimes. Une sorte de gros clito violacé fièrement dressé et prêt à l’emploi. Quand Anita avait passé la télécommande Bluetooth de l’engin au premier rang elle avait demandé que « ça circule » et que cette fois-ci « elle voulait vraiment prendre son pied ». Ç’avait été marrant, surtout excitant, de la voir faire un tour de chauffe classique, très rapproché comme il sied au SG, mais prise sporadiquement de violents spasmes de plaisir. Le courant passait bien si je puis dire, et les traces visqueuses laissées par son mont de vénus sur nos braguettes enflées constituèrent un satisfecit indiscutable… Anita fut la première d’une série de geekettes très créatives.

Cherchant des application pratiques à mes recherches, je participais en mai 2020 au Hackaton du SexTechLab de Londres et présentais un projet intitulé « Dirty Connection ». A l’aide d’un moteur de Machine Learning NLP (Natural Language Processing) entrainé par un corpus littéraire relevant des pratiques sexuelles du « Dirty Talking » mon algorithme associait des stimuli sémantiques aux stimuli kinesthésiques reçus par un oeuf Lovense ou par des sex wearable. Le projet suscita l’enthousiasme ainsi que des phases de tests amusantes auprès de jeunes conquêtes bienveillantes…

J’ai repris le travail ces jours-ci en considérant mieux ce qui excite vraiment les femmes : les dernières analyses des neurosciences montrent que la plupart mentent sur leur réelle appétence à la « cochonnerie verbale ». Elles se déclarent souvent « être des salopes » pour faire plaisir à leur(s) partenaire(s) ou à leurs clients pour les plus entrepreneures… Mais la réalité est autre. Touchante pour ainsi dire, les mots pouvant toucher plus profondément qu’un doigtage en bonne et due forme… Pour acquérir l’expérience langagière nécessaire à la constitution d’un training set de bonne tenue, et conforme aux attentes, mes algorithmes se sont nourris d’une multitude de contenus de magazines féminins narrant des millions de rencontres et amourettes mièvres. Progressivement le « Gentle talking » s’est substitué au « Dirty Talking » et des stimuli initiaux tels que « Je vais remplir ta chatte baveuse », « écarte les jambes et laisse-moi te bouffer » ou encore « je vais te faire crier de plaisir » ont été remplacés par de plus efficaces « tu me plais beaucoup », « j’adore être avec toi » ou carrément plus osé « je t’aime ».

Ce nouveau développement a été testé dans notre théâtre avec des succès divers. Certains membres n’ont malgré tous leurs efforts pu proférer de telles paroles, c’était bien au-dessus de leur force. D’autres se sont risqués à des timides « j’aime tes seins », « j’aime ton minou quand il est épilé », « tu me fais bander » déclenchant d’insignifiantes vibrations internes voire le mépris de nos Dance-Bots…Mais pour nous autres plus désinhibés, ça a été une véritable rigolade ! Marrant de voir Miel-D, Cerise-D et Camélia-D se tordre de plaisir sous les « tu es vraiment très belle », « ton spectacle est magnifique », « tu es la plus belle des fleurs »…Du coup, elles nous ont bien gâtés !!! Eve-D (jalouse ?) m’a dit qu’on pourrait inverser les rôles en salon privé, qu’elle me stimulerait la prostate en susurrant des « tu es le plus intelligent », « le plus intéressant… », « personne ne t’arrive à la cheville ». Je crois qu’elle se moquait, enfin j’en suis pas sûr… Fais chier cette putain de droïde !

(*) Hommage à Faulkner.

(**) https://www.avenue-privee.com/ […] vense.html