Que ceux qui aiment la danse contemporaine viennent voir Sacha danser au Théâtre Chochotte ! Après qu’elle ai quittée la salle sous les ovations, les réactions des spectateurs – « extraordinaire ! » « j’en ai la chair de poule » « les poils hérissés » – donnent une idée de sa performance. Depuis Ruin, danseuse au Sweet Paradise en 2023 (et ancienne de la troupe de Maurice Béjart), je n’avais pas assisté à une telle qualité de danse contemporaine. Lors de son numéro, que je vais nommer « exuvie » – le nom du processus de mue – Sacha nous a offert un spectacle hors du commun.
Telle Trinity dans le film Matrix, long manteau de cuir et lunettes noires, Sacha descend les escaliers sur la musique Maggot Brain de Funkadelik. « Mother Earth is pregnant for the third time, For y’all have knocked her up ». Elle se dirige vers la glace murale du fond de la salle, la touche pour se convaincre de sa réalité. Peut-être a-t-elle pris, comme dans le film Matrix, une pilule rouge et se prépare en se déconnectant de la Matrice, à une douloureuse transformation. Mais il ne faut pas se perdre dans les mots, dans l’interprétation, et suivre les pas souples et harmonieux de Sacha, son corps si libre, où chaque mouvement, jusqu’au bout des ongles, traduit une émotion. Elle se défait de son lourd manteau et sous le tailleur noir on aperçoit la brillance inhumaine de son corps enveloppé de cellophane. D’une souplesse féline, Sacha parcourt les rangs des spectateurs, les doigts sollicités constatent le fake, lisse et brillant, de sa peau de synthèse.
S’ensuit une danse extraordinaire sur la musique Angel de Massive Attacks, durant laquelle Sacha se débarrasse de ce qui la sépare du monde désiré, elle se défait de ses atours, de ses sous-vêtements, et surtout, avec la participation de quelques-uns, de cette peau factice, qu’elle déchire à force contorsions, mouvements dansés libératoires, telle un être fantastique faisant sa mue sous l’aube d’une lumière rose. Des volutes de cellophanes irisées, projetées par les arabesques de ses bras, pleuvent. La peau respire enfin, la nudité est totale, le corps de la danseuse nous apparait dans sa puissance féminine et, ne serait-ce la sophistication démesurée de ses superbes ongles, on songerait à l’Éve du paradis terrestre. Une Eve V2, post apocalyptique. Un spectacle extraordinaire en qualité scénique et en performance dansée. Un immense bravo à cette danseuse d’exception ! Ce sont de tels numéros, de telles pépites, qui feront que le Théâtre Chochotte, en mariant avec une grande exigence Art et érotisme, demeurera un lieu d’exception !

3 replies on “La mue d’une danseuse d’exception”
Bonjour,
Grâce à vous j’ai inauguré ma première visite du Chochotte suite à vos témoignages, j’ai commencé à vous lire depuis le mois de juillet ou vous avez repris de l’activité dans votre blog.
Vos différents témoignages m’ont donnés envie de découvrir et je ne suis pas déçu, j’ai ADORÉ !!!
Je compte devenir un habitué de cette endroit, et ce sera avec plaisir de continuer à vous lire ! 🙂
Vous avez un article avec les bonnes habitudes du « chochotteur » à avoir, voulant devenir un adepte du théâtre j’aimerais s’il vous plait avoir le mot de passe et ne rien oublier pour mes prochaines visites ! 🙂
Je vous remercie !
Cordialement,
André
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Merci pour votre retour et vos encouragements.
Nb : je vous ai communiqué l accès privé.
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[…] le « Mad Dog Award pour l’année 2025 » pour son spectacle dansé inouï, que j’ai nommé « exuvie », durant lequel elle se débarrasse de sa peau factice. Amélie beauté italienne aux yeux noirs […]
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